Événements et rencontres

Découvrez ici les événements auxquels je participe ou que j'organise ! Qu'il s'agisse des thés découverte, des réunions des Détectives aux Arcanes ou d'événements extérieurs tels que conférences, salons et autres rencontres, tout est là !

Bonne lecture,
Morrigann Moonshadow

 

 

 

Janvier 2018. Jeux présentés

Un thé découverte autour de la construction du tarot de Marseille

Le samedi 27 janvier s'est tenu le tout premier thé découverte de 2018 et le moins que l'on puisse dire, c'est que nous avons commencé l'année en beauté ! En effet, nous nous sommes attaqués à la délicate problématique de la construction du tarot de Marseille, ce qui nous a menés à nous poser des questions très intéressantes et à nous rendre compte que l'histoire du tarot est loin d'être aussi linéaire qu'on pourrait le penser.

Afin que nous puissions y voir plus clair et démêler le vrai du faux dans les affirmations qui ont fait ou qui font toujours autorité dans le domaine qui nous intéressait, j'ai commencé à titre d'introduction par revenir sur les grandes idées issues des travaux plus ou moins pertinents des occultistes français des XVIIIème et XIXème siècles. Voilà qui a permis de confronter leurs dires à la réalité historique que l'on connaît aujourd'hui et de déboulonner certaines idées reçues qui sont encore malheureusement trop répandues de nos jours.

Ces quelques mises au point préliminaires ont eu l'avantage de replacer le débat dans le contexte historique établi par les recherches académiques des historiens et des spécialistes du sujet, affranchies des fantasmes qui ont pris racine dans les élucubrations de certains occultistes farfelus. Cela en tête, nous avons donc pu remonter le temps jusqu'à la Renaissance et commencer notre exploration à partir du premier tarot connu.

Par « le premier tarot connu », j'entends bien « le plus ancien tarot dont nous avons connaissance », ce qui est très différent du premier tarot apparu dans l'histoire. En effet, si le plus ancien tarot dont on dispose aujourd'hui est le Visconti-Sforza, cela ne signifie en rien dans l'absolu que celui-ci est le plus ancien tarot qui ait existé. Dans le cas présent, plusieurs indices montrent que le tarot existait avant celui-ci puisqu'on a retrouvé des notes allant en ce sens dans des manuscrits antérieurs au Visconti-Sforza. Par ailleurs, la réalité historique d'aujourd'hui est étroitement liée à l'état actuel des connaissances et des découvertes, et rien ne dit que l'on ne trouvera pas un jeu plus ancien encore dans les années à venir, ce qui viendrait remettre en question certaines des affirmations que l'on tient pour vraies actuellement. Ainsi, l'histoire en général et celle du tarot en particulier reste une discipline vivante, et ce quelles que soient les problématiques ou les époques que l'on étudie.

Ces notions bien présentes à l'esprit, nous avons pu remonter le temps pour faire escale dans l'Italie du XVème siècle et nous pencher sur le très beau tarot Visconti-Sforza. On sait que celui-ci fut commandé en 1451 à l'artiste Bonifacio Bembo par Francesco Sforza dans le but de célébrer à la fois son accession au pouvoir (il venait d'être fait Duc de Milan) et son dixième anniversaire de mariage avec Bianca Maria Sforza. Dans son iconographie, ce jeu intègre d'une part des symboles propres à la famille Visconti-Sforza (on y reconnaît les visages de certains membres), et il véhicule d'autre part les grands principes de la culture humaniste qui se développait à cette période. Le tarot est alors non pas un outil divinatoire puisque cette fonction ne lui fut attribuée que bien plus tard, mais bien un outil servant à l'instruction et à l'éducation. Véritable livre d'images, il rassemble les grandes valeurs de cette culture humaniste et permet de penser le Monde à travers les différents plans de l'existence. Grâce à lui, on peut ainsi étudier la vie terrestre (le pouvoir, les vertus cardinales, la culture populaire) et ce qui appartient au plan supérieur, à savoir le religieux et le spirituel ans oublier l'ésotérisme, à travers les allégories chrétiennes, la théologie ou les planètes. Cet outil était parfait pour l'instruction des riches familles car les illustrations facilitaient l'assimilation des différentes notions abordées. Sur le plan artistique, ce tarot auquel seules quatre lames manquent est somptueux et reprend les codes de l'art de la Renaissance, rappelant même dans leur composition les techniques et le style établis par Léonard de Vinci. On sait même que ce dernier a été appelé pour diriger la création de deux lames, et l'on remarque que son influence est visible sur d'autres lames encore, notamment dans l'effet de perspective créé à l'endroit où le sol s'arrête net.

Notre exploration s'est poursuivie toujours en Italie, du côté de Bologne cette fois. Nous y avons découvert le tarot dit de Charles VI, qui n'était pas destiné au monarque dont il porte le nom, pas plus qu'il n'a été créé pendant son règne, malgré ce que l'on a pu croire à tort. On sait également aujourd'hui qu'il n'a pas été peint par Jacquemin Gringonneur contrairement à ce qu'avait établi l'interprétation erronée d'un manuscrit. En réalité, ce jeu serait originaire de Bologne (Italie du Nord) et aurait vu le jour à la fin du XVème siècle, c'est-à-dire bien après le règne de Charles VI (1368-1422). Seules dix-sept lames nous sont parvenues sur les soixante-dix-huit qu'il comportait. Créé en pleine Renaissance italienne, ce jeu somptueux sur le plan artistique est un très bel exemple de tarot à visée éducative qui accentue encore davantage ce qui a été observé au sujet du Visconti-Sforza. Il véhicule en effet les grands principes de la culture humaniste de l'époque et les allégories qu'il dépeint sont identifiables au premier coup d'œil que l'on sache lire ou non, ce qui facilitait grandement la compréhension des notions qui sont abordées par les différentes lames.

Grâce à notre voyage au cœur de la Renaissance italienne, nous sommes parvenues à nous détacher de la vision moderne du tarot en tant qu'outil divinatoire pour le considérer comme un outil d'apprentissage du Monde et de réflexion sur la manière dont on l'envisage. Bien sûr, cet aspect est toujours présent aujourd'hui dans le tarot, qu'il soit de tradition Marseille ou non, mais il est combiné à l'application divinatoire pour la porter à un niveau bien plus profond que la seule « prédiction de l'avenir » à laquelle certains la limitent trop souvent à tort. Ainsi, le tarot demeure un outil d'ouverture au Monde et de compréhension de celui-ci et de ses fonctionnements.

Retour en France après cette escapade italienne puisque c'est à Paris que fut créé en 1650 le tarot dit de Jacques Viéville. Considéré par certains comme le « premier » tarot de Marseille en raison de l'iconographie qu'il présente et écarté par d'autres de la lignée des « ancêtres » du tarot de Marseille à cause des multiples différences qu'il affiche avec ce dernier, ce jeu n'en est pas moins très intéressant et fascinant. Si l'on y reconnaît plusieurs traits qui le lient indubitablement au tarot de Marseille, d'autres l'en éloignent par leur singularité, d'autant qu'on ne les trouve nulle part ailleurs. Parmi les différences notoires par rapport au tarot de Marseille, on remarque par exemple que le Pendu a la tête en haut, mais aussi que les regards de certains personnages ne sont pas tournés du même côté. Les lames ne sont pas non plus nommées et certaines n'observent pas le même ordre que celui des jeux d'aujourd'hui. En termes de symbolique, le Diable y prend la forme d'une étrange créature en marche sur laquelle on peut voir plusieurs visages ; la Maison-Dieu est un arbre foudroyé sous les yeux d'un personnage ; l'Étoile montre un astrologue assis, compas à la main ; la Lune présente une fileuse, et le Soleil dépeint un personnage à cheval.

L'autre jeu emblématique du XVIIème siècle en France est le tarot de Jean Noblet, créé quelques années plus tard (1659) à Paris. Conservé à la BNF, l'unique exemplaire qui nous est parvenu n'est pas complet puisque cinq lames sont manquantes. L'iconographie utilisée ici est très proche de celle du tarot de Marseille que l'on connaît aujourd'hui et les lames sont nommées, y compris la Mort, ce qui est extrêmement rare dans cette tradition. L'ordre des lames est également le même qu'aujourd'hui. Visuellement, c'est pour l'instant le jeu qui se rapproche le plus de la version moderne du tarot de Marseille.

Nous avons ensuite avancé dans le temps pour nous rendre à Lyon où, en 1701-1705, paraissait le tarot de Jean Dodal qui présente lui aussi la trame visuelle et la structure du tarot de Marseille. Nous avons vu que ce jeu ressemble à s'y méprendre à un autre tarot, celui de Jean Payen, créé en Avignon en 1713. La raison en est simple : il s'agit en fait d'une reproduction du jeu de Jean Payen, mais destinée à l'exportation puisque le tarot de Jean Dodal porte la mention « FPE » (i.e. « Fait pour l'Étranger ») et les initiales « I.P. » (Jean Payen) peuvent se lire sur certaines lames. On sait d'ailleurs que Jean Dodal et Jean-Pierre Payen (descendant de Jean Payen) se sont trouvés tous deux au même endroit pendant une période et auraient travaillé ensemble, ce qui expliquerait cette démarche.

Enfin, notre exploration des tarots non divinatoires s'est achevée à Marseille où le premier jeu à avoir l'appellation « tarot de Marseille » fut créé en 1761 par Nicolas Conver, maître cartier de Marseille et imagier du roi. En termes d'iconographie et de symbolique, ce jeu est le plus proche de l'actuel tarot de Marseille dont il présente tous les ingrédients. On sait d'ailleurs qu'il servit de modèle (avec le Viéville) à Paul Marteau lorsque celui-ci fixa en 1930 le modèle que l'on connaît encore aujourd'hui.

