littérature

Figures et références littéraires dans les jeux divinatoires

Rencontres littéraires pour le thé découverte de novembre

Ce samedi 12, le thé découverte de novembre nous a permis de voyager à travers le temps et l'espace, et d'aller à la rencontre de personnages et d'univers littéraires. Nous nous sommes donc interrogés sur les manières dont la littérature influence les jeux divinatoires dans lesquels elle s'immisce. En effet, nombreux sont les jeux qui comportent des références littéraires, que ce soit de manière ponctuelle dans leur imagerie générale ou de façon plus constante lorsqu'ils transposent le langage symbolique habituel dans un univers littéraire particulier.

Ainsi, nous avons couvert un large panorama de ce qu'offre ce type de jeux, en nous concentrant tout d'abord sur les supports classiques et en particulier sur le Rider-Waite Smith Tarot original, qui présente quelques références à la littérature, qu'elles soient reconnues explicitement par Arthur Edward Waite ou qu'elles appartiennent à l'inconscient collectif qui rattache certaines lames à ces contextes. Nous nous sommes ensuite laissés transporter à travers le temps pour remonter jusqu'à la Renaissance où nous nous sommes immérgés dans le monde de William Shakespeare d'une part et avons embarqué sur La Nef des Fous d'autre part. Le Moyen Âge fut également à l'honneur grâce à la légende arthurienne dans laquelle nous nous sommes plongés au moyen de l'un des nombreux jeux qui lui sont consacrés. Toujours en Europe, la littérature irlandaise a été évoquée par le biais du magnifique The Stolen Child Tarot qui a été inspiré à Monica Knighton par le poème éponyme de W. B. Yeats. Nous sommes restés dans les cultures anglophones avec une escale dans l'Angleterre victorienne où nous avons rendu visite à Sherlock Holmes, puis avons sauté quelques décennies pour deux étapes dans la Terre du Milieu et J.R.R. Tolkien et un arrêt dans l'univers torturé et horrifique de H. P. Lovecraft, qui n'a laissé personne indifférent. Nos belles explorations nous ont aussi entraînés en Orient où nous avons redécouvert les contes des Mille et Une Nuits dont les richesses nous ont émerveillés.

Ce voyage à travers les styles et les époques nous a permis de nous interroger sur l'intérêt que présentent de tels jeux pour l'amateur de cartomancie. Nous avons ainsi observé qu'il est indispensable de bien connaître à la fois la symbolique du tarot (puisque tous les jeux présentés étaient des tarots) et l'œuvre littéraire dans laquelle elle est transposée pour pouvoir utiliser de tels support, car l'une et l'autre symbolique se nourrissent et se complètent : les mécanismes présents dans les univers littéraires viennent nuancer les figures archétypales du tarot et les enrichir encore davantage, tandis que l'association de telle figure littéraire, de tel lieu ou objet aux lames divinatoires permet d'apporter un nouvel éclairage à la manière dont on perçoit ces principes littéraires. Résultent de ces pistes d'exploration une compréhension approfondie et nouvelle des lames du tarot et des symboles qu'elles portent, mais aussi un nouvel angle d'approche quant aux œuvres littéraires concernées.

Figures et références littéraires dans les jeux divinatoires

Comme on l'entrevoit dans ce bref aperçu, ce type de jeux est très intéressant et constitue un objet d'étude fascinant pour qui souhaite aller plus loin dans sa connaissance des supports divinatoires. Dans un tirage, il permet d'apporter un regard nouveau sur une situation et d'enrichir la lecture puisqu'on fait alors appel à deux systèmes symboliques que l'on conjugue. Voilà qui promet de belles explorations !

Ce thé découverte fut un très bon moment que j'ai eu beaucoup de plaisir à partager avec des participants passionnés et à la curiosité insatiable. Je les remercie bien chaleureusement, pour leur présence bien sûr, mais aussi pour leur enthousiasme, la pertinence de leurs questions, et la qualité des discussions que nous avons eues durant ces quelques heures passées ensemble. J'espère qu'ils ont passé un aussi bon moment que moi !

