tarot

Janvier 2018. Jeux présentés

Un thé découverte autour de la construction du tarot de Marseille

Le samedi 27 janvier s'est tenu le tout premier thé découverte de 2018 et le moins que l'on puisse dire, c'est que nous avons commencé l'année en beauté ! En effet, nous nous sommes attaqués à la délicate problématique de la construction du tarot de Marseille, ce qui nous a menés à nous poser des questions très intéressantes et à nous rendre compte que l'histoire du tarot est loin d'être aussi linéaire qu'on pourrait le penser.

Afin que nous puissions y voir plus clair et démêler le vrai du faux dans les affirmations qui ont fait ou qui font toujours autorité dans le domaine qui nous intéressait, j'ai commencé à titre d'introduction par revenir sur les grandes idées issues des travaux plus ou moins pertinents des occultistes français des XVIIIème et XIXème siècles. Voilà qui a permis de confronter leurs dires à la réalité historique que l'on connaît aujourd'hui et de déboulonner certaines idées reçues qui sont encore malheureusement trop répandues de nos jours.

Ces quelques mises au point préliminaires ont eu l'avantage de replacer le débat dans le contexte historique établi par les recherches académiques des historiens et des spécialistes du sujet, affranchies des fantasmes qui ont pris racine dans les élucubrations de certains occultistes farfelus. Cela en tête, nous avons donc pu remonter le temps jusqu'à la Renaissance et commencer notre exploration à partir du premier tarot connu.

Par « le premier tarot connu », j'entends bien « le plus ancien tarot dont nous avons connaissance », ce qui est très différent du premier tarot apparu dans l'histoire. En effet, si le plus ancien tarot dont on dispose aujourd'hui est le Visconti-Sforza, cela ne signifie en rien dans l'absolu que celui-ci est le plus ancien tarot qui ait existé. Dans le cas présent, plusieurs indices montrent que le tarot existait avant celui-ci puisqu'on a retrouvé des notes allant en ce sens dans des manuscrits antérieurs au Visconti-Sforza. Par ailleurs, la réalité historique d'aujourd'hui est étroitement liée à l'état actuel des connaissances et des découvertes, et rien ne dit que l'on ne trouvera pas un jeu plus ancien encore dans les années à venir, ce qui viendrait remettre en question certaines des affirmations que l'on tient pour vraies actuellement. Ainsi, l'histoire en général et celle du tarot en particulier reste une discipline vivante, et ce quelles que soient les problématiques ou les époques que l'on étudie.

Ces notions bien présentes à l'esprit, nous avons pu remonter le temps pour faire escale dans l'Italie du XVème siècle et nous pencher sur le très beau tarot Visconti-Sforza. On sait que celui-ci fut commandé en 1451 à l'artiste Bonifacio Bembo par Francesco Sforza dans le but de célébrer à la fois son accession au pouvoir (il venait d'être fait Duc de Milan) et son dixième anniversaire de mariage avec Bianca Maria Sforza. Dans son iconographie, ce jeu intègre d'une part des symboles propres à la famille Visconti-Sforza (on y reconnaît les visages de certains membres), et il véhicule d'autre part les grands principes de la culture humaniste qui se développait à cette période. Le tarot est alors non pas un outil divinatoire puisque cette fonction ne lui fut attribuée que bien plus tard, mais bien un outil servant à l'instruction et à l'éducation. Véritable livre d'images, il rassemble les grandes valeurs de cette culture humaniste et permet de penser le Monde à travers les différents plans de l'existence. Grâce à lui, on peut ainsi étudier la vie terrestre (le pouvoir, les vertus cardinales, la culture populaire) et ce qui appartient au plan supérieur, à savoir le religieux et le spirituel ans oublier l'ésotérisme, à travers les allégories chrétiennes, la théologie ou les planètes. Cet outil était parfait pour l'instruction des riches familles car les illustrations facilitaient l'assimilation des différentes notions abordées. Sur le plan artistique, ce tarot auquel seules quatre lames manquent est somptueux et reprend les codes de l'art de la Renaissance, rappelant même dans leur composition les techniques et le style établis par Léonard de Vinci. On sait même que ce dernier a été appelé pour diriger la création de deux lames, et l'on remarque que son influence est visible sur d'autres lames encore, notamment dans l'effet de perspective créé à l'endroit où le sol s'arrête net.