Ces quelques jeux nous ont permis de voir de quelle manière le tarot a évolué au fil du temps, à la fois dans la symbolique présente sur les lames et dans les grandes notions qu'il véhicule. Nous nous sommes certes concentrées sur les jeux évoqués ci-dessus, mais cela ne nous a pas empêchées également d'en aborder d'autres brièvement afin de montrer que le tarot était aussi un témoin de son temps et qu'il pouvait avoir une valeur de commentaire historique sur un contexte politique en plus d'être un outil d'instruction. C'est le cas par exemple au XIXème siècle du tarot de Besançon qui, afin de ménager les susceptibilités politiques et religieuses de l'époque dues à la contre-réforme, a remplacé la Papesse et le Pape par Junon et Jupiter.

 

Janvier 2018. Jeux présentés

 

Nous nous sommes ensuite intéressées au tarot en tant qu'outil divinatoire, ce qu'il est devenu à la fin du XVIIIème siècle. Nous avons à nouveau évoqué les travaux d'Etteilla, d'Éliphas Lévi et de Papus afin de comprendre leur importance dans la pratique divinatoire malgré les erreurs parfois grossières qu'on leur reconnaît aujourd'hui. Suite à cela, nous avons pu nous pencher sur le tarot d'Oswald Wirth (paru en 1889) qui popularise les interprétations d'Éliphas Lévi et les grands principes que l'occultiste a appris auprès de son maître Stanislas de Guaïta, ainsi que ceux de la franc-maçonnerie et de la kabbale. Ce jeu intègre des éléments supplémentaires par rapport à ceux que l'on a vus jusqu'à présents sur les lames du tarot, comme par exemple en associant chaque lame majeure – exceptée la Mort – à une lettre hébraïque suivant le principe établi par Éliphas Lévi.

Enfin, le jeu que l'on connaît aujourd'hui en tant que « tarot de Marseille » nous a permis de clôturer l'exploration de la construction de cette tradition. En effet, le support que beaucoup utilisent n'est autre que le tarot de Marseille tel qu'il a été fixé (couleurs, symbolique, iconographie) par Paul Marteau en 1930 et qui est toujours publlié par Grimaud. Comme nous l'avons vu, il est intéressant de noter que ce tarot s'inscrit d'une certaine manière en héritier de plusieurs des jeux qui l'ont précédé puisque Paul Marteau reconnaît avoir pris pour modèles le Viéville et le Conver son élaboration.

 

L'évolution du tarot de Marseille s'arrête-t-elle avec le jeu mis au point par Paul Marteau, largement commercialisé aujourd'hui ? Rien n'est moins sûr ! Comme on l'a vu tout au long de ce thé découverte, le tarot est vivant, il évolue au fil du temps, en fonction des grandes problématiques propres à une époque ou à une région. Difficile, donc, de croire qu'il pourrait tout à coup se figer et rester emprisonné dans un seul et unique modèle ! C'est ce qu'a confirmé la suite – et fin – de notre exploration qui nous menée à examiner deux jeux qui s'inscrivent dans le prolongement des modèles mis en avant précédemment.

Les Triomphes de Paris, créés par Bertrand Saint-Guillain, sont un jeu remarquable en cela que l'artiste rend hommage aux techniques des anciens maîtres cartiers. Ici, Bertrand Saint-Guillain a respecté scrupuleusement les méthodes de création du XVIIème siècle pour produire ses vingt-deux lames majeures (triomphes) inspirées du tarot dit de Jacques Viéville dont il reprend les codes visuels tout en y apportant quelque chose de personnel. Le résultat est saisissant et donne l'impression d'avoir en main un jeu venu d'un autre temps, comme un trésor inestimable que l'on aurait retrouvé. Inutile de dire que ce jeu très original a beaucoup plu aux participantes qui ont su apprécier le travail engagé par l'artiste !

L'autre jeu examiné dans l'optique d'une tradition vivante est Le Tarot Noir, qui est lui aussi une très belle réécriture du tarot de Marseille. Ce jeu reprend dans les grands traits les éléments observés jusqu'à présent dans les tarots anciens (en particulier celui de Jacques Viéville) et les place dans un contexte médiéval sur le plan visuel ainsi qu'au niveau des mentalités et de la conception du Monde qui y transparaît. Ce tarot aux couleurs sombres présente d'intéressants contrastes introduits par des jeux de lumière, ce qui en fait non seulement un bel outil sur le plan esthétique, mais aussi un support propice à une étude poussée. Il a été très apprécié par les participantes !

Bien sûr, ces deux tarots ne sont pas les seuls à reprendre les codes (structure et langage symbolique) du tarot de Marseille tel qu'on le connaît aujourd'hui et à les revisiter. On en trouvera en effet de nombreux autres qui les transposent dans différents univers, contribuant ainsi à garder cette tradition vivante et non figée contrairement à ce que l'on imagine souvent. Toutefois, j'ai choisi de me concentrer sur ces deux jeux car la démarche artistique et intellectuelle de leurs créateurs les inscrit dans le prolongement de ce que l'on a observé tout au long de ce thé découverte.

Le tarot, quelle que soit la tradition à laquelle il se rattache, n'est pas un objet figé, bien au contraire ! Ce point a été largement évoqué au cours de notre exploration historique car force est de constater qu'il est bien difficile – voire impossible – de mettre en avant une évolution linéaire qui aurait pu mener au tarot de Marseille actuel. D'ailleurs, nous avons constaté que le tarot de Marseille d'aujourd'hui est plutôt récent dans sa forme et dans les codes qu'il emploie puisqu'il est une sorte de mosaïque de plusieurs tarots anciens. Bien sûr, tous les jeux examinés partagent d'indéniables ressemblances avec le support que l'on utilise aujourd'hui, mais chacun est unique puisqu'il est le reflet d'une époque, c'est-à-dire d'un contexte historique, avec ses particularités en termes de mentalité, de conception du Monde, de vie politique, qui sont souvent propres à la région dans laquelle il apparaît. En quelque sorte, le tarot de Marseille d'aujourd'hui est lui aussi unique puisqu'il peut être envisagé comme la somme, la synthèse de ceux qui l'ont précédé et qui, peu à peu, en ont défini les grands traits. D'une certaine manière, il les unifie et les harmonise.

 

Les quelques problématiques examinées durant cette séance ne sont bien sûr pas les seules que nous aurions pu aborder, mais elles ont permis de cadrer notre exploration et de se confronter aux difficultés qui se présentent à tout historien afin de relativiser certaines affirmations trop souvent véhiculées lorsqu'il est question du tarot de Marseille. L'objet de l'exploration n'était pas d'alimenter encore davantage les querelles de clochers ou d'entrer dans ce type de débat, mais plutôt d'essayer de dégager un panorama objectif qui s'appuie uniquement sur l'état actuel des connaissances historiques en la matière. De la même manière, il n'était pas question au cours de ce thé découverte de dresser l'historique complet du tarot, car il fallait d'une part se limiter à une trame donnée pour éviter de s'éparpiller, et cela aurait risqué d'autre part de rendre l'ensemble confus. Disposant par ailleurs d'un temps limité, il fallait faire des choix afin de nous concentrer sur les jeux les plus remarquables qui ponctuent cette évolution. Le but était ici de permettre aux participantes de découvrir les grandes lignes de l'histoire du tarot et d'avoir en tête quelques repères qui constitueront des points de départ pour les explorations plus approfondies qu'elles pourraient souhaiter mener par la suite.

Comme promis en fin de séance, j'en profite pour recommander quelques ouvrages incontournables qui aideront ceux et celles qui voudraient aller plus loin dans leurs recherches sur l'histoire fascinante du tarot et qui leur permettront d'approfondir leurs connaissances sur la construction du tarot de Marseille. Ici, point de théories farfelues tirées des fantasmes d'auteurs en mal de sensationnalisme, mais des recherches sérieuses conduites par des spécialistes reconnus. N'hésitez pas à vous y plonger !

 

Janvier. Livres

 

Par les nombreux points qu'il a permis d'aborder, ce thé découverte fut très enrichissant. Les jeux présentés ont beaucoup plu et certains ont même généré des coups de foudre ! Bien qu'elle n'ait pas eu vocation à dresser une histoire complète et détaillée du tarot, cette séance a eu le mérite de donner de solides repères aux participantes qui pourront approfondir leurs explorations si elles le souhaitent.

Je remercie chaleureusement les participantes pour leur présence, leur bonne humeur et leurs interventions pertinentes au cours de ce bel après-midi de janvier. Je suis ravie d'avoir partagé ce thé découverte avec elles et j'espère qu'elles ont eu autant de plaisir à y assister que j'en ai eu à le préparer ! J'ai en tout cas passé un excellent moment en leur compagnie, entre retrouvailles et nouvelles rencontres. J'espère avoir réussi à éveiller (ou à raviver) leur intérêt envers l'histoire du tarot !

 

J'ai déjà hâte d'être à notre prochaine rencontre pour continuer à partager notre passion de la cartomancie. En attendant de vous retrouver, je vous souhaite de belles découvertes !

À bientôt,
Morrigann

 

 

PHOTO 1 : Les jeux présentés
Visconti-Sforza (Atanas Alexander Atanassov). Torino: Lo Scarabeo, 2013 [Milan, c. 1450].

The Golden Tarot: the Visconti-Sforza Tarot Deck (Mary Packard, Rachel Clowes). New York, NY: Race Point Publishing, 2013 [Bonifacio Bembo, Milan, c. 1450].