Je me réjouis déjà à l'idée de vous retrouver très prochainement pour le dernier thé découverte de l'année 2016, qui est déjà en préparation et qui s'annonce là encore plein de belles surprises. Cette séance aura pour thème « La magie des contes de fées » et permettra de balayer là encore un très large éventail de cultures et de folklores.

Au plaisir de vous retrouver autour d'un thé,
Morrigann

 

 

Sur la photo (de gauche à droite et de haut en bas) :
Ship of Fools Tarot (Brian Williams). St Paul, MN: Llewellyn Worldwide, 2002.

Tarocchi di Giulietta e Romeo – Shakespeare Tarot (Luigi Scapini). Treviso: Dal Negro, ?.

The Shakespeare Oracle: Let the Bard Predict Your Future (A. Bronwyn Llewellyn, Cynthia von Buhler). Gloucester, MA: Fair Winds Press, 2003.

Tarot des Mille et Une Nuits (Bepi Vigna, Léon Carré). Torino: Lo Scarabeo, 2005.

Smith-Waite Tarot Deck Centennial Edition (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2009.

The Sherlock Holmes Tarot (John Matthews, Wil Kinghan). London: Connections Book Publishing, 2014.

Legend: the Arthurian Tarot (Anna-Marie Ferguson). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 1995.

Tarot du Necronomicon – Dark Grimoire Tarot (Michele Penco). Torino: Lo Scarabeo, 2008.

The Stolen Child Tarot (Monica L. Knighton). Self-published, 2013.

Le Tarot du Seigneur des Anneaux (Terry Donaldson, Peter Pracownik). Belgique: Carta Mundi, 1997 [Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc.].

The Hobbit Tarot (Terry Donaldson, Peter Pracownik). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2012.

Thé découverte de mai - Dans le Cercle des Fées

Pour le mois de mai, un thé découverte en compagnie des Fées

On ne compte plus les jeux divinatoires présentant des Fées. Qu'elles en soient le thème principal ou non, il semble que ces créatures fascinent, sans doute parce qu'elles touchent à ce que l'on conçoit aujourd'hui comme étant les mondes de l'imaginaire. Pourtant, leur réalité prend racine en des temps anciens où le visage qu'elles revêtaient était bien différent de celui qu'on leur attribue communément de nos jours.

On les retrouve en effet sous plusieurs formes dans les récits médiévaux, qu'ils soient littéraires ou mythologiques. Dans tous les cas, elles font partie du quotidien – plus ou moins ordinaire – de chacun et sont présentes en filigrane dans l'environnement des humains. Dans certaines contrées, les Fées sont ce que l'on appelle des « dieux diminués », c'est-à-dire que lorsque ces régions ont été christianisées, les « nouvelles » croyances ont remplacé les anciennes tandis que l'ordre apporté par les institutions – l'Église en tête – est devenu la norme. Ainsi, les villes sont devenues les lieux où l'on trouvait les honnêtes gens, ceux qui se conformaient aux lois terrestres et spirituelles et qui représentaient l'ordre établi par la morale. Face à ces espaces sécurisés et sécurisants s'élevait la forêt, qui incarnait alors le chaos sous toutes ses formes : ces étendues vertes livrées à la Nature sauvage ne connaissaient aucun ordre que ce soit puisque la végétation s'y développait de façon anarchique. Ce désordre ambiant était perçu comme dangereux, car dans la forêt, les codes établis par les hommes ne s'appliquaient pas. Ainsi, les humains y perdaient leurs repères – et leur chemin ! – et ne pouvaient contrôler ce qui s'y passait. Celui qui s'y aventurait se trouvait alors à la merci du monde sauvage, et la forêt était donc considérée comme le lieu de tous les dangers.