Notre exploration s'est poursuivie toujours en Italie, du côté de Bologne cette fois. Nous y avons découvert le tarot dit de Charles VI, qui n'était pas destiné au monarque dont il porte le nom, pas plus qu'il n'a été créé pendant son règne, malgré ce que l'on a pu croire à tort. On sait également aujourd'hui qu'il n'a pas été peint par Jacquemin Gringonneur contrairement à ce qu'avait établi l'interprétation erronée d'un manuscrit. En réalité, ce jeu serait originaire de Bologne (Italie du Nord) et aurait vu le jour à la fin du XVème siècle, c'est-à-dire bien après le règne de Charles VI (1368-1422). Seules dix-sept lames nous sont parvenues sur les soixante-dix-huit qu'il comportait. Créé en pleine Renaissance italienne, ce jeu somptueux sur le plan artistique est un très bel exemple de tarot à visée éducative qui accentue encore davantage ce qui a été observé au sujet du Visconti-Sforza. Il véhicule en effet les grands principes de la culture humaniste de l'époque et les allégories qu'il dépeint sont identifiables au premier coup d'œil que l'on sache lire ou non, ce qui facilitait grandement la compréhension des notions qui sont abordées par les différentes lames.

Grâce à notre voyage au cœur de la Renaissance italienne, nous sommes parvenues à nous détacher de la vision moderne du tarot en tant qu'outil divinatoire pour le considérer comme un outil d'apprentissage du Monde et de réflexion sur la manière dont on l'envisage. Bien sûr, cet aspect est toujours présent aujourd'hui dans le tarot, qu'il soit de tradition Marseille ou non, mais il est combiné à l'application divinatoire pour la porter à un niveau bien plus profond que la seule « prédiction de l'avenir » à laquelle certains la limitent trop souvent à tort. Ainsi, le tarot demeure un outil d'ouverture au Monde et de compréhension de celui-ci et de ses fonctionnements.

Retour en France après cette escapade italienne puisque c'est à Paris que fut créé en 1650 le tarot dit de Jacques Viéville. Considéré par certains comme le « premier » tarot de Marseille en raison de l'iconographie qu'il présente et écarté par d'autres de la lignée des « ancêtres » du tarot de Marseille à cause des multiples différences qu'il affiche avec ce dernier, ce jeu n'en est pas moins très intéressant et fascinant. Si l'on y reconnaît plusieurs traits qui le lient indubitablement au tarot de Marseille, d'autres l'en éloignent par leur singularité, d'autant qu'on ne les trouve nulle part ailleurs. Parmi les différences notoires par rapport au tarot de Marseille, on remarque par exemple que le Pendu a la tête en haut, mais aussi que les regards de certains personnages ne sont pas tournés du même côté. Les lames ne sont pas non plus nommées et certaines n'observent pas le même ordre que celui des jeux d'aujourd'hui. En termes de symbolique, le Diable y prend la forme d'une étrange créature en marche sur laquelle on peut voir plusieurs visages ; la Maison-Dieu est un arbre foudroyé sous les yeux d'un personnage ; l'Étoile montre un astrologue assis, compas à la main ; la Lune présente une fileuse, et le Soleil dépeint un personnage à cheval.

L'autre jeu emblématique du XVIIème siècle en France est le tarot de Jean Noblet, créé quelques années plus tard (1659) à Paris. Conservé à la BNF, l'unique exemplaire qui nous est parvenu n'est pas complet puisque cinq lames sont manquantes. L'iconographie utilisée ici est très proche de celle du tarot de Marseille que l'on connaît aujourd'hui et les lames sont nommées, y compris la Mort, ce qui est extrêmement rare dans cette tradition. L'ordre des lames est également le même qu'aujourd'hui. Visuellement, c'est pour l'instant le jeu qui se rapproche le plus de la version moderne du tarot de Marseille.

Nous avons ensuite avancé dans le temps pour nous rendre à Lyon où, en 1701-1705, paraissait le tarot de Jean Dodal qui présente lui aussi la trame visuelle et la structure du tarot de Marseille. Nous avons vu que ce jeu ressemble à s'y méprendre à un autre tarot, celui de Jean Payen, créé en Avignon en 1713. La raison en est simple : il s'agit en fait d'une reproduction du jeu de Jean Payen, mais destinée à l'exportation puisque le tarot de Jean Dodal porte la mention « FPE » (i.e. « Fait pour l'Étranger ») et les initiales « I.P. » (Jean Payen) peuvent se lire sur certaines lames. On sait d'ailleurs que Jean Dodal et Jean-Pierre Payen (descendant de Jean Payen) se sont trouvés tous deux au même endroit pendant une période et auraient travaillé ensemble, ce qui expliquerait cette démarche.

Enfin, notre exploration des tarots non divinatoires s'est achevée à Marseille où le premier jeu à avoir l'appellation « tarot de Marseille » fut créé en 1761 par Nicolas Conver, maître cartier de Marseille et imagier du roi. En termes d'iconographie et de symbolique, ce jeu est le plus proche de l'actuel tarot de Marseille dont il présente tous les ingrédients. On sait d'ailleurs qu'il servit de modèle (avec le Viéville) à Paul Marteau lorsque celui-ci fixa en 1930 le modèle que l'on connaît encore aujourd'hui.