Tarot de Marseille (Nicolas Conver). Bordeaux : Héron [Marseille, 1761].

Tarot Oswald Wirth (Oswald Wirth). Neuhausen am Rheinfall (CH): AGM-AGMüller, 1976 [1889].

Ancien Tarot de Marseille (Paul Marteau). Paris : Grimaud, 1980 [1930].

Triomphes de Paris (Bertrand Saint-Guillain). Paris : auto-édité, 2011.

Le Tarot Noir : Imagerie médiévale populaire (Justine Ternel, Matthieu Hackière). Paris : Éditions Véga, 2013.

 

JEUX PRÉSENTÉS N'APPARAISSANT PAS SUR LA PHOTO :
Tarot dit de Charles VI, fin du XVème siècle (à voir sur le site de l'exposition « Dessins de la Renaissance », BNF).

Tarot dit de Jacques Viéville, 1650 (à voir sur Gallica).

Tarot de Jean Noblet, 1659 (à voir sur Gallica).

Tarot de Jean Dodal, 1701-1715 (à voir sur Gallica).

 

PHOTO 2 : Ouvrages recommandés
DECKER Ronald, DEPAULIS Thierry, DUMMETT Michael. A Wicked Pack of Cards: The Origins of the Occult Tarot. London: Duckworth, 2002 [1996].

DECKER Ronald, DUMMETT Michael. A History of the Occult Tarot: 1870-1970. London: Duckworth, 2008 [2002].

HUSON Paul. Mystical Origins of the Tarot: From Ancient Roots to Modern Usage. Rochester, VT: Destiny Books, 2004.

LÉON Dai. Origins of the Tarot: Cosmic Evolution and the Principles of Immortality. Berkeley, CA: Frog Books, 2009.

FARLEY Helen. A Cultural History of Tarot: From Entertainment to Esotericism. London / New York, NY: I.B. Tauris, 2009.

Déc. 2017, L'univers enchanté de Lisa Hunt

À la découverte de l'univers enchanté de Lisa Hunt

Pour le dernier thé découverte de l'année, nous avons chaussé nos bottes de sept lieues pour explorer en détail l'univers enchanté de Lisa Hunt. Voilà qui nous a permis de nous confronter à différentes cultures à travers leurs folklores, leurs légendes, leurs mythologies et leurs contes de fées. Un voyage qui s'annonçait riche en belles découvertes et en émotions et qui fut à la hauteur des attentes des aventuriers dans la peau desquels nous nous sommes glissés le temps de quelques heures !

Une fois installés dans le confortable cocon qu'est « La Fourmi Ailée », nous avons pu commencer notre périple en faisant connaissance avec l'artiste dont l'œuvre était à l'honneur cet après-midi-là. Depuis quelques années déjà, Lisa Hunt a acquis le statut d'artiste reconnue dans le monde du tarot et de la cartomancie. Chaque sortie de jeu qu'elle a créé ou auquel elle a contribué est un véritable événement pour les amateurs de supports à la fois beaux et lisibles, et nombreux sont ceux qui trépignent d'impatience dès qu'elle annonce travailler sur un nouveau projet (je plaide coupable !). Au fil du temps, Lisa Hunt a su se faire une place toute particulière dans le cœur de ceux et celles qui partagent des intérêts communs avec elle ou qui s'intéressent aux multiples manières de réécrire et d'enrichir les traditions liées à la cartomancie.

Dès le premier jeu auquel elle a collaboré – le très beau Shapeshifter Tarot –, elle a réussi à se démarquer des tendances générales tant sur le plan artistique que dans la manière d'aborder le thème choisi et a ainsi marqué les esprits des amateurs de cartomancie. Toutefois, un tel résultat n'aurait pas été possible sans une solide connaissance des mythes et de la culture abordés dans ce tarot. Or, Lisa Hunt ne s'est pas improvisée amatrice de mythologies uniquement dans le but d'illustrer ce jeu : elle est férue de mythes, de légendes, de contes de fées et de folklore depuis son plus jeune âge et, au fil du temps, elle a su se constituer un gigantesque corpus qui lui permet aujourd'hui d'avoir une connaissance encyclopédique de ces sujets qu'elle affectionne tant. Cette grande passionnée possède en effet une impressionnante collection d'ouvrages abordant les cultures mythologiques, mythiques et féeriques du monde entier, qu'il s'agisse de récits ou de références critiques et académiques.

Ainsi, les thèmes abordés dans les jeux illustrés par cette artiste de grand talent sont d'une incroyable richesse qui n'a d'égal que l'étendue de ses connaissances, qu'elle n'a de cesse d'affiner à chaque nouvelle création. Par exemple, le chamanisme, qu'il soit celtique, amérindien ou autre, est au centre de pas moins de trois jeux dans lesquels il est abordé de manière différente à chaque fois afin d'en faire ressortir des aspects complémentaires. Si l'on s'intéresse au chamanisme européen et en particulier celtique, on se tournera volontiers vers le Shapeshifter Tarot ; si l'on souhaite une approche très subtile du rôle que jouent les animaux dans les mythes du monde et de la manière dont ils sont le prolongement des dieux qu'ils accompagnent, on aura plaisir à découvrir le superbe Animals Divine Tarot, le premier jeu entièrement conçu par Lisa Hunt ; si l'on est curieux de mieux connaître la spiritualité amérindienne, on se laissera porter par le magnifique Winged Enchantment Oracle Deck, qui aborde avec beaucoup de sensibilité et de douceur la mythologie aviaire.

L'universalité et la complémentarité des mythes fait également partie des thèmes présents de façon récurrente dans les jeux de Lisa Hunt. En effet, l'ensemble des supports qu'elle a créés ou illustrés met en relief les mythes et folklores du monde entier puisqu'en les utilisant, on voyage à travers les cinq continents et l'on découvre des cultures certes très différentes les unes des autres, mais qui se font écho dans la structure de leurs mythes et dans les grands modèles qui régissent leurs spiritualités. Ainsi, il est très intéressant de pouvoir explorer des mythologies habituellement peu représentées et peu connues chez les Occidentaux telles que les mythologies asiatiques, indiennes, inuits, africaines, orientales, mayas, incas, aztèques, mais aussi celles des Amérindiens pour n'en citer que quelques-unes. Tous les systèmes de croyances sont dépeints, qu'ils appartiennent aux civilisations de l'Antiquité ou du monde moderne, et cela participe de la richesse propre au travail de Lisa Hunt en général et de ses jeux en particulier. Si cet aspect est visible dans tous les supports qu'elle a créés ou cocréés, il est particulièrement à l'honneur dans le superbe Fantastical Creatures Tarot qui déploie une impressionnante variété dans les mythologies abordées et dans le très émouvant Ghosts and Spirits Tarot qui explore les mythes, les légendes et les folklores liés au monde des morts et des esprits, permettant ainsi de voir comment ces derniers sont perçus dans les multiples cultures dépeintes.

Les mythologies et littératures celtiques sont elles aussi très présentes chez Lisa Hunt. On trouve en effet des références à ces dernières dans tous ses jeux, excepté dans The Winged Enchantment Oracle Deck qui ne s'y prête guère. L'artiste en explore donc de multiples aspects en fonction des thèmes abordés dans les supports sur lesquels elle a travaillé. Le très beau Celtic Dragon Tarot, créé en collaboration avec D.J. Conway, est quant à lui entièrement consacré aux mythologies et littératures celtiques et le résultat est splendide, tant sur le plan artistique que sur le plan divinatoire. Il concilie les motifs présents dans les cultures celtiques et les archétypes et allégories représentés dans le tarot, ce qui résulte en un jeu unique qui adapte le langage symbolique de la tradition Waite à l'univers celtique en adoptant pour fil conducteur les dragons, qui sont très présents dans ces cultures. Ce jeu est particulièrement apprécié par les amateurs de mythologies et littératures celtiques ou de dragons, mais aussi de manière générale puisqu'il fait partie de vos préférés lorsque nous nous retrouvons en consultation !

Les contes de fées tiennent eux aussi une place très importante dans l'œuvre de Lisa Hunt. Ils sont en effet pour elle une grande passion et, en plus de les connaître sur le bout des doigts à force de les collectionner, elle les a étudiés en élargissant son champ d'exploration pour l'étendre au monde entier. Voilà qui lui permet, à la fois dans ses jeux et dans l'ensemble de son travail, de faire référence aussi bien au substrat occidental qu'aux corpus asiatiques, africains, sud-américains ou orientaux et de faire allusion à des contes d'origines variées, couvrant ainsi l'ensemble des récits et traditions féeriques recensés. C'est ce qui apparaît dans deux jeux illustrés par Lisa Hunt. Le magnifique Fairy Tale Tarot, entièrement créé par l'artiste, est le premier. On y trouve des références féeriques issues de toutes les traditions ou presque, de sorte que chaque archétype du tarot prend la forme d'un personnage, d'un événement, d'un lieu, d'un objet ou de tout autre élément appartenant à un récit féerique. Ces correspondances projettent un nouvel éclairage à la fois sur la portée symbolique des archétypes du tarot et sur celle des contes de fées, que l'on appréhende alors sous un autre angle. Cette approche est d'autant plus intéressante qu'à bien y regarder, il existe des similitudes entre le travail d'analyse que l'on peut faire sur les contes de fées et les notions auxquelles ils renvoient et celui que l'on fait sur le tarot et son langage symbolique lorsqu'on l'étudie. Ici, les deux systèmes qui sont rapprochés (le tarot et les récits féeriques) se complètent et s'enrichissent l'un l'autre de manière fascinante. Le deuxième jeu consacré aux contes de fées est le Fairy Tale Lenormand, réalisé en collaboration avec Arwen Lynch. Ici, les ingrédients des contes de fées du monde sont confrontés au système du Petit Lenormand, auquel ils s'appliquent à merveille. Ce jeu est un parfait complément au Fairy Tale Tarot car il s'inscrit dans son prolongement en revisitant le langage symbolique propre à un système à l'aide d'éléments issus des contes de fées, apportant ainsi un nouvel éclairage aux significations des cartes et à leur portée symbolique. Inutile de dire que ce jeu, dont la sortie était très attendue, a rencontré un vif succès dès sa publication. Et pour cause : le souci du détail, la magie qui s'en dégage, l'atmosphère unique qui l'habite et la multitude de contes évoqués en font un outil particulièrement intéressant et agréable à manipuler. De quoi ravir les amateurs de Petits Lenormand... et les autres !