C'est pourquoi la forêt apparaît dans les récits médiévaux comme l'endroit où se retrouvent ceux qui pour une raison ou pour une autre ne rentrent pas dans les cadres établis par la société. Ainsi, s'y réfugient les hors-la-loi (on pensera à Robin des Bois), les voleurs, ceux qui errent, mais aussi les créatures appartenant aux anciennes traditions ainsi que les animaux merveilleux comme les licornes. Parmi ces êtres ayant fait de la forêt leur sanctuaire se trouvent les Fées, qui ne sont autres qu'une forme de mutation des dieux qui étaient au cœur des croyances d'antant. En effet, les anciennes religions étant supplantées par le Christianisme, leur influence sur les populations et les traditions s'en est trouvée réduite et comme elles n'étaient pas admises au sein des villes bien ordonnées, la forêt est devenue le nouvel habitat des dieux. Voilà qui était pourtant tout indiqué puisque de tout temps, les Êtres Surnaturels présents dans ces traditions ont été intrinsèquement liés à la Nature dont ils incarnaient les différents aspects. Faire de la forêt leur royaume a nettement réduit l'étendue de leur champ d'action, si bien qu'ils ont peu à peu mué à mesure qu'ils perdaient de leur envergure pour subsister sous la forme des Fées que l'on rencontre notamment dans les poèmes médiévaux appelés Lais Féeriques et Lais Bretons. Ces textes racontent comment des chevaliers en quête d'aventure se risquent dans la forêt et y rencontrent de belles jeunes femmes qui changeront leur destin à jamais, tantôt en leur soumettant une quête, tantôt en leur lançant des défis. À mesure que l'on avance dans le conte, on se rend compte que le chevalier a bel et bien rencontré une Fée, c'est-à-dire un Être Surnatuel. De ce fait, il est entré en contact avec l'Autre Monde, autrement dit le plan sacré, celui des mythes.

Ces intrusions dans l'Autre Monde ne laissent pas celui qui y pénètre indemne. Lorsqu'il retourne dans le monde humain en traversant à nouveau la frontière qui l'en sépare (la plupart du temps un ruisseau ou une rivière), il lui est impossible de reprendre son existence là où il l'avait laissée, pas plus qu'il ne peut continuer à y appliquer les mêmes règles qu'avant. Il n'est pas rare en effet qu'il doive obéir à une ou plusieurs règles – le plus souvent des interdits – qui lui auront été imposées par la Fée avant qu'elle ne l'autorise à repartir. Par ailleurs, les Fées décident du destin de celui qui croise leur chemin, que ce soit à son avantage ou non. En réalité, elles ne sont ni bienveillantes ni malveillantes : en tant que dieux diminués, elles agissent selon l'ordre naturel des choses, c'est-à-dire selon ce qui est bon pour le fonctionnement du Monde indépendamment de ce que souhaitent les hommes. Elles sont donc impartiales et représentent les forces de la Nature. C'est d'ailleurs de là qu'elles tiennent leur nom, car le terme fée est hérité du latin fatum (pl. fata) qui signifie destin.

À la lumière de ces éléments, on comprend pourquoi ces figures énigmatiques, grandes, belles et fascinantes sont présentées tantôt comme des alliées précieuses, tantôt comme de terribles et effrayantes rencontres. Quels que soient les textes médiévaux dans lesquels elles apparaissent, elles incarnent l'Autre Monde, celui des mythes et du plan sacré, celui des traditions pré-chrétiennes, d'où leur charisme et leur capacité naturelle à intimider celui qui les rencontre.

Or, la manière dont on conçoit les Fées a beaucoup évolué au fil des siècles, et l'on s'est parfois grandement éloigné de leur envergure originelle. Ceci est particulièrement visible au cours de l'Ère Victorienne, où elles sont reléguées au rang de divertissement pour enfants, que ce soit dans les rôles qui leur sont attribués dans les contes ou dans la manière dont on les perçoit en général. Peu à peu, elles en sont arrivées à appartenir au monde de l'enfance tandis qu'auparavant leur présence concernait tout le monde. On les a cantonnées à l'imaginaire et elles sont devenues des créatures non plus réelles, mais purement fictives. Elles ont bien sûr perdu leur envergure et leur rôle de décideuses du destin des hommes, et seuls les enfants peuvent les voir ou y croient. Les contes de fées, qui au départ s'adressaient davantage aux adultes qu'aux enfants, sont désormais considérés comme exclusivement destinés à un jeune public.