Ces quelques jeux nous ont permis de voir de quelle manière le tarot a évolué au fil du temps, à la fois dans la symbolique présente sur les lames et dans les grandes notions qu'il véhicule. Nous nous sommes certes concentrées sur les jeux évoqués ci-dessus, mais cela ne nous a pas empêchées également d'en aborder d'autres brièvement afin de montrer que le tarot était aussi un témoin de son temps et qu'il pouvait avoir une valeur de commentaire historique sur un contexte politique en plus d'être un outil d'instruction. C'est le cas par exemple au XIXème siècle du tarot de Besançon qui, afin de ménager les susceptibilités politiques et religieuses de l'époque dues à la contre-réforme, a remplacé la Papesse et le Pape par Junon et Jupiter.

 

Janvier 2018. Jeux présentés

 

Nous nous sommes ensuite intéressées au tarot en tant qu'outil divinatoire, ce qu'il est devenu à la fin du XVIIIème siècle. Nous avons à nouveau évoqué les travaux d'Etteilla, d'Éliphas Lévi et de Papus afin de comprendre leur importance dans la pratique divinatoire malgré les erreurs parfois grossières qu'on leur reconnaît aujourd'hui. Suite à cela, nous avons pu nous pencher sur le tarot d'Oswald Wirth (paru en 1889) qui popularise les interprétations d'Éliphas Lévi et les grands principes que l'occultiste a appris auprès de son maître Stanislas de Guaïta, ainsi que ceux de la franc-maçonnerie et de la kabbale. Ce jeu intègre des éléments supplémentaires par rapport à ceux que l'on a vus jusqu'à présents sur les lames du tarot, comme par exemple en associant chaque lame majeure – exceptée la Mort – à une lettre hébraïque suivant le principe établi par Éliphas Lévi.

Enfin, le jeu que l'on connaît aujourd'hui en tant que « tarot de Marseille » nous a permis de clôturer l'exploration de la construction de cette tradition. En effet, le support que beaucoup utilisent n'est autre que le tarot de Marseille tel qu'il a été fixé (couleurs, symbolique, iconographie) par Paul Marteau en 1930 et qui est toujours publlié par Grimaud. Comme nous l'avons vu, il est intéressant de noter que ce tarot s'inscrit d'une certaine manière en héritier de plusieurs des jeux qui l'ont précédé puisque Paul Marteau reconnaît avoir pris pour modèles le Viéville et le Conver son élaboration.

 

L'évolution du tarot de Marseille s'arrête-t-elle avec le jeu mis au point par Paul Marteau, largement commercialisé aujourd'hui ? Rien n'est moins sûr ! Comme on l'a vu tout au long de ce thé découverte, le tarot est vivant, il évolue au fil du temps, en fonction des grandes problématiques propres à une époque ou à une région. Difficile, donc, de croire qu'il pourrait tout à coup se figer et rester emprisonné dans un seul et unique modèle ! C'est ce qu'a confirmé la suite – et fin – de notre exploration qui nous menée à examiner deux jeux qui s'inscrivent dans le prolongement des modèles mis en avant précédemment.

Les Triomphes de Paris, créés par Bertrand Saint-Guillain, sont un jeu remarquable en cela que l'artiste rend hommage aux techniques des anciens maîtres cartiers. Ici, Bertrand Saint-Guillain a respecté scrupuleusement les méthodes de création du XVIIème siècle pour produire ses vingt-deux lames majeures (triomphes) inspirées du tarot dit de Jacques Viéville dont il reprend les codes visuels tout en y apportant quelque chose de personnel. Le résultat est saisissant et donne l'impression d'avoir en main un jeu venu d'un autre temps, comme un trésor inestimable que l'on aurait retrouvé. Inutile de dire que ce jeu très original a beaucoup plu aux participantes qui ont su apprécier le travail engagé par l'artiste !

L'autre jeu examiné dans l'optique d'une tradition vivante est Le Tarot Noir, qui est lui aussi une très belle réécriture du tarot de Marseille. Ce jeu reprend dans les grands traits les éléments observés jusqu'à présent dans les tarots anciens (en particulier celui de Jacques Viéville) et les place dans un contexte médiéval sur le plan visuel ainsi qu'au niveau des mentalités et de la conception du Monde qui y transparaît. Ce tarot aux couleurs sombres présente d'intéressants contrastes introduits par des jeux de lumière, ce qui en fait non seulement un bel outil sur le plan esthétique, mais aussi un support propice à une étude poussée. Il a été très apprécié par les participantes !