 

Déc. 2017, L'univers enchanté de Lisa Hunt

 

Durant ce thé découverte, nous avons eu la chance de pouvoir examiner tous les jeux auxquels Lisa Hunt a participé, y compris ceux qui sont aujourd'hui indisponibles auprès des éditeurs tels que le très rare Animals Divine Tarot ou le Fairy Tale Tarot, actuellement introuvable. Voilà qui a permis aux participants de les voir pour la première fois et de raviver leur intérêt pour ces merveilles. Je ne pense pas m'avancer trop en affirmant que certains attendent de pied ferme une réédition ou de tomber sur une bonne affaire pour se jeter sur l'occasion de se les procurer !

Par ailleurs, l'approche chronologique que nous avons adoptée pour explorer l'univers enchanté de Lisa Hunt a mis en relief l'évolution artistique de cette dernière et la multitude de styles qu'elle déploie dans ses diverses créations. Non seulement Lisa maîtrise à la perfection les nombreuses techniques qu'elle a apprises en école d'art, mais le talent aidant, elle arrive également à les mettre au service de son inspiration et de la vision qu'elle lui offre et à la retranscrire à la perfection sur le papier pour nous la livrer, avec tous ses détails et ses nuances. En effet, impossible lorsqu'on regarde une illustration de Lisa Hunt de passer à côté de la multitude de détails qui l'habite et de la précision avec laquelle chaque élément est disposé de manière à nous emmener dans un monde enchanté et féerique. Ainsi, des visages se forment dans la pierre et dans l'eau, des silhouettes se dessinent dans l'écorce et le feuillage des arbres, et c'est le décor tout entier qui prend vie, ce qui met en relief l'énergie vitale qui anime la Nature et lui donne une âme. Cette vision poétique est propre à l'univers artistique de Lisa Hunt et elle est présente dans tous ses jeux et transparaît dans l'ensemble de son travail.

 

Afin d'approfondir sa démarche artistique et de rendre compte de ses méthodes de travail, j'ai également consacré une partie de ce thé découverte à la formidable expérience que fut pour moi la création des logos de mon entreprise. En effet, si vous me suivez depuis un petit moment déjà ou si vous avez pris le temps de parcourir ce site, vous savez très certainement que les deux magnifiques logos qui constituent l'identité visuelle de mon entreprise ont été créés par Lisa Hunt durant l'été 2015. Je suis donc revenue sur cette belle aventure en expliquant toute la démarche, de mon premier mail contenant quelques idées aux logos finaux en passant par les différentes étapes de leur conception, dessins crayonnés de l'artiste à l'appui. Ces esquisses (imprimées à partir de leurs versions scannées) ont permis de voir les diverses propositions faites par Lisa à partir des idées que je lui avais transmises et la manière dont elles ont évolué pour aboutir aux logos que l'on connaît aujourd'hui. Ces dessins ont fait forte impression car ils sont à l'état brut, sans traitement numérique, et l'on y voit l'énergie qui anime chaque trait, ce qui les rend pour ainsi dire vivants. Inutile de dire qu'ils ont suscité l'émerveillement du petit groupe ! Je n'ai en revanche pas montré les aquarelles originales des logos finis par souci de les garder bien en sécurité et de ne pas les abîmer.

Le saviez-vous ? En plus de travailler sur des jeux divinatoires et autres créations publiées, Lisa Hunt met ses talents d'illustratrice à votre service, que vous soyez un particulier ou une entreprise : portraits personnalisés, soul drawings, création de l'identité visuelle de votre entreprise sont quelques-uns des multiples services qu'elle propose. Sur son site, vous pourrez également vous procurer ses jeux dédicacés (y compris ceux qui sont introuvables !), des dessins et peintures originaux, et en apprendre davantage sur les événements auxquels elle participe. Si vous aimez cette artiste, vous pouvez également la retrouver sur les réseaux sociaux, notamment dans son groupe Facebook où vous pourrez suivre la création du jeu sur lequel elle est en train de travailler !

 

Cette dernière séance de 2017 fut très particulière puisqu'elle s'est déroulée dans une atmosphère pleine de la magie de la période des fêtes et du passage imminent à la nouvelle année. On ne pouvait rêver meilleure façon de finir l'année ! J'ai eu beaucoup de plaisir à préparer ce thé découverte et à l'animer, non seulement parce que je suis une grande admiratrice de ce que fait Lisa Hunt, mais aussi parce que les thèmes qu'elle aborde me sont également très chers. En outre, partager cet après-midi avec les participantes qui étaient présentes fut des plus agréables. Je les remercie pour leur contribution active à cette séance, pour leurs questions et leurs remarques pertinentes, pour leur bonne humeur et leur grande bienveillance. Une belle alchimie s'est créée au sein de ce petit groupe et j'en suis ravie ! Merci à vous pour ces délicieux moments !

J'ai déjà hâte de vous retrouver en 2018, que ce soit pour les thés découverte ou pour les autres activités que j'organise. En attendant d'avoir ce plaisir, je vous souhaite un beau début d'année !

À très bientôt autour d'un thé,
Morrigann

 

 

SUR LA PHOTO :
Shapeshifter Tarot (Sirona Knight, D.J. Conway, Lisa Hunt). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2002.

Celtic Dragon Tarot (D.J. Conway, Lisa Hunt). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2003.

Animals Divine Tarot (Lisa Hunt). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2005.

Fantastical Creatures Tarot (D.J. Conway, Lisa Hunt). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2007.

Fairy Tale Tarot (Lisa Hunt). Woodbury, MN: Llewellyn Worldwide, 2009.

Ghosts and Spirits Tarot (Lisa Hunt). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2012.

The Winged Enchantment Oracle Deck (Lesley Morrison, Lisa Hunt). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2015.

Fairy Tale Lenormand (Arwen Lynch, Lisa Hunt). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2016.

Nov. 2017, Explorations au coeur de soi

Voyages au plus profond de soi pour le thé découverte de novembre

Le thé découverte du samedi 18 novembre nous a conduits à voyager, non dans l'espace et le temps comme à notre habitude, mais à l'intérieur de nous-mêmes. Ainsi, nous avons touché du doigt nos peurs et nos inquiétudes, mais aussi nos désirs et nos espoirs les plus profondément enfouis en nous.

Pour ce faire et rendre ce voyage constructif, nous avons commencé par définir ce que l'on entend par « exploration de soi » et introspection en cartomancie et avons réfléchi sur les outils qui nous permettent de conduire ce type de consultations, que ce soit pour nous-mêmes ou pour autrui. Il est vrai que l'on entend souvent dire que le tarot est un « miroir de soi », mais cela est vrai pour tous les supports utilisés en cartomancie puisque cette discipline s'appuie sur un fonctionnement qui met le consultant face à son inconscient, c'est-à-dire ce qu'il porte en lui mais dont il n'a pas nécessairement conscience ou connaissance. En d'autres termes, les cartes mettent en relief ce que le consultant a en lui puisqu'on considère que par principe de résonance avec le Monde auquel il est pleinement connecté, il porte en lui la connaissance – parfois inconsciente – de ce qui se passe autour de lui et en lui. Les cartes l'aident simplement à prendre conscience de ce que son inconscient sait déjà et à l'exprimer avec des mots afin de l'amener dans la sphère concrète.

Or, c'est là le rôle premier de la divination en général et de la cartomancie en particulier : deviner, c'est rendre visible ce qui ne l'est pas. On comprend donc que le cœur de la cartomancie et de la divination n'est pas, contrairement à ce que l'on croit bien trop souvent, la prédiction à laquelle beaucoup – cartomanciens compris ! – réduisent ces disciplines. Cette idée n'est rien d'autre qu'un contresens qui, en plus de laisser penser que les cartes ne servent principalement qu'à prédire, va à l'encontre des structures des jeux divinatoires et des principes spirituels et ésotériques qu'ils véhiculent. Les différents supports, qu'il s'agisse de tarots ou d'oracles, présentent une vision symbolique du Monde en incluant tout ce qu'il comporte. Ignorer cela, c'est ignorer que les cartes apportent en priorité une meilleure compréhension de l'environnement dans lequel on évolue, qu'il soit personnel (notre propre vie) ou de plus grande envergure (notre place dans le Monde et comment on en comprend les fonctionnements).