Les fées sont donc adaptées à l'imaginaire enfantin : elles perdent leur grande taille pour devenir minuscules, pas plus hautes que le pouce, à l'image de la Fée Clochette (Peter Pan, J.M. Barrie). Si elles conservent leurs liens avec la nature dont elles continuent d'incarner certains aspects de façon plus naïve, elles se révèlent facétieuses et font preuve d'espièglerie. Ainsi, on les retrouve associées à tel ou tel type de plante, et leur caractère rieur est souvent mis en avant. Le thé découverte de décembre 2016 reviendra plus en détail sur ces considérations qui méritent que l'on s'y attarde plus longuement. D'où l'idée de leur consacrer une séance !

 

Thé découverte de mai - Dans le Cercle des Fées

 

Après avoir exploré ces différents axes, nous avons observé de quelles manières les Fées étaient présentées dans un éventail de jeux varié. Ainsi, nous sommes revenus sur les Fées médiévales qui sont au cœur de nombreux tarots et oracles, et avons même eu l'occasion de remarquer que leurs rôles n'étaient parfois pas éloignés de ceux que peuvent endosser les anges, qui cohabitent d'ailleurs avec elles dans certains oracles. À travers ce voyage, nous avons donc continué de faire connaissance avec les multiples facettes des Fées, qu'elles soient dépeintes comme des réminiscences d'anciennes divinités ou qu'elles revêtent un visage plus enfantin. Mythologies, traditions folkloriques, contes pour enfants et fées victoriennes, toutes étaient au rendez-vous pour cet après-midi teinté de magie !

Par ailleurs, la diversité artistique qui s'est illustrée dans les différents jeux a permis à chacun de découvrir des supports qui ont pu raisonner avec ses sensibilités. Des jeux utilisables pour de petits tirages par les débutants à ceux qui s'adressent à des cartomanciens plus avertis, il y en a eu pour tous les goûts, y compris pour les collectionneurs qui ont pu admirer des jeux rares ou désormais introuvables.

Ce thé découverte s'est encore une fois déroulé sous le signe de la bonne humeur, de l'humour et de la chaleur humaine. Je remercie vivement les participants pour leur enthousiasme et leur curiosité envers le thème du mois, ce qui a mené à de passionnantes discussions et a permis d'ouvrir les horizons !

Je me réjouis déjà de poursuivre l'exploration de l'Autre Monde dès la prochaine séance qui aura lieu début juin et introduira la fascinante figure de l'Homme Vert – appelé Green Man en anglais. Je vous donne donc rendez-vous dans quelques semaines si vous le voulez bien !

À très bientôt autour d'un thé,
Morrigann

 

SUR LA PHOTO (de gauche à droite et de haut en bas) :
Wild Wisdom of the Faery Oracle (Lucy Cavendish, Selina Fenech). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2009.

The Victorian Fairy Tarot (Lunaea Weatherstone, Garu A. Lippincott). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2013.

The Faerie Guidance Oracle (Paulina Cassidy). Woodbury, MN: Llewellyn Worldwide, 2012.

The Faery Forest: An Oracle of the Wild Green World (Lucy Cavendish, Maxine Gadd). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2016.

Twilight Realm: A Tarot of Faery (Beth Wilder). Atglen, PA: Schiffer Publishing, LTD, 2010.

The Faeries' Oracle: Working with the Faeries to Find Insight, Wisdom and Joy (Jessica Macbeth, Brian Froud). New York, NY: Simon & Schuster, 2000.

Universal Waite Tarot Deck (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith, Mary Hanson-Roberts). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 1990.

Tarot des Fées (Riccardo Minetti, Pietro Alligo, Mara Aghem). Torino: Lo Scarabeo, 200.

The Stolen Child Tarot (Monica L. Knighton). Self-published, 2013.

Madame Endora's Fortune Cards (Christine Filipak, Joseph Vargo). Cleveland, OH: Monolith Graphics, 2003.

Inspirational Wisdom from Angels & Fairies (Frances Munro, Judy Mastrangelo). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2015.