Bien sûr, ces deux tarots ne sont pas les seuls à reprendre les codes (structure et langage symbolique) du tarot de Marseille tel qu'on le connaît aujourd'hui et à les revisiter. On en trouvera en effet de nombreux autres qui les transposent dans différents univers, contribuant ainsi à garder cette tradition vivante et non figée contrairement à ce que l'on imagine souvent. Toutefois, j'ai choisi de me concentrer sur ces deux jeux car la démarche artistique et intellectuelle de leurs créateurs les inscrit dans le prolongement de ce que l'on a observé tout au long de ce thé découverte.

Le tarot, quelle que soit la tradition à laquelle il se rattache, n'est pas un objet figé, bien au contraire ! Ce point a été largement évoqué au cours de notre exploration historique car force est de constater qu'il est bien difficile – voire impossible – de mettre en avant une évolution linéaire qui aurait pu mener au tarot de Marseille actuel. D'ailleurs, nous avons constaté que le tarot de Marseille d'aujourd'hui est plutôt récent dans sa forme et dans les codes qu'il emploie puisqu'il est une sorte de mosaïque de plusieurs tarots anciens. Bien sûr, tous les jeux examinés partagent d'indéniables ressemblances avec le support que l'on utilise aujourd'hui, mais chacun est unique puisqu'il est le reflet d'une époque, c'est-à-dire d'un contexte historique, avec ses particularités en termes de mentalité, de conception du Monde, de vie politique, qui sont souvent propres à la région dans laquelle il apparaît. En quelque sorte, le tarot de Marseille d'aujourd'hui est lui aussi unique puisqu'il peut être envisagé comme la somme, la synthèse de ceux qui l'ont précédé et qui, peu à peu, en ont défini les grands traits. D'une certaine manière, il les unifie et les harmonise.

 

Les quelques problématiques examinées durant cette séance ne sont bien sûr pas les seules que nous aurions pu aborder, mais elles ont permis de cadrer notre exploration et de se confronter aux difficultés qui se présentent à tout historien afin de relativiser certaines affirmations trop souvent véhiculées lorsqu'il est question du tarot de Marseille. L'objet de l'exploration n'était pas d'alimenter encore davantage les querelles de clochers ou d'entrer dans ce type de débat, mais plutôt d'essayer de dégager un panorama objectif qui s'appuie uniquement sur l'état actuel des connaissances historiques en la matière. De la même manière, il n'était pas question au cours de ce thé découverte de dresser l'historique complet du tarot, car il fallait d'une part se limiter à une trame donnée pour éviter de s'éparpiller, et cela aurait risqué d'autre part de rendre l'ensemble confus. Disposant par ailleurs d'un temps limité, il fallait faire des choix afin de nous concentrer sur les jeux les plus remarquables qui ponctuent cette évolution. Le but était ici de permettre aux participantes de découvrir les grandes lignes de l'histoire du tarot et d'avoir en tête quelques repères qui constitueront des points de départ pour les explorations plus approfondies qu'elles pourraient souhaiter mener par la suite.

Comme promis en fin de séance, j'en profite pour recommander quelques ouvrages incontournables qui aideront ceux et celles qui voudraient aller plus loin dans leurs recherches sur l'histoire fascinante du tarot et qui leur permettront d'approfondir leurs connaissances sur la construction du tarot de Marseille. Ici, point de théories farfelues tirées des fantasmes d'auteurs en mal de sensationnalisme, mais des recherches sérieuses conduites par des spécialistes reconnus. N'hésitez pas à vous y plonger !

 

Janvier. Livres

 

Par les nombreux points qu'il a permis d'aborder, ce thé découverte fut très enrichissant. Les jeux présentés ont beaucoup plu et certains ont même généré des coups de foudre ! Bien qu'elle n'ait pas eu vocation à dresser une histoire complète et détaillée du tarot, cette séance a eu le mérite de donner de solides repères aux participantes qui pourront approfondir leurs explorations si elles le souhaitent.

Je remercie chaleureusement les participantes pour leur présence, leur bonne humeur et leurs interventions pertinentes au cours de ce bel après-midi de janvier. Je suis ravie d'avoir partagé ce thé découverte avec elles et j'espère qu'elles ont eu autant de plaisir à y assister que j'en ai eu à le préparer ! J'ai en tout cas passé un excellent moment en leur compagnie, entre retrouvailles et nouvelles rencontres. J'espère avoir réussi à éveiller (ou à raviver) leur intérêt envers l'histoire du tarot !

 

J'ai déjà hâte d'être à notre prochaine rencontre pour continuer à partager notre passion de la cartomancie. En attendant de vous retrouver, je vous souhaite de belles découvertes !

À bientôt,
Morrigann

 

 

PHOTO 1 : Les jeux présentés
Visconti-Sforza (Atanas Alexander Atanassov). Torino: Lo Scarabeo, 2013 [Milan, c. 1450].