Comme nous l'avons vu dans la première partie de ce thé découverte, la compréhension de l'un est indissociable de la compréhension de l'autre : ce n'est que si l'on comprend le fonctionnement du contexte personnel dans lequel on évolue que l'on peut comprendre les grands fonctionnements du Monde et où l'on se situe au sein de celui-ci et vice versa. Pour appréhender l'un et l'autre et prendre les décisions qui nous conviennent réellement sans subir la menace d'une hypothétique fatalité à laquelle on ne pourrait échapper, il est indispensable d'apprendre à se connaître et à se comprendre soi-même. Or, voilà qui peut intimider, voire faire peur, et ce même aux plus téméraires d'entre nous. Pourtant, cette exploration de soi est essentielle pour qui veut saisir les tenants et les aboutissants d'une situation et comprendre ses propres réactions et modes de fonctionnement face aux événements auxquels il est confronté.

C'est pourquoi les jeux à visée introspective nous ont particulièrement intéressés dans la deuxième partie de ce thé découverte. Grâce à ceux-ci, nous avons pu envisager les différentes formes d'explorations de soi et élargir ainsi notre champ de vision quant aux multiples aspects que revêt l'introspection en cartomancie.

 

Nov. 2017, Explorations au coeur de soi

 

Bien sûr, nous avons discuté des supports « classiques » en tant qu'outils d'exploration de soi et avons ainsi pu voir que le tarot (quelle que soit la tradition à laquelle il est rattaché), l'Oracle Belline ou les jeux Lenormand se prêtaient fort bien à ce type de travail. Une fois ces grands points de repère posés, nous nous sommes penchés sur d'autres jeux, tantôt des réécritures de systèmes bien connus, tantôt des créations uniques. Tous ou presque sont utilisables dans n'importe quel contexte et pour n'importe quel type de consultation, mais tous ont le mérite de favoriser l'introspection, soit par le système qu'ils exploitent, soit par l'imagerie qu'ils présentent, créant ainsi une atmosphère propice au voyage intérieur.

De la même manière, la variété des jeux examinés présentait l'avantage de mettre en valeur différentes cultures, qu'elles soient amérindiennes, occidentales ou encore orientales, ce qui a permis à chacun de trouver un support qui pouvait lui convenir. La multitude de thèmes abordés dans ces tarots et oracles a aussi mis en relief différentes atmosphères, entre féerie, mythologies, néo-paganisme et folklores de tous horizons. Voilà qui a aidé chacun à se situer par rapport à sa sensibilité culturelle et aux traditions qu'il affectionne.

Tous les jeux présentés au cours de cette séance ont beaucoup plu, chacun pour des raisons différentes. Par exemple, Madame Endora's Fortune Cards (l'un de mes principaux supports en consultation) a séduit par la grande diversité des traditions qu'il met en valeur et l'étonnante homogénéité qui s'en dégage. L'univers de Patrick Valenza, véritable hommage aux œuvres du peintre Jérôme Bosch, a également retenu l'attention et suscité de vives réactions d'admiration. Son somptueux Deviant Moon Tarot, parfait pour se confronter aux peurs et aux démons qui peuvent nous hanter, a beaucoup intéressé et éveillé les curiosités. Le superbe Spirit of the Wheel, illustré par Jody Bergsma, a lui aussi été très apprécié pour l'ouverture qu'il propose sur les cultures et traditions amérindiennes et pour les possibilités qu'il offre notamment en termes de méditation. En apparence plus légers mais non moins profonds, les jeux du duo Lucy Cavendish/Jasmine Becket-Griffith ont eux aussi fasciné, tant par leur qualité artistique que par les multiples références qu'ils font à des univers très différents. Chacun de ces jeux sert un but précis, qu'il s'agisse d'examiner la relation entre les parts d'ombre et de lumière que nous portons en nous (Oracle of Shadows & Light), une période de transition (Oracle of the Shapeshifters) ou d'entamer une démarche de guérison par rapport à nos blessures intérieures (Les Vampires). Le très joli Faerie Guidance Oracle de Paulina Cassidy a montré de quelles façon les fées, espiègles et facétieuses, peuvent aider à l'exploration et soi et au gain de confiance en soi.

Par ailleurs, le Chrysalis Tarot a permis d'aborder un système unique qui n'est semblable à aucune autre tradition de tarot, utilisant les mythologies, les folklores et les littératures du monde dans le but de rendre universelles les notions qu'il véhicule et de permettre à chacun d'accéder plus facilement à son monde intérieur. Le Crystal Visions Tarot, qui reste l'un des grands favoris en général, aide lui aussi à plonger en soi et à utiliser le rêve et la méditation comme vecteurs des émotions, des pensées et de tout ce que l'on porte en soi. L'atmosphère douce et onirique qu'il véhicule est apaisante, de même que l'ensemble des éléments (personnages, créatures merveilleuses, paysages, etc.) qui le composent.

Enfin, les Psycards, conçues spécialement pour l'exploration de soi et des aspects psychologiques qui nous gouvernent, ont elles aussi beaucoup plu. Ce système unique emploie en effet des symboles très simples qui ont une portée universelle en cela qu'ils font partie de l'inconscient collectif, ce qui facilite la prise en main du jeu et son utilisation en situation. Prévu pour tous les types de questionnements qu'il est possible d'examiner dans une démarche d'exploration de soi, il a rapidement intéressé le petit groupe.

 

Ce thé découverte fut encore une fois un après-midi riche en échanges passionnants et en explorations surprenantes. Je remercie chaleureusement les participantes pour leur implication lors de cette séance, leurs questions et remarques pertinentes qui ont contribué à faire avancer la discussion, mais aussi pour leur bonne humeur et leur humour qui ont apporté une touche de gaieté fort agréable. Une belle alchimie s'est opérée entre les participantes et des affinités se sont même créées ! J'ai eu autant de plaisir à préparer cette séance que j'en ai eu à l'animer dans le cocon douillet de La Fourmi Ailée !

J'ai déjà hâte de voir le dernier thé découverte de 2017 arriver pour partager avec vous de nouveaux moments privilégiés !

À bientôt autour d'un thé,
Morrigann

 

 

SUR LA PHOTO :
Spirit of the Wheel Meditation Deck (Linda Ewashina, Jody Bergsma). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2006.

Madame Endora's Fortune Cards (Christine Filipak, Joseph Vargo). Cleveland, OH: Monolith Graphics, 2003.

The Faerie Guidance Oracle (Paulina Cassidy). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2012.

The Psycards System (Nick Hobson, Maggie Kneen). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2005 [Network Ltd: 1989].

Crystal Visions Tarot (Jennifer Galasso). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2011.

Chrysalis Tarot (Toney Brooks, Holly Sierra). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2014.

Deviant Moon Tarot (Patrick Valenza). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2008.

Oracle of Shadows & Light (Lucy Cavendish, Jasmine Becket-Griffith). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2010.

Oracle of the Shapeshifters (Lucy Cavendish, Jasmine Becket-Griffith). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2011.

Les Vampires: Ancient Wisdom & Healing Messages from the Children of the Night (Lucy Cavendish, Jasmine Becket-Griffith). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2014.

Oct. 2017, De Samhain à Halloween

Un thé découverte pour préparer Samhain/Halloween!

À l'approche de Samhain/Halloween, le thé découverte d'octobre nous a entraînés dans des explorations pleines de surprises. C'est donc entre mythes, histoire et folklore que nous avons évolué au cours de cette séance, ce qui nous a permis de revenir sur les différents aspects de cette fête très ancienne et sur son évolution.

Tout d'abord, nous nous sommes intéressés aux origines de Samhain/Halloween afin de voir ce que cette fête représentait pour les Celtes et quelles étaient les croyances et les coutumes qui lui étaient associées. Ainsi, nous avons établi que Samhain (prononcer so-ween) était un terme gaélique signifiant « fin de l'été » et que par conséquent, cette fête marque l'entrée dans la période sombre de l'année et fait office de point de basculement, de seuil vers celle-ci. En effet, si les jours ont commencé à raccourcir à partir du solstice d'été et qu'ils sont moins longs que les nuits depuis l'équinoxe d'automne, c'est à partir de la fin octobre que l'on constate leur raccourcissent significatif et que l'on remarque qu'ils deviennent beaucoup plus courts que les nuits. La période d'obscurité qui commence alors est empreinte d'une atmosphère de sommeil et de repos, celui de la terre notamment, et est propice au recueillement, à l'introspection et à la gestation des nouveaux projets qui se concrétiseront lorsque la lumière dominera à nouveau et les animera de son énergie créatrice.

C'est ce moment très particulier que les Celtes ont choisi pour passer à la nouvelle année. Samhain est donc le Nouvel An celte. Les festivités démarrent quatorze jours avant la nuit qui est aujourd'hui celle du 31 octobre au 1er novembre et se terminent quatorze jours après. La nuit de Samhain se situe quant à elle littéralement hors du temps en cela qu'elle n'appartient ni à l'année qui s'achève ni à celle qui commence. Cette particularité peut sembler étrange de nos jours, mais elle trouve deux principales explications, l'une ancrée dans des constatations astronomiques, l'autre dans les croyances des Celtes. En effet, les Celtes avaient observé qu'afin de s'assurer que leur calendrier et les saisons soient toujours synchronisés, il était nécessaire de trouver un moyen de les aligner. Or, c'est exactement ce que permettait une nuit que l'on considérait chaque année comme hors du temps. L'autre explication est liée aux croyances des Celtes et en leur conception de l'Autre Monde : pour eux, l'entrée dans la période sombre était particulièrement propice aux échanges avec l'Autre Monde en raison de l'affinement du Voile qui le séparait du nôtre.