Thé découverte de février, jeux présentés

Un thé découverte sous l'œil bienveillant des dragons

Ce samedi 13 février s'est tenu le deuxième thé découverte de l'année, qui nous a permis d'explorer les multiples formes que prend la figure du dragon, que ce soit dans diverses mythologies, dans le folklore et les contes de fées, ou sur les plans historique et littéraire. Notre voyage en compagnie de ces créatures nous a ouvert de larges perspectives, nous emmenant tour à tour en Europe, en Chine, au Japon, en Inde, en Amérique du Sud, en Afrique, etc.

Nous avons constaté d'emblée que les dragons étaient présents dans toutes les cultures, bien que leur forme soit souvent différente de l'une à l'autre (avec ou sans ailes, tantôt avec des pattes, tantôt sans). Nous avons notamment observé leur présence dans des récits historiques, en particulier au Moyen Âge où la frontière entre le temps mythique et le temps historique était poreuse. Dans les textes littéraires (qui mêlaient donc réalité historique et réalité mythique), ils sont d'abord dépeints comme de grands seprents ou vers. Par exemple, le dragon qu'affronte Beowulf à la fin de sa vie dans le poème vieil-anglais éponyme est appelé wyrm (vieil-anglais), ce qui avec l'évolution de la langue a donné worm (ver) en anglais contemporain. Ce n'est que plus tard que le dragon acquiert ses quatre pattes, ses ailes et sa tête si caractéristique, car il semblerait que les conteurs et les auteurs aient voulu lui donner une dimension plus terrifiante.

Nous nous sommes également attardés sur les rôles que jouent les dragons sur les plans historique et littéraire et avons pu observer certaines caractéristiques communes à plusieurs traditions. Ainsi, ces créatures se sont révélées profondémment liées à la terre et au Monde (on pense au serpent de Midgard ou à Nidhogg, qui ronge les racines d'Yggdrasil), et par conséquent porteuses de connaissances auxquelles nul n'a accès. C'est pourquoi il n'est pas rare que l'intelligence et la finesse d'esprit des dragons soient mises en relief dans les récits qui les concernent, en particulier à travers les énigmes dont ils sont friands, comme on le voit par exemple dans le Fáfnismál, où Sigurdr pose une série de questions (énigmes) au dragon afin de tester si ce que l'on dit de lui est vrai et s'il possède bien toute la connaissance que le veut sa réputation. Comme on peut s'y attendre, Fáfnir répond à toutes les questions de Sigurdr et confirme qu'il se place bien en gardien des secrets et des mystères ancestraux.

À travers cette grande figure de la mythologie germano-scandinave, nous avons également pu voir l'attachement des dragons pour le trésor qu'ils protègent la plupart du temps. Notre exploration s'est ainsi poursuivie dans d'autres contrées où nous avons observé des qualités similaires, que ce soit dans le mythe arthurien ou dans l'histoire de la Bretagne où le dragon peut prendre une valeur prophétique. Quelle que soit la tradition à laquelle il est rattaché, il est toujours présenté comme un sage, mais aussi comme un symbole de force et de richesse. En raison de sa nature imposante, il apparaît toujours comme une terrible créature, effrayante et impressionnante. Il est le type d'ennemi que l'on combat avec un profond respect, et lorsqu'il est terrassé, le héros se voit honoré d'une réputation qui fait de lui quelqu'un qui force le respect et dont les exploits sont reconnus et vantés dans de nombreuses contrées (on pensera par exemple à Saint George le saint patron de l'Angleterre).

 

Thé découverte de février, jeux présentés

 

Les jeux présentés lors de ce passionnant thé découverte ont permis de donner un large aperçu de ce que sont les dragons à travers le monde. Nous avons ainsi pu observer des différences significatives dans la manière dont ils dont dépeints visuellement, tout en partageant des caractéristiques communes sur le plan symbolique et dans les rôles qu'ils jouent dans les diverses mythologies. Les tarots et oracles dont il a été question illustrent les dragons dans différents contextes et en suivant différents styles selon la vision qu'en ont développée les divers artistes. Au fil des jeux, nous avons pu reconnaître les symboles qui leur sont habituellement attachés et des scènes appartenant aux différents épisodes historiques ou mythiques dans lesquels ils apparaissent.