The Golden Tarot: the Visconti-Sforza Tarot Deck (Mary Packard, Rachel Clowes). New York, NY: Race Point Publishing, 2013 [Bonifacio Bembo, Milan, c. 1450].

Tarot de Marseille (Nicolas Conver). Bordeaux : Héron [Marseille, 1761].

Tarot Oswald Wirth (Oswald Wirth). Neuhausen am Rheinfall (CH): AGM-AGMüller, 1976 [1889].

Ancien Tarot de Marseille (Paul Marteau). Paris : Grimaud, 1980 [1930].

Triomphes de Paris (Bertrand Saint-Guillain). Paris : auto-édité, 2011.

Le Tarot Noir : Imagerie médiévale populaire (Justine Ternel, Matthieu Hackière). Paris : Éditions Véga, 2013.

 

JEUX PRÉSENTÉS N'APPARAISSANT PAS SUR LA PHOTO :
Tarot dit de Charles VI, fin du XVème siècle (à voir sur le site de l'exposition « Dessins de la Renaissance », BNF).

Tarot dit de Jacques Viéville, 1650 (à voir sur Gallica).

Tarot de Jean Noblet, 1659 (à voir sur Gallica).

Tarot de Jean Dodal, 1701-1715 (à voir sur Gallica).

 

PHOTO 2 : Ouvrages recommandés
DECKER Ronald, DEPAULIS Thierry, DUMMETT Michael. A Wicked Pack of Cards: The Origins of the Occult Tarot. London: Duckworth, 2002 [1996].

DECKER Ronald, DUMMETT Michael. A History of the Occult Tarot: 1870-1970. London: Duckworth, 2008 [2002].

HUSON Paul. Mystical Origins of the Tarot: From Ancient Roots to Modern Usage. Rochester, VT: Destiny Books, 2004.

LÉON Dai. Origins of the Tarot: Cosmic Evolution and the Principles of Immortality. Berkeley, CA: Frog Books, 2009.

FARLEY Helen. A Cultural History of Tarot: From Entertainment to Esotericism. London / New York, NY: I.B. Tauris, 2009.

Détectives aux Arcanes, février 2017

Première réunion des Détectives aux Arcanes: enquête sur une inquiétante disparition

Détectives aux Arcanes, février 2017

Ce samedi 11 février, j'ai eu le privilège, l'honneur et le plaisir d'ouvrir et d'animer la première réunion des Détectives aux Arcanes, et, ce faisant, de concrétiser l'existence de ce petit club très spécial. Une fois les détectives en place autour de la table et nos théières bien remplies, nous avons pu enquêter sur une première affaire pour le moins surprenante. Retour sur un après-midi hors du commun.

Dès l'ouverture de la séance, nous avons pris connaissance du courrier envoyé à notre intention par l'un de mes illustres amis : le seul et unique Hercule Poirot ! Dans sa missive, il nous confiait être très inquiet suite à un enchaînement d'événements plutôt étranges. En effet, Agatha Christie s'était volatilisée dans de mystérieuses circonstances, et l'Angleterre tout entière était à sa recherche ! Mon ami belge sollicitait notre aide car pour lui, impossible de ne pas savoir ce qu'il était advenu de celle qui contait ses exploits avec maestria. Sans elle, comment ses brillantes enquêtes pourraient-elles être connues du grand public ?

 

Un voyage dans le temps riche en découvertes
Nous avons donc décidé de remonter le temps pour nous rendre en Angleterre quelques jours après le 3 décembre 1926 pour tenter de mettre au jour des pistes qui apaiseraient l'angoisse du célèbre détective et permettraient dans le meilleur des cas de retrouver Agatha Christie. À peine arrivés, nous avons étudié l'affaire grâce au dossier d'investigation récapitulant le contexte et tous les éléments connus quant à la disparition de la romancière.

À la lumière de toutes ces informations, nous avons pu définir les pistes que chaque détective allait exploiter et bâtir ainsi nos démarches d'investigation respectives. Chaque participant ayant décidé d'adopter un angle d'approche différent, notre enquête promettait d'ores et déjà d'être des plus enrichissantes ! Une fois les tirages mis au point et les questions formulées, nous avons effectué nos premiers tirages et les avons interprétés tour à tour.

Les informations recueillies nous ont conduits à réorienter la suite de nos enquêtes, suite à quoi nous avons pu procéder aux tirages suivants en prenant soin à chaque fois de mettre nos trouvailles en commun. Peu à peu, nous sommes parvenus à reconstituer un ensemble de faits cohérent et avons pu constater que nos tirages mettaient en relief le même type d'événements, de contextes et de dynamiques alors que les pistes privilégiées par chacun étaient au départ très différentes. Voilà qui a beaucoup intrigué les détectives, car tout se rejoignait et concordait, comme les pièces d'un puzzle qui s'assemblent parfaitement afin de reconstituer un tableau.