Nous en sommes donc venus à aborder le vaste sujet de l'Autre Monde tel que le concevaient les Celtes, ce qui a éclairé encore davantage notre lanterne. Comme la grande majorité des populations pré-chrétiennes, les Celtes envisageaient le Monde comme composé de deux plans : le plan sacré d'un côté, et le plan profane de l'autre. Le premier est celui sur lequel se trouvent les Êtres Surnaturels (dieux, fées, créatures merveilleuses et mythologiques, etc.) tandis que le second est le plan humain, celui de notre quotidien. Si dans certaines cultures ces deux plans sont strictement séparés et n'interagissent jamais ou que très ponctuellement, chez les Celtes ils évoluent pour ainsi dire côte à côte. En effet, pour eux l'Autre Monde désigne tout ce qui appartient au plan sacré, qu'il s'agisse de dieux, de héros, de fées, d'esprits protecteurs, d'animaux merveilleux ou de lieux, et il n'est pas rare de voir sur les cartes représentant notamment l'Irlande ou le Pays de Galles des régions lui appartenant. Ainsi, il est possible – sous certaines conditions bien sûr – aux humains de se rendre ponctuellement dans l'Autre Monde si leur mission l'exige.

Comme on le comprend à la lumière de ces éléments, l'Autre Monde celtique n'est pas, contrairement à ce que l'on pourrait croire de prime abord, uniquement le monde des morts. Bien sûr, le pays des morts, appelé Tír na nÓg (i.e. la Terre de l'Éternelle Jeunesse) chez les Irlandais, fait partie de l'Autre Monde et n'est pas accessible aux vivants, mais il est une île que l'on était capable de situer sur le plan géographique grâce aux mythes et aux épopées. De la même manière, le royaume d'Annwvyn, qui chez les Gallois est une terre de ténèbres, fait lui aussi partie de l'Autre Monde et est représenté sur les cartes qui accompagnent le Mabinogion qui compile plusieurs récits mythologiques propres au Pays de Galles. Toutefois, les Celtes cotoyaient l'Autre Monde au quotidien, ne serait-ce qu'à travers leur rapport avec la nature qui faisait intervenir des esprits et créatures protecteurs de la faune et de la flore. Dans certains récits, les humains rencontrent même des héros issus des temps mythiques (des géants tels que Fionn Mac Cumhaill et les Fianna, par exemple) ou des fées et autres êtres merveilleux.

Tous ces éléments nous ont permis de comprendre que l'Autre Monde, qui appartient au plan sacré, et le monde humain, qui fait partie du plan profane, cohabitent et se cotoient dans les croyances et les traditions celtiques. Toutefois, si les morts ne sont jamais très loin, les interactions entre ces derniers et les vivants ne sont pas monnaie courante : à moins d'être investis d'une quête ou d'une mission particulières, les vivants ne pouvaient aller rendre visite aux morts quand ils le souhaitaient, et vice versa. En effet, pour les Celtes, il existe tout de même une frontière entre les plans sacré et profane même si l'on considère que celle-ci est poreuse. Elle empêche que les deux plans ne forment plus qu'un et se confondent, ce qui mènerait comme on peut l'imaginer au chaos le plus total.

Cette frontière est symbolisée par un Voile qui s'étend entre les deux mondes afin d'en assurer la séparation. Or, Samhain est une nuit particulière puisque comme on l'a vu, elle se situe hors du temps. Cette disposition permet l'affinement du Voile, qui commence traditionnellement quatorze jours avant Samhain et se termine quatorze jours après lorsque le Voile retrouve son épaisseur habituelle. Ainsi, Samhain est le moment de l'année où le Voile est le plus fin et où les interactions avec l'Autre Monde sont facilitées. On peut alors communiquer directement avec les dieux, les fées, les esprits protecteurs et les autres Êtres Surnaturels, mais aussi avec les défunts, d'où les coutumes honorant les ancêtres et les disparus à ce moment précis. On ravive leur souvenir, on laisse des offrandes en signe que l'on pense à eux, et l'on se recueille afin de leur montrer notre attachement.

Bien que ces traditions et ces croyances apportent une forme d'apaisement, il ne faut pas oublier que l'affinement du Voile permet à tous les esprits de venir rendre visite aux humains, de ceux qui nourrissent les meilleures intentions à ceux qui pourraient se révéler dangereux par nature, jouer de mauvais tours voire être animés de mauvaises intentions. Afin de ne pas connaître de mésaventures, il était donc indispensable de s'en protéger autant que possible et la vigilance était de mise durant la nuit de Samhain si l'on ne voulait pas faire de mauvaise rencontre. Cette croyance, qui trouve son origine en des temps pré-chrétiens, a continué à se développer après la christianisation. Elle a alors été nourrie de bien des légendes, à l'image de celle de Stingy Jack (Jack l'Avare) qui est à l'origine de la tradition qui consiste aujourd'hui à graver des visages effrayants sur des citrouilles. Selon ce conte populaire, ayant réussi à se jouer du Diable et à lui faire promettre que jamais il ne réclamerait son âme, Jack l'Avare se vit refuser l'entrée au Paradis et en Enfer à sa mort tant il avait été mauvais de son vivant. Il fut alors condamné par le Diable à errer et à parcourir la terre dans la nuit noire avec pour seul guide un morceau de charbon incandescent placé à l'intérieur d'un gros navet évidé. Afin de se protéger de Jack l'Avare qui, en raison de son bannissement de l'Enfer, était considéré comme un personnage néfaste, la population se mit à évider des navets et des grosses courges, à graver des visages effrayants dessus, à placer des bougies à l'intérieur et à les poser devant les portes des habitations afin d'effrayer Jack et de le tenir à l'écart Ce n'est que lorsque les Irlandais ont immigré aux États-Unis que l'on utilisa des citrouilles au lieu de navets, car celles-ci ne poussaient pas en Irlande.

Comme on peut le voir à travers ces éléments, Samhain (et plus tard Halloween ou All Hallow's Eve, i.e. la Veille de la Toussaint), par son lien avec l'Autre Monde, n'est pas une période totalement sans danger et si certaines rencontres sont apaisantes et merveilleuses, d'autres peuvent au contraire susciter la peur. C'est pourquoi il est indispensable dans les croyances populaires de « faire peur à la peur » avant que celle-ci ait raison de nous et nous domine, d'où les traditions visant à porter des déguisements effrayants et à représenter ce qui fait l'objet des peurs les plus profondes. Voilà qui aide en effet à tenir les monstres et les démons éloignés, mais aussi à exorciser les peurs que l'on nourrit et qui refont surface avec l'obscurité ambiante. Ainsi, on se confronte directement à ses peurs pour les dominer et les priver du pouvoir qu'elles exercent sur nous.

 

Oct. 2017, De Samhain à Halloween

 

Une fois tous ces aspects explorés et complétés par l'évocation de quelques-unes des nombreuses coutumes et traditions liées à Samhain et à Halloween, nous nous sommes tournés vers les jeux illustrant le thème du jour. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'aucun des tarots et des oracles présentés n'a laissé indifférent. Chacun à leur manière, ils ont su toucher les participants par leur originalité, l'angle d'approche qu'ils adoptent et leurs qualités artistiques. Ainsi, le Deviant Moon Tarot, qui peut être quelque peu dérangeant aux yeux de certaines personnes en raison de la difformité des créatures qu'il met en scène, a séduit par le travail mis en œuvre par l'artiste et par la vision du Monde qu'il met en avant. Les aspects sombres qu'il déploie et qui peut créer le malaise chez certains a conquis les personnes qui ont assisté à cette séance car ces dernières apprécient de travailler avec leurs peurs et leur obscurité intérieure. Avec son humour décalé et quelque peu provocateur, le Tarot of the Dead a lui aussi beaucoup plu tandis que le Bohemian Gothic Tarot et le Gothic Tarot ont impressionné par leur qualité artistique et l'atmosphère si particulière qu'ils dégagent. Ils ont même littéralement envoûté l'assistance qui s'est retrouvée sous leur charme sombre et glacial.

Les jeux présentés ont permis de couvrir les multiples aspects que nous avions évoqués dans l'exposé préliminaire. Grâce à eux, nous avons donc pu explorer les interactions avec l'Autre Monde, qu'il s'agisse de retrouvailles avec les défunts ou de rencontres avec des Êtres Surnaturels, mais aussi dessiner un large panorama des croyances, des traditions, des coutumes et des symboles liés à Samhain et à Halloween. Les peurs et les explorations intérieures ont aussi été abordées, de même que les aspects les plus légers et amusants issus du folklore et de la culture populaire. Voilà qui a permis de dresser un aperçu assez complet de ce qu'est Samhain/Halloween et de son évolution, de ses origines païennes à nos jours, et de préparer cette très belle fête non seulement en ayant en tête les coutumes et traditions que l'on a envie d'adopter mais aussi en optant pour des jeux divinatoires qui s'accordent parfaitement avec la saison.

 

Encore une fois, ce thé découverte fut un très beau moment, et je ne dis pas cela uniquement parce que le mois d'octobre et Samhain sont la période de l'année que je préfère ! Cette séance fut l'occasion de très belles rencontres, avec deux participantes qui venaient pour la première fois. Je les remercie très chaleureusement pour leur présence, leur bonne humeur, l'humour dont elles ont su faire preuve et pour leurs remarques et questions pertinentes qui sont venues enrichir la séance. Je les remercie d'avoir partagé leur passion pour la cartomancie et leurs centres d'intérêt communs. Voilà qui nous a permis de développer certains des aspects mythologiques liés au thème du jour et de pousser un peu plus loin l'exploration du folklore et des légendes relatives à Samhain/Halloween. Je suis ravie d'avoir partagé ce moment avec elles, d'autant que l'alchimie du petit groupe que nous formions était parfaite !