Cet après-midi fut, encore une fois, un très beau moment passé en bonne compagnie. Je remercie chaleureusement les personnes présentes, car j'ai eu beaucoup de plaisir à les retrouver pour ce voyage à travers les âges et les cultures. Je les remercie pour leur enthousiasme et leur participation active qui ont contribué à rendre cette séance particulièrement vivante !

Je me réjouis déjà en pensant à la prochaine séance qui abordera elle aussi un sujet fascinant !

À très bientôt autour d'un thé,
Morrigann

 

SUR LA PHOTO :
Le livre (au centre) :

HARGREAVES Joyce. A Little History of Dragons. Glastonbury: Wooden Books Ltd, 2006.

Les jeux (de gauche à droite et de haut en bas) :
The Rider Tarot Deck (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 1971 [1991; Rider and Son, 1909].

Dragon Tarot (Terry Donaldson, Peter Pracownik). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 1996.

The Celtic Dragon Tarot (D.J. Conway, Lisa Hunt). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 1999.

Fantastical Creatures Tarot (D.J. Conway, Lisa Hunt). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2007.

Tarot des Dragons (Manfredi Toraldo, Severino Baraldi). Torino: Lo Scarabeo, 2004.

Madame Endora's Fortune Cards (Joseph Vargo, Christine Filipak). Cleveland, OH: Monolith Graphics, 2003.

Imperial Dragon Oracle (Andy Baggott, Peter Pracownik). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2009.

Thé découverte du 16 janvier 2016

Voyage en contrées celtes pour le premier thé découverte de l'année

Le premier thé découverte de l'année nous a permis de voyager à travers le temps et l'espace puisque nous avons exploré de quelles manières les mythologies celtiques s'illustrent dans les jeux divinatoires. Une belle façon de commencer un nouveau cycle qui s'annonce déjà des plus prometteurs !

Dans un premier temps, nous nous sommes intéressés aux principaux aspects de ces mythologies, d'abord en les définissant sur le plan géographique puis sur le plan civilisationnel. Une fois ces bases établies, j'ai présenté les différentes traditions mythologiques, en insistant sur celles de l'Irlande et du Pays de Galles.

Ainsi, j'ai évoqué les grands cycles et sagas hérités de la tradition orale irlandaise et la manière dont ils sont parvenus jusqu'à nous. Le principal cycle mythologique irlandais est le Lebor Gabála Érenn (le Livre des Conquêtes d'Irlande), qui raconte la pseudo-préhistoire d'Erin à travers les différents peuples qui se sont succédé sur l'île. Ainsi, on y présente notamment les Tuatha Dé Danann et les légendes qui leur sont attachées, mais aussi les Fir Bolg et les Fomoires, pour finir avec les Milésiens (ou Gaëls), qui poussent les Tuatha Dé Danann à se retirer dans le Sidh (l'Autre Monde). Ainsi prend fin le temps mythique, laissant place à l'ère des hommes.

Si le Lebor Gabála Érenn raconte l'histoire du Monde jusqu'à l'arrivée des hommes, d'autres récits relatent les légendes liées aux grands héros, aux dieux, à la christianisation de l'Irlande. Quelques-uns d'entre eux ont été brièvement évoqués, ce qui a permis de mettre en avant d'autres figures importantes de cette mythologie.

La tradition galloise a été présentée principalement à travers le Mabinogion, qui a également permis d'introduire le mythe arthurien et ses multiples formes. Nous avons ainsi pu avoir un aperçu des différentes caractéristiques des aventures d'Arthur et de ses chevaliers, que ce soit au Pays de Galles, en Angleterre avec Le Morte Darthur de Sir Thomas Malory, les poèmes médiévaux ou les textes de Chrétien de Troyes pour la tradition française.

La présentation de ce vaste corpus a aussi été l'occasion de mettre en évidence les liens entre les divinités celtes et les Fées que l'on rencontre dans de nombreux récits médiévaux tels que les Lais Bretons, où elles entraînent ceux qui croisent leur chemin dans des aventures dont ils ressortiront à jamais changés. Voilà qui a permis de revenir sur les conceptions de l'Autre Monde et sur les raisons de la présence du merveilleux dans ce type de récits.

