sabbat

Mai 2017,  La Roue de l'Année

Un thé découverte au rythme de la Roue de l'Année

Le samedi 13 mai s'est tenu le thé découverte sur le thème de la Roue de l'Année. Ce fut l'occasion de revenir sur ce concept cher à la Wicca en particulier et au Néo-Paganisme en général bien qu'on l'y retrouve également sous d'autres noms ou adoptant d'autres formes.

Dans un premier temps, nous avons détaillé chacune des huit fêtes – aussi appelées sabbats – en les positionnant sur la Roue, les situant ainsi à la fois dans l'espace et dans le temps. Ceci a permis de mettre en évidence les différentes étapes du cycle des saisons et de constater que chaque sabbat est le reflet d'un autre, comme une sorte de contrepoids complémentaire. Par exemple, Samhain et Beltane qui se font face véhiculent des notions similaires, mais de manière différente. En effet, s'il est bien connu que Samhain est associé à la peur, cet aspect, qui semble secondaire à Beltane, est pourtant bien plus présent qu'il n'y paraît au premier abord. En réalité, ces deux fêtes sont deux portes ouvertes sur l'Autre Monde : à Samhain, le Voile séparant les deux mondes s'affine au maximum pour permettre aux défunts et aux Êtres Surnaturels d'interagir directement avec les humains ; à Beltane, qui se situe à l'apogée du printemps, les divinités de la nature viennent fertiliser le monde. Or, les Chrétiens assimilaient ces divinités à l'activité sexuelle abondante à des démons et des diables, d'où la peur qu'inspirait aux non-païens cette fête. De plus, les rituels effectués par les Païens durant la nuit qui précédait Beltane (appelée Nuit de Walpurgis) pour canaliser les énergies de fertilité et aider ainsi ces Êtres Surnaturels à faire leur œuvre étaient largement condamnés par les Chrétiens qui les accusaient de s'adonner à des orgies avec les créatures du Mal. C'est ainsi que s'est construite dans l'imaginaire populaire l'idée de danger et de peur qui est souvent associée à Beltane. Pourtant, qu'il s'agisse de Samhain ou de Beltane, il est seulement question d'interactions avec l'Autre Monde, et donc avec des êtres qui ne veulent ni bien ni mal aux humains.

Le même type d'observations peut être développé avec les autres fêtes. Pour donner un autre exemple, Yule et Litha sont aussi des exemples de complémentarité parfaite. En effet, Yule est le jour le plus court de l'année tandis que Litha est le plus long, ce qui implique que le premier va de pair avec la nuit la plus longue et le second avec la nuit la plus courte. Sur le plan mythique, ces deux sabbats sont complémentaires aussi dans les aspects du Dieu qu'ils mettent en avant : à Yule, au moment où le soleil est le plus faible, le Dieu est incarné par le Roi Houx vieillissant et prêt à se retirer une fois qu'il aura perdu son combat contre le Roi Chêne qui représente le jeune Dieu qui lui succède en gagnant en force et en puissance jusqu'à Litha, son apogée. À Litha, qui marque le solstice d'été, l'énergie du Dieu est à son plus haut point, ce qui implique qu'à partir de ce moment elle ne peut que décliner. C'est pourquoi le Roi Chêne cède la place au Roi Houx, qui accompagnera le déclin du soleil jusqu'au solstice d'hiver qui aura lieu à Yule.

Bien sûr, la mise en relief de ces correspondances fascinantes – sur lesquelles il y a beaucoup à dire – fut aussi l'opportunité de revenir sur les principaux aspects et caractéristiques de chaque sabbat. Nous avons ainsi pu aborder les coutumes et les traditions qui sont observées lors de chaque fête en parallèle à ce qu'elles représentent sur le plan mythique et au niveau des différentes étapes qui composent le cycle de l'année.