 

Retour en 2017
Nos investigations achevées, nous avons pu transmettre nos conclusions à Hercule Poirot, qui a l'heure qu'il est doit en avoir pris connaissance. Vint alors le moment de quitter l'Angleterre des années 20 pour retourner à Paris en 2017, où nous avons pu découvrir ce qui s'était réellement passé, ou du moins ce que l'on en sait.

Bien que les raisons de la disparition d'Agatha Christie demeurent inconnues à ce jour, nous avons toutefois réussi à mettre au jours certains éléments avérés appartenant à cette période de la vie de la romancière : son mariage avec Archibald Christie qui était sur le déclin (son mari voulait divorcer pour partir vivre avec sa maîtresse), les reproches que lui adressait continuellement son époux, le fait qu'elle ne parvienne pas à s'épanouir en tant qu'épouse et mère, le surmenage qu'elle subissait et qui a pu être l'élément déclencheur de cette mystérieuse disparition. En effet, lorsqu'elle se volatilise le 3 décembre 1926 au soir, elle ne laisse derrière elle que sa voiture abandonnée au bord de l'étang de Silent Pool, phares allumés. À l'intérieur du véhicule, on retrouve son manteau de fourrure ainsi que des effets personnels tels des gants et son permis de conduire périmé. Des battues sont organisées, l'étang est drainé, la zone survolée par des aéroplanes, mais on ne retrouve aucune trace d'accident, d'agression, ni aucun corps.

Très vite, la presse s'empare de l'affaire et l'Angleterre se passionne pour cette mystérieuse disparition. Nul ne peut dire s'il s'agit d'un meurtre, d'un enlèvement, d'un suicide, ou d'une disparition volontaire. Les journaux diffusent des portraits d'Agatha Christie grimée, portant tantôt un chapeau, tantôt des lunettes, ou arborant une coupe de cheveux différente. Le 14 décembre, alors que l'inquiétude est à son comble, les autorités reçoivent un appel signalant la présence de la romancière dans un hôtel du nord de l'Angleterre. Elle y a été reconnue par l'un des musiciens du groupe de jazz qui devait s'y produire ce soir-là. Lorsque son époux vient la chercher, elle ne le reconnaît pas et part à son bras sans un mot.

Jamais Agatha Christie ne parlera de cet épisode, pas même à sa fille. Elle a même affirmé avoir enregistré un chapitre sur son magnétophone pour son autobiographie, mais a prétexté que celui-ci s'était révélé inaudible... et donc inexploitable. Lorsqu'on l'interrogeait sur sa disparition, elle répondait immanquablement qu'elle était frappée d'une amnésie qui l'empêchait d'accéder à ces souvenirs.

S'il est impossible d'avoir des certitudes sur ce qui s'est réellement passé, plusieurs hypothèses ont été émises par les enquêteurs de l'époque et par les historiens pour expliquer cette curieuse disparition, nos tirages se sont rejoints sur l'une d'entre elles, et ce sans la connaître au préalable. Voilà qui est très intéressant, d'autant qu'il s'agit de l'hypothèse la plus logique et la plus plausible. Faut-il pour autant en tirer des conclusions définitives ? C'est un pas que je me garderai bien de franchir, car tant que rien ne peut être prouvé scientifiquement et de manière irréfûtable, l'enquêtes que nous avons menée au sein des Détectives aux Arcanes ne fait que renforcer des probabilités, sans établir des faits indiscutables.

 

Une première réunion passionnante
Cette première réunion des Détectives aux Arcanes fut un très bel après-midi et un moment passionnant. Non seulement nous nous sommes penchés sur une affaire historique (tous les éléments contenus dans le dossier d'investigation sont réels), mais nous avons eu l'honneur de rendre hommage à l'une des grandes figures de la littérature policière, dont la vie comporte des zones d'ombre. Que pouvait-on espérer de mieux pour l'ouverture de ces nouveaux ateliers ?

Lors de leur enquête, les Détectives aux Arcanes ont pu constater que quel que soit leur degré d'expertise dans l'utilisation de leur support divinatoire, leurs capacités à conduire leurs investigations n'en ont pas été amoindries. En effet, qu'ils soient débutant ou qu'ils aient eu des notions avant l'ouverture de l'espace d'entraînement quatre semaines avant la rencontre, ils ont pu construire un raisonnement logique, le faire évoluer, poser des questions pertinentes et y apporter des éléments de réponse à travers des tirages simples. Bien sûr, lorsque les tirages étaient obscurs, nous avons réuni nos cellules grises afin d'y réfléchir ensemble et d'en tirer des informations, ce qui a rendu l'ensemble encore plus ludique !