Une fois ce panorama dressé, nous sommes passés à l'exploration de plusieurs jeux divinatoires reprenant des aspects des mythologies celtiques. Ainsi, nous avons commencé par des jeux entièrement dédiés aux mythologies introduites précédemment comme Les Tarots Celtiques (Laura Tuan) ou l'amusant Tarot des Druides (Giordano Berti, Bepi Vigna ; Antonio Lupatelli, Severino Baraldi).

Nous avons poursuivi notre chemin dans les contrées galloises en laissant opérer le charme du superbe Llewellyn Tarot d'Anna-Marie Ferguson pour nous attarder ensuite sur le mythe arthurien. Nous avons alors pu contempler Legend : The Arthurian Tarot, l'autre tarot entièrement conçu par la talentueuse Anna-Marie Ferguson, qui est aussi spécialiste de ce domaine, puis voir de quelle manière le légendaire arthurien a été traité dans The Arthurian Tarot (Caitlín et John Matthews, Miranda Gray) et The Camelot Oracle (John Matthews, Will Worthington), qui a beaucoup intéressé les participants par la manière dont il met en avant la notion de la quête initiatique en la conjugant avec la démarche divinatoire.

Enfin, nous avons terminé par deux jeux dont les mythologies celtiques ne sont pas la thématique centrale, mais où elles apparaissent néanmoins de façon ponctuelle et sont associées à certains archétypes. Le superbe Chrysalis Tarot (Toney Brooks, Holly Sierra) explore un large éventail de mythologies très différentes les unes des autres, ce qui ravira l'amateur de légendes. Le magnifique Fantastical Creatures Tarot de Lisa Hunt et D.J. Conway constitue lui aussi une véritable mine d'or, sur le plan artistique bien sûr (les illustrations sont à chaque fois des œuvres d'art époustouflantes), mais aussi dans la richesse des cultures qui y sont représentées. En effet, les créatrices du jeu offrent un tour du monde des mythologies, au cours duquel elles proposent quelques passages par le légendaire celtique.
 

Thédécouverte du 16 janvier 2016

Ce thé découverte fut un très bon moment, placé sous le signe du voyage à travers le temps et les mondes. J'ai eu le plaisir d'accueillir des habitués, mais aussi de nouveaux participants, dont j'ai été ravie de faire la connaissance. Je remercie chaleureusement les personnes présentes pour leur curiosité, la pertinence de leurs questions, et leur intérêt pour ce sujet qui me tient particulièrement à cœur.

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai préparé et animé cette séance. Je suis heureuse d'avoir pu constater d'après les réactions des participants que ce plaisir fut partagé jusqu'à les inciter à approfondir le sujet à l'aide de la bibliographie sélective fournie en fin de session. Je leur souhaite à tous de poursuivre leurs belles découvertes et de tomber sous le charme de cet univers fascinant !

J'a déjà hâte d'aborder la prochaine rencontre avec autant de plaisir et de passion !

À très bientôt autour d'un thé,
Morrigann

 

SUR LA PHOTO (de gauche à droite et de bas en haut) :
The Llewellyn Tarot (Anna-Marie Ferguson). Woodbury, MN
 : Llewellyn Worldwide, 2006.

The Complete Arthurian Tarot (Caitlín and John Matthews, Miranda Gray). London : Connections Book Publishing, 2014 [Miranda Gray, The Arthurian Tarot, Aquarian, 1990].

The Camelot Oracle: A quest for wisdom through the Arthurian world (John Matthews, Will Worthington). London : Connections Book Publishing, 2012.

Legend : The Arthurian Tarot (Anna-Marie Ferguson). Woodbury, MN : Llewellyn Publications, 1995.

Fantastical Creatures Tarot (D.J. Conway, Lisa Hunt). Stamford, CT : U.S. Games Systems, Inc., 2007.

Les Tarots Celtiques (Laura Tuan). Paris : Éditions De Vecchi, 1998.

Chrysalis Tarot (Toney Brooks, Holly Sierra). Stamford, CT : U.S. Games Systems, 2014.

Le Tarot des Druides (Giordano Berti, Bepi Vigna ; Antonio Lupatelli, Severino Baraldi). Torino : Lo Scarabeo, 2004.