 

Vous l'avez deviné, ce sabbat est mon préféré et je suis toujours heureuse de partager les traditions qui l'accompagnent avec ceux qui le souhaitent. C'est pourquoi pendant tout le mois d'octobre et jusqu'à la mi-novembre, je vous propose par exemple d'utiliser le très joli Halloween Tarot lors de vos consultations !

Si vous avez envie de prolonger la découverte de cette fête et d'en explorer les différents aspects, pensez aux consultations de Samhain ! À l'aide de tirages mis au point par mes soins spécialement pour ce sabbat, vous pourrez avoir un aperçu détaillé de ce que vous apporte la saison sombre ! Ces consultations sont disponibles du 17 octobre au 14 novembre seulement, alors profitez-en sans tarder !

En attendant d'avoir le plaisir de vous retrouver très prochainement autour d'un thé pour de nouvelles découvertes, je vous souhaite un magnifique mois d'octobre et de beaux préparatifs de Samhain !

À très bientôt,
Morrigann

 

 

SUR LA PHOTO :
Deviant Moon Tarot (Patrick Valenza). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2008.

Ghosts and Spirits Tarot (Lisa Hunt). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2011.

Wiccan Cards (Nada Mesar, Chatriya Hemharnvibul). Torino: Lo Scarabeo, 2005.

Ghost Tarot (Davide Corsi). Torino: Lo Scarabeo, 2014.

Tarot of the Dead (Monica L. Knighton). St Paul, MN: Llewellyn Publications, 2004.

Oracle of Shadows & Light (Lucy Cavendish, Jasmine Becket-Griffith). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2010.

The Halloween Tarot (Karin Lee, Kipling West). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 1996.

Les Vampires: Ancient Wisdom & Healing Messages from the Children of the Night (Lucy Cavendish, Jasmine Becket-Griffith). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2014.

The Bohemian Gothic Tarot (Alex Ukolov, Karen Mahony). Prague: Magic Realist Press, 2013.

The Gothic Tarot (Joseph Vargo). Cleveland, OH: Monolith Graphics, 2002.

The Halloween Oracle: Lifting the Veil between the Worlds Every Night (Stacey Demarco). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2014.

Halloween Tarot (Rodney Howington). Self-published, 2012.

Witchlings (Paulina Cassidy). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2014.

Sept. 2017, Runes et langages magiques (jeux)

Thé découverte de septembre: l'utilisation des langages magiques en cartomancie

Le samedi 16 s'est tenu le thé découverte de septembre. Durant celui-ci, nous avons étudié ce qu'apporte la présence de langages magiques aux jeux divinatoires dans lesquels ils apparaissent. Pour ce faire, nous nous sommes concentrés sur trois langages, trois alphabets magiques, à savoir l'aphabet hébraïque, les runes et les ogham (prononcer oram en vieil-irlandais ou oh-am en irlandais moderne).

 

Dans un premier temps, nous nous sommes penchés sur l'alphabet hébraïque car c'est celui que l'on trouve dans le tarot, qu'il s'agisse du Rider-Waite Smith, du Thoth ou de celui d'Oswald Wirth. Avant de nous intéresser à ces trois supports et d'expliquer les occurrences hébraïques qui s'y trouvent, nous avons commencé par rappeler en quoi cet alphabet peut être considéré comme magique et quelle est sa portée spirituelle. Pour cela, nous avons exploré quelques-uns des grands principes de la Kabbale d'une part et avons examiné les valeurs symboliques de certaines lettres d'autre part. Notre exploration nous a conduits à évoquer l'Arbre de Vie et ses différents plans d'application, mais aussi des mythes et des légendes mettant en valeur le pouvoir des lettres et des mots, comme par exemple la création d'Adam et les contes relatant des épisodes liés à la figure du golem.

Les jeux présentés pour illustrer ce thème étaient pour la grande majorité des tarots « classiques », chacun représentant une tradition différente. Ainsi, nous avons observé que le tarot d'Oswald Wirth associait de façon visible une lettre hébraïque à chaque arcane majeur, de même que le Livre de Thoth, où Aleister Crowley a repris tout en les adaptant à son système et à sa vision des choses certains des principes mis en relief par ses prédécesseurs. Quant au Rider-Waite Smith Tarot, nous avons constaté que s'il existe bien des correspondances kabbalistiques de cet ordre entre les lames et les lettres hébraïques, celles-ci ne sont pas exprimées de manière aussi évidente sur les cartes. En effet, elles se trouvent davantage sur le plan symbolique, et c'est la compréhension approfondie de chaque lame qui permet de les déceler. En revanche, on trouve bien des caractères hébraïques sur la Roue de Fortune (lame X). Dans le cercle extérieur de la Roue (i.e. le plus grand) se trouvent deux mots entrelacés : l'un est inscrit dans notre alphabet et forme les mots tarot ou rota tandis que l'autre, en hébreu cette fois, n'est autre que le nom de Dieu (YHVH). Cette occurrence, par sa nature et sa position, est d'autant plus intéressante qu'elle met en relief la connexion de cet alphabet avec le plan sacré, c'est-à-dire celui du divin et de la spiritualité, ainsi qu'avec la portée magique qu'on lui attribue.

L'autre jeu examiné dans le cadre de cette exploration, plus récent celui-là, a quant à lui soulevé de nombreuses questions en ce qui concerne l'utilisation qu'il fait de l'alphabet hébraïque. En effet, l'Oracle de la Triade emploie plusieurs systèmes symboliques qui, une fois assemblés de cette façon, présentent des défauts dans la cohérence de l'ensemble. Si l'on essaie de déchiffrer ces multiples et de les rattacher aux notions qu'ils véhiculent, on se trouve rapidement face à des incohérences qui poussent à se demander pourquoi les symboles en question ont été choisis pour être placés à ces endroits précis. Ces nonsens s'appliquent également aux lettres et mots hébraïques qui apparaissent dans le jeu, ce qui les prive de leur portée symbolique et magique, ou du moins les ampute considérablement. Cet oracle reste un jeu tout à fait convenable, à condition toutefois de ne pas trop chercher à approfondir les significations de la multitude de symboles qu'il présente. Mieux vaut donc, ici, se contenter du sens général des cartes !

 

Nous avons ensuite voyagé vers les contrées germano-scandinaves et vers les Îles Britanniques pour nous intéresser aux runes, ce que certaines des participantes attendaient avec impatience. Tout d'abord, nous sommes revenus sur les origines mythiques et historiques de cet alphabet sacré et magique, ce qui nous a permis de tordre le cou à des idées reçues malheureusement bien ancrées chez beaucoup : non, il n'existe rien de tel que des « runes celtiques » puisque les runes sont d'origine germano-scandinave et ont été acquises par Odin lorsqu'il a passé neuf jours et neuf nuits pendu par le pied à l'Arbre Monde Yggdrasil près du puits de Mimir, sacrifiant son œil afin que les runes lui soient révélées. Ces caractères composés uniquement de lignes droites étaient par exemple gravés par les Germano-Scandinaves sur les pierres tombales de leurs chefs et des plus valeureux guerriers afin que leurs noms et leurs hauts faits ne soient pas oubliés. Les mouvements de populations aidant, lorsqu'ils se sont installés dans les Îles Britanniques, les Saxons ont apporté avec eux leurs coutumes et c'est ainsi que l'on a retrouvé des pierres runiques dans les contrées celtes (en Irlande, notamment) puisqu'elles témoignaient de leurs traditions. On comprend donc à la lumière de ces éléments que les runes n'ont rien de celtique et que cette confusion n'a pas lieu d'être.

Une fois ces rappels effectués, nous avons pu nous pencher sur les utilisations magiques des runes. La nature magique et sacrée de cet alphabet ayant été définie par ses origines mythiques, nous nous sommes intéressés aux multiples manières dont il était employé par les skaldes, c'est-à-dire les poètes, aussi musiciens et chanteurs, qui maîtrisaient le pouvoir du langage et savaient influencer le monde qui les entourait à l'aide des mots, de la musique et du chant. Nous avons alors vu qu'au-delà des conseils qu'elles pouvaient prodiguer aux chefs de guerre pour établir leurs stratégies de bataille, les runes, en tant qu'outils magiques, pouvaient guérir, favoriser la bonne santé du bétail et l'abondance des récoltes ou la prospérité d'une famille ou d'une exploitation agricole, mais qu'elles pouvaient également rendre malade voire tuer, maudire le bétail et les récoltes, provoquant les maladies des bêtes et du grain, et maudire les familles en faisant s'abattre sur celles qui le méritaient selon les skaldes la pauvreté et la maladie. Avec les runes, les mots manifestent l'intention et la concrétisent.

Les jeux présentés étaient plutôt variés dans ce qu'ils mettaient en valeur à propos des runes. Tout d'abord, La Magie des Runes a beaucoup plu car il dépeint de façon très claire les notions et symboles auxquels renvoient les runes. En effet, chaque rune est liée à un aspect de l'existence et dans ce très bel oracle, les illustrations les mettent en relief, ce qui facilite la compréhension et la mémorisation des associations entre les runes et leurs significations. Grâce à Madame Endora's Fortune Cards, nous avons observé de quelle manière cet alphabet est lié au plan sacré et à une conception circulaire du temps, exprimant ainsi un cycle sans fin. Enfin, le jeu publié chez Lo Scarabeo est resté une énigme, tant dans l'incohérence de ses illustrations par rapport aux runes qu'au niveau des runes supplémentaires qu'il inclut. En effet, les illustrations n'ont pas grand-chose à voir avec ce que symbolisent les runes, mais elles ne dépeignent pas non plus des scènes relatives à la vie ou à la mythologie des Germano-Scandinaves. Quant aux « runes » non répertoriées dans les différents alphabets runiques connus, rien ne permet de déterminer leur origine, ce qui affaiblit encore davantage le jeu, d'autant que le livret accompagnateur ne donne aucune explication quant aux différents choix des créateurs de cet oracle.