J'ai eu beaucoup de plaisir à préparer cette première réunion et à composer le dossier d'investigation, et j'en ai eu tout autant à animer cette rencontre qui s'est déroulée dans la bonne humeur. Je remercie vivement mes deux premières Détectives aux Arcanes qui, il faut se rendre à l'évidence, ont fait un travail remarquable sur cette affaire délicate ! À travers leur implication, leur enthousiasme et leur curiosité, elles ont largement contribué à faire de cet après-midi un moment des plus agréables. Leurs analyses, leurs remarques et leurs questions pertinentes ont grandement aidé à éclaircir certaines zones d'ombre et à mettre en évidence des pistes qui nous apparaissent désormais comme plus probables que d'autres.

 

Cette première réunion à peine terminée, j'ai déjà hâte d'être à la suivante pour mener à nouveau l'enquête en compagnie de détectives de talent ! La préparation de la prochaine rencontre est en cours, et je peux d'ores et déjà vous dire que nous travaillerons sur une affaire surprenante ! Si vous souhaitez vous aussi faire partie des Détectives aux Arcanes et enquêter à l'aide de vos supports préférés, je vous invite à (re)découvrir en quoi consistent ces séances et à en consulter le programme. Pour vous inscrire à l'une (ou à plusieurs) des séances proposées, n'hésitez pas à me contacter !

Au plaisir de vous compter parmi les Détectives aux Arcanes,
Morrigann

 

 

SUR LA PHOTO :
Au centre :
Le dossier d'investigation de la réunion du 11 février 2017.

Les jeux :
The Rider Tarot Deck (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2007 [Rider, 1911; U.S. Games Systems, Inc., 1971, 2005].

Universal Waite Tarot Deck (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith, Mary Hanson-Roberts). Stamford, CT: 2006 [1990].

The Smith-Waite Centennial Tarot Deck (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2009.

Le livre :
CHRISTIE Agatha. The Murder of Roger Ackroyd. London: HarperCollins Publishers, 2002 [Collins, 1926].

Thés découverte, programme 2016

Le programme des thés découverte de 2016 enfin dévoilé!

Thés découverte, programme 2016

Il y a quelque temps, je vous annonçais la mise en ligne du programme 2016 des thés découverte pour le 15 novembre. En raison des événements tragiques qui sont survenus en début de week-end à Paris, je n'ai pu maintenir cet engagement. J'ai en effet décidé d'observer les trois jours de deuil national afin de reprendre mes esprits autant que faire se peut. Comme indiqué dans la dernière newsletter, j'ai donc reporté cette mise à jour à ce mardi 17 novembre.

Voici donc enfin le moment que certains d'entre vous attendent avec grande impatience : la révélation du programme complet des thés découverte de 2016, qui est au point depuis septembre et que j'ai réussi à maintenir secret au cours de ces derniers mois... et croyez-moi, ce ne fut pas une mince affaire ! Vous pouvez donc en prendre connaissance dès à présent et satisfaire votre curiosité !

Attention toutefois, car j'ai apporté quelques petits changements par rapport au fonctionnement des thés découverte. En 2016, ils continuent de se tenir au rythme d'un samedi par moi et coûtent toujours 20€. Cependant, les inscriptions sont ouvertes dès la mise en ligne du programme, c'est-à-dire dès maintenant. Aussi, si vous souhaitez participer au thé découverte de juin 2016, vous pouvez vous inscrire dès à présent. De la même façon, si vous souhaitez participer à plusieurs séances, vous pouvez vous inscrire à autant de thés découverte que vous le souhaitez en une seule fois. Il vous suffit pour cela de le préciser lorsque vous me contactez.

Le fonctionnement des thés découverte a été mis à jour en conséquence, et je vous invite à en lire tous les détails sur la page qui présente ces rencontres. Le programme est quant à lui consultable dans son intégralité sur cette page. En cliquant sur les titres des séances, vous accéderez aux événements de l'agenda qui sont dédiés à la présentation de chaque rencontre. Vous pouvez également passer directement par l'agenda pour avoir un aperçu mois après mois des événements prévus !

Dans tous les cas, et ce quel que soit le nombre de séances qui vous intéresse, n'oubliez pas que pour participer aux thés découverte, les insrciptions sont obligatoires d'une part, et d'autre part qu'il est impératif de me contacter avant de valider votre participation par un paiement. Aucune inscription ne sera acceptée le jour-même.

J'espère que ce programme pour l'année 2016 vous plaira !

À bientôt autour d'un thé,
Morrigann

Saison estivale

Cet été, chez Les Arcanes de Morrigann...

Saison estivale
Ce n'est un secret pour personne : l'été est là... et bien installé, si l'on en juge par la canicule récente et la valse des valises dans les transports ! Qu'à cela ne tienne, pas de vacances pour Les Arcanes de Morrigann !