Thé découverte de juillet

Un thé découverte sous le charme des contes de fées!

Le thé découverte du 11 juillet avait pour thème "La magie des contes de fées". C'est à nouveau à La Fourmi Ailée que nous nous sommes retrouvés. L'espace d'un après-midi, nous avons voyagé à travers le temps et l'espace, mais aussi de monde en monde, explorant différents folklores et les histoires populaires qui leur sont propres.

Pour commencer ce périple, nous avons chaussé nos bottes de sept lieues et avons remonté le temps pour nous pencher sur les origines des contes de fées. En effet, il est intéressant de remarquer que ces récits, qui appartiennent aux traditions orales et la plupart du temps locales, prennent racine dans le quotidien des habitants et véhiculent des messages dont la teneur peut faire office de règle de vie, notamment pour protéger les plus jeunes d'éventuels dangers ou pour les aider à assimiler certaines leçons de vie. Par ailleurs, ces histoires populaires se sont transmises par voie orale et ce faisant, se sont peu à peu modifiées, ce qui explique en grande partie les multiples versions dont on dispose pour certains contes de nos jours.

Nous nous sommes également penchés sur les grandes figures qui ont œuvré à la compilation ou à l'écriture des contes déjà existants, telles que les frères Grimm et Andersen, mais aussi sur celles qui ont contribué à enrichir le répertoire des contes de fées en en écrivant de nouveaux, traitant ces histoires comme un véritable genre littéraire. C'est par exemple ce qu'a fait Oscar Wilde avec brio puisque les contes dont il est l'auteur font aujourd'hui partie des grands classiques au même titre que ceux qui se sont répandus par voie orale des siècles durant.

Nous avons aussi constaté que chaque peuple, chaque culture, a ses propres traditions de contes de fées, ce qui fait de ces récits symboliques quelque chose d'universel. Aussi, quoi de plus naturel, finalement, que de les utiliser pour illustrer des lames de tarot? C'est ce que nous avons examiné à travers les quelques jeux qui ont choisi ce fil conducteur. Ces jeux sont peu nombreux, certes, mais le fait qu'ils doublent le langage symbolique du tarot par celui des contes de fées en fait des outils divinatoires d'une grande richesse. D'autre part, le fait de trouver une scène d'un conte connu sur une lame facilite l'assimilation de ces significations, ce qui rend l'utilisation de ces supports encore plus intéressante.

Cependant, produire un tarot ou un oracle s'appuyant sur les contes de fées relève d'un long et minutieux travail, mais aussi d'une connaissance très approfondie à la fois du tarot et des contes. Inutile de dire que rares sont les auteurs et illustrateurs qui s'y sont attelés, d'où le petit nombre de jeux présenté au cours de cette séance. Mais que l'on ne s'y trompe pas: nous avons pris le temps d'explorer et de comparer les différents jeux entre eux, tout en nous interrogeant sur les choix des créateurs de représenter tel ou tel conte pour les différentes lames.

Thé découverte de juillet
Voilà un thé découverte que j'ai eu à nouveau beaucoup de plaisir à préparer et à animer, d'autant que les jeux qui y ont été présentés figurent parmi mes préférés. Je remercie chaleureusement les personnes qui y ont participé, car leur présence, leur intérêt, leur ouverture et vivacité d'esprit en ont fait un après-midi très enrichissant à bien des niveaux. C'est toujours avec un grand bonheur que je retrouve certains habitués, qui suivent de près ces rencontres, découvrant ainsi peu à peu la cartomancie.

Je me réjouis déjà à l'idée de préparer le prochain thé découverte qui aura lieu fin août et qui traitera d'un sujet bien différent mais non moins intéressant!

À très bientôt autour d'un thé!
Morrigann


Les jeux montrés sur la photo sont (de gauche à droite):
- The Hanson-Roberts Tarot (Mary Hanson-Roberts). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 1998.
- The Fairy Tale Tarot (Lisa Hunt).Woodbury, MN: Llewellyn Worldwide, 2009.
- Whimsical Tarot (Dorothy Morrison, Mary Hanson-Roberts). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2001.