 

Le troisième langage magique dont il a été question lors de cette séance est celui des ogham, qui nous a entraînés en terres celtes. Bien qu'il n'y ait aucune certitude définitive à ce sujet, on pense que le nom de ce langage sacré aussi appelé « alphabet des arbres » serait dérivé de celui du dieu Ogma, qui n'est autre que le dieu de l'éloquence. On comprend alors le caractère sacré et magique que revêt ce langage dont les utilisations sont relatées non seulement dans les traditions et coutumes des Celtes, mais aussi dans les récits mythologiques où il est notamment employé ponctuellement par Cúchulainn dans l'épopée irlandaise Táin Bó Cúailnge.

Les plus anciennes inscriptions oghamiques connues remontent au IVème siècle où elles retranscrivaient l'irlandais primitif (et ce jusqu'au Vème siècle). Du VIème au IXème siècle, elles retranscrivent ensuite le vieil-irlandais. Les Celtes ne possédaient pas de culture écrite et bannissaient la conservation de la connaissance par voie écrite car cela la désacralisait, ce qui explique que les occurrences d'écritures oghamiques connues aujourd'hui soient tardives et coïncident avec la propagation dans les Îles Britanniques d'autres langues, orales et écrites celles-ci, comme le latin. D'après l'état actuel des connaissances à ce sujet, il est raisonnable de penser que l'écriture oghamique a bénéficié de cette influence, ce qui explique les textes gravés sur des pierres gigantesques.

On sait toutefois que les ogham avaient des applications magiques et qu'ils étaient utilisés en ce sens. Ce système d'écriture à encoches, aisé à graver dans le bois ou dans la pierre, était par nature lié au sacré et à la vision spirituelle qu'avaient les Celtes du Monde. À leurs yeux, le divin et le sacré étaient tout autour d'eux et s'incarnaient dans la nature qui constituait alors un sanctuaire qui les accueillait et avec lequel il fallait vivre en harmonie. Ainsi, les animaux et les végétaux occupaient une place très importante à la fois dans le quotidien et dans les mythes. Il n'est donc pas surprenant de constater que chacun des signes de l'alphabet oghamique portait le nom d'un arbre ou d'un végétal, auquel il était associé symboliquement. De cette façon, on attribuait aux lettres les caractéristiques symboliques propres aux arbres auxquels elles faisaient référence, ce qui rentrait bien sûr en compte dans les rituels magiques.

C'est pourquoi les jeux divinatoires dont on dispose aujourd'hui et qui mettent en avant le langage oghamique prennent la forme soit de baguettes sur lesquelles sont gravées les lettres, soit de cartes dépeignant les arbres dont les ogham tirent leurs noms. Dans ce cas, l'avantage d'un jeu de cartes est de faciliter l'association entre le signe et l'arbre dans l'esprit de l'interprète, ce que font admirablement les deux jeux présentés lors de ce thé découverte. Si l'un illustre pour chaque lettre une scène qui inclut les principaux symboles qui lui sont associés (arbre, animal, etc.), l'autre fait preuve d'une grande subtilité en donnant la part belle aux arbres et en faisant ressortir la manière dont les Celtes pouvaient les considérer en leur prêtant des traits anthropomorphiques, ce qui les rend plus vivants que jamais.

 

Sept. 2017, Runes et langages magiques (jeux)

 

Les jeux présentés lors de cette séance étaient variés tant dans les traditions qu'ils mettaient en valeur que dans leurs identités artistiques. Voilà qui a permis de faire ressortir plusieurs des principaux aspects propres à chacun des langages magiques abordés et de couvrir le panorama le plus large possible les concernant. Ces différents tarots et oracles ont beaucoup plu, chacun pour des raisons diverses, tantôt liées à leur structure et à leur symbolique, tantôt en raison du travail méticuleux réalisé par les artistes. Quant aux réserves plus ou moins appuyées émises par rapport à certains d'entre eux, elles n'ont fait qu'enrichir les discussions en permettant de réfléchir sur les supports que l'on utilise et sur la pertinence des références à certaines des traditions qui y figurent.

 

Sept. 2017, Runes et langages magiques (livres 1)

 

Durant ce thé découverte, j'ai régulièrement fait référence à des ouvrages qui aident à approfondir les sujets que nous avons abordée. N'ayant pas pu les faire figurer sur le document qui est distribué aux participants par manque de place, ils sont présentés sur les photographies ci-dessus et ci-dessous, et vous en trouverez les références bibliographiques à la fin de cet article. Sur la première photographie se trouvent les ouvrages concernant la Kabbale et le tarot d'Aleister Crowley. N'hésitez pas à les consulter et à vous les procurer : tous sont abordables en cela qu'ils présentent les différents concepts simplement, sans pour autant être simplistes.

La seconde photographie propose quant à elle quelques bonnes sources sur les mythologies germano-scandinaves et celtiques. Que vous en soyez déjà amateurs ou que vous les découvriez, je ne peux que vous recommander ces lectures qui vous aideront à mieux comprendre la vision du Monde qu'avaient ces populations !

 

Spet. 2017, Runes et langages magiques (livres 2)

 

Comme on peut le voir à travers ce long article, cette séance fut très riche en découvertes. Grâce à l'exploration des différents aspects liés aux langages magiques abordés, elle a permis aux participantes de se familiariser avec des traditions souvent méconnues et d'en apprendre davantage sur les thèmes examinés. Les solides bases acquises au cours de ce thé découverte les aideront sans nul doute à poursuivre leurs explorations en portant un regard critique sur les jeux qu'elles rencontreront.

Encore une fois, ce fut un bel après-midi, et j'ai eu beaucoup de plaisir à préparer cette rencontre et à l'animer. J'espère que les participantes en ont eu tout autant à y assister ! Je les remercie chaleureusement pour leur présence et pour leurs contributions qui n'ont fait qu'enrichir encore davantage cette séance !

 

À très bientôt autour d'un thé,
Morrigann Moonshadow

 

 

SUR LES PHOTOS :
Photo 1 (jeux) :

Tarot Oswald Wirth (Oswald Wirth). Neuhausen am Rheinfall, CH : AGM-AGMüller, 1976 [Le Livre de Thot(h), 1889].

The Smith-Waite Centennial Tarot Deck (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2009.

Thoth Tarot Deck (Aleister Crowley, Lady Frieda Harris). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc. 1978 [1943].

Oracle de la Triade (Dominike Duplaa). Montpellier : Gange Éditions, 1998.

La Magie des Runes (Voenix). Neuhausen am Rheinfall, CH : AGM-AGMüller, 1996.

Jeu de runes (bois).

Rune Oracle. Torino : Lo Scarabeo, 2004.

Madame Endora's Fortune Cards (Christine Filipak & Joseph Vargo). Cleveland, OH: Monolith Graphics, 2003.

The Green Man Tree Oracle: Ancient wisdom from the spirit of nature (John Matthews, Will Worthington). London: Connexions Book Publishing, 2008 [2003].

Ogham: the Celtic Oracle (Andy Baggott, Peter Pracownik). Neuhausen am Rheinfall, CH : AGMüller Urania, 2004.

 

Photo 2 (livres) :
La kabbale (Gershom Scholem). Paris : Éditions Gallimard [Folio Essais], 1998 [Les Éditions du Cerf ; Keter Publishing House Ltd, 1974].

L'Arbre de Vie selon la Cabale (Z'ev ben Shimon Halevi). Gordes : Les Éditions du Relié, 2009 [Warren Kenton, 1972 ; Éditions Albin Michel, 1985].

La kabbale : Les grands mystères des textes révélés (Samuel Gabirol). Paris : De Vecchi, 2007 [1988].

La Kabbale vivante (Daniel Beresniak). Paris : Éditions Véga, 2009 [Guy Trédaniel Éditeur, 1988].

La Kabbale (Daniel Souffir). Paris : Éditions Grancher [coll. ABC], 2008.

The Chicken Qabalah of Rabbi Lamed Ben Clifford (Lon Milo Duquette). York Beach, ME: Weiser Books, 2001.

The Book of Thoth (Aleister Crowley). San Francisco, CA: Red Wheel/Weiser, 2010 [New York, NY: Ordo Templi Orientis, 1944].

The Thoth Companion: The Key to the True Symbolic Meaning of the Thoth Tarot (Michael Osiris Snuffin). Woodbury, MN: Llewellyn Worldwide, 2009.

Understanding Aleister Crowley's Thoth Tarot: an authoritative examination of the world's most fascinating and magical tarot cards (Lon Milo Duquette). San Francisco, CA - Newburyport, MA: Weiser Books, 2003 [Red Wheel/Weiser].

 

Photo 3 (livres, suite) :
L'Edda Poétique (trad., éd. & ann. Régis Boyer). Paris : Fayard [coll. L'espace intérieur], 1992.

L'Edda : Récits de mythologie nordique par Snorri Sturluson (Snorri Sturluson, trad., éd. & ann. François-Xavier Dillmann). Paris : Éditions Gallimard [coll. L'aube des peuples], 1991.

Les Druides (Christian-J. Guyonvarc'h, Françoise Leroux). Rennes : Éditions Ouest-France, 1986.

Les Celtes : histoire et dictionnaire (Venceslas Kruta). Paris : Robert Laffont [coll. Bouquins], 2000.

L'Alphabet des arbres (Myriam Philibert). Monaco : Éditions du Rocher, 2006.