Du thé glacé en abondance d'un côté, mes cartes de l'autre ainsi que le matériel nécessaire aux différentes prestations, et me voilà parée pour traverser cette période dans les meilleures conditions possibles ! Je vous attends donc de pied ferme, que ce soit en juillet ou en août, pour une consultation, des cours ou les thés décovuerte ! Et bien sûr, si vous n'avez pas l'occasion de passer par Paris, n'hésitez pas à avoir recours aux services à distance comme les consultations et les formations !

Il arrive pendant l'année que certains d'entre vous parcourent de grandes distances pour venir me rencontrer, que ce soit pour des cours ou des consultations en face à face. L'été étant par excellence la saison propice aux déplacements, aux voyages et aux escapades, n'hésitez pas à prendre rendez-vous si vous avez l'intention de passer par Paris ! Je me ferai un plaisir de vous recevoir dans un cadre accueillant à deux pas de Notre Dame et de faire votre connaissance. Si vous souhaitez un rendez-vous et venez de loin, faites-le moi savoir le plus tôt possible afin que nous puissions fixer une date et un horaire. De cette manière, vous pourrez effectuer votre voyage en toute sérénité, avec la certitude que nous nous verrons.

L'été est aussi une période de choix pour se lancer dans une formation à distance, alors pensez-y ! Si vous souhaitez apprendre la cartomancie, c'est le moment ! Pour l'instant, les Niveaux ouverts aux inscriptions sont le Niveau I du Rider-Waite Smith Tarot, et les Niveaux I et II du Petit Lenormand. Les autres niveaux sont en cours d'élaboration et seront bientôt disponibles !

Pas d'interruption non plus du côté des thés découverte. Si celui de juillet n'est plus ouvert aux inscriptions, celui d'août le sera à partir du 29 juillet. Peut-être aurai-je le plaisir de vous y rencontrer !

Que vous partiez en vacances ou non au cours des deux prochains mois, je vous souhaite un très bel été !

À très bientôt,
Morrigann


Sur la photo:
Les supports divinatoires présentés ici sont ceux que j'utilise le plus souvent. Quant à la théière remplie d'un délicieux breuvage bien frais, elle m'accompagne durant les journées les plus chaudes. Les jolies pochettes que vous pouvez voir, notamment en-dessous du Rider-Waite Smith Tarot, sont les nouveaux modèles confectionnés par Forest Shadows.

Du nouveau pour la publication de ma conférence du 31 octobre 2014!

Voilà déjà quelque temps que je travaille à la mise en ligne de la conférence que j'ai donnée le 31 octobre dernier, et une évidence à laquelle je m'attendais s'impose à moi. Au départ, j'avais prévu de retravailler mon texte et de le mettre en ligne sur mon blog et d'accompagner l'article d'une bibliographie téléchargeable destinée aux personnes qui souhaitent aller plus loin dans leurs découvertes et explorations.

Or, compte tenu de la longueur du discours et de la présence d'un certain nombre de notes de bas de pages qui viennent documenter le propos, la lecture sur blog s'avère ardue si l'article reste en l'état. Bien sûr, l'éventualité d'un compromis entre l'aspect recherche et l'aspect discours aurait pu être tentante, mais celle-ci ne me satisfait pas, car elle mènerait à sacrifier des informations importantes et à effacer la méthode de travail qui a été suivie pour construire l'argumentation. Quant à la bibliographie, elle se trouverait vite dissociée de l'article et pourrait passer inaperçue si elle prenait la forme d'un fichier à télécharger.

L'intérêt d'une version écrite de cette conférence étant de favoriser l'accès rapide aux différentes informations qu'elle contient, il m'a donc fallu trouver un autre moyen pour la mettre à votre disposition. C'est désormais chose faite, et vous pourrez en lire une version étoffée qui correspondra encore davantage à ce que je voulais faire au départ. Ainsi, je suis en train de retravailler le texte et d'aller plus loin dans ma démonstration afin de vous proposer quelque chose de beaucoup plus complet d'ici quelque temps.

Si je ne révèle pas pour l'instant la forme que prendra cette publication, je suis néanmoins en mesure de vous dire que cela devrait vous plaire et que chacun devrait y trouver son compte, y compris ceux qui souhaiteront pousser plus avant leurs investigations. Bien sûr, je vous tiendrai au courant peu à peu de l'avancée du travail!

Tout cela pour dire que malgré les apparences, je n'ai pas oublié ce texte, d'autant que je sais que certains d'entre vous l'attendent avec impatience! Au contraire: j'y travaille en essayant de trouver la meilleure forme de publication possible... et c'est fait! Maintenant, il n'y a plus qu'à finaliser l'ensemble!

A suivre, donc!