Mai 2017,  La Roue de l'Année

Une fois tous ces points examinés, nous avons pu passer à la présentation de divers jeux divinatoires, qui s'est déroulée en deux temps. Tout d'abord, nous avons découvert des tarots et des oracles incluant une ou plusieurs illustrations directement liées à la Roue de l'Année. Ainsi, nous avons pu observer différentes représentations de la Roue de l'Année selon le contexte et l'angle offerts par les jeux. Certaines, plutôt classiques même si chaque artiste a fait un superbe travail pour y apporter sa vision, montrent les huit sabbats disposés sur une roue. Chacun est identifié par un symbole qui lui est propre et se trouve face à celui qui le complète. D'autres représentations sont plus originales en dépeignant le cycle des saisons et ses différentes étapes à travers l'illustration du cycle mythique de la vie du Dieu et de la Déesse comme c'est le cas dans le très beau Tarot of the Old Path. Ainsi, l'intérieur d'un cercle est divisé en deux parties égales dont la partie supérieure est baignée de la lumière du soleil tandis que la partie inférieure se trouve dans l'obscurité et n'est éclairée que par la lune et les étoiles. Chaque partie met en avant les événements et traditions correspondant aux sabbats qu'elle contient, allant de l'éveil de la nature aux premières récoltes pour la première en passant par le sommeil de la Déesse, le repos de la nature et l'introspection pour la seconde.

D'autres jeux, très souvent des oracles, consacrent une carte à chaque sabbat, ce qui permet non seulement de détailler la Roue de l'Année, mais aussi dans la plupart des cas de dater les événements qui ressortent dans les tirages. En outre, il est aussi possible grâce à ces cartes d'avoir un aperçu des énergies qui animent chaque situation ou événement afin de mieux en comprendre les fonctionnements et, pourquoi pas, d'y apporter l'énergie complémentaire qui permettra aux projets d'aboutir ou au contraire de se détacher plus sereinement de ce qui nous empêche d'avancer ou de trouver des solutions pour résoudre les problèmes qui peuvent se poser.

Dans un second temps, nous avons examiné des jeux qui, dans leur composition, mettent les saisons à l'honneur. Les oracles concernés sont très souvent structurés en quatre parties dont chacune est placée sous le signe de l'une des quatre saisons. C'est le cas par exemple du très joli Faerie Wisdom, dans lequel on trouve treize fées différentes par section, toutes associées par leur nature et leur type à la saison qu'elles illustrent dans les multiples cultures dont elles sont issues. Lorsque des tarots font référence aux saisons, ils le font à travers les lames mineures, dont ils associent chaque suite à une saison. Ainsi, les correspondances sont habituellement : Bâtons/Printemps, Coupes/Été, Épées/Automne, et Pentacles/Hiver. Bien sûr, certains jeux présentent d'autres associations en fonction de l'angle d'approche qui leur est propre. En rapprochant les suites de lames mineures des saisons, ces jeux continuent la tradition qui existe déjà dans le tarot, qu'il soit de type Marseille ou Rider-Waite Smith. Ils la développent et l'adaptent aux thèmes qu'ils adoptent avec beaucoup de subtilité, ce qui permet d'avoir des visions différentes et d'affiner la manière dont on envisage les événements et la façon dont ils se présentent.

 

Ce thé découverte fut encore une fois un après-midi riche en belles découvertes, entre jeux rares et jeux originaux dans leur forme et leur structure. Je remercie chaleureusement l'unique participante, une amie avec qui j'ai eu grand plaisir à partager cette séance passionnante. La pertinence de ses contributions, sa bonne humeur et son humour ont largement aidé à mettre en valeur les multiples aspects de la Roue de l'Année !

J'ai déjà hâte d'être à la prochaine séance, qui aura lieu le samedi 10 juin 2017 ! Pour vous y inscrire, n'hésitez pas à me contacter avant le mercredi 07 juin au soir !

Au plaisir de vous retrouver autour d'un thé,
Morrigann

 

 

SUR LA PHOTO :
The Well Worn Path (Raven Grimassi, Stephanie Taylor, Mickie Mueller). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2005.

The Hidden Path (Raven Grimassi, Stephanie Taylor, Mickie Mueller). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2007.

Tarot of the Old Path: the Magic Tarot of Female Energies and Wisdom (Sylvia Gainsford, Howard Rodway). Neuhausen am Rheinfall: AGMüller Urania, 1990.

The Green Witch Tarot (Ann Moura, Kiri Østergaard Leonard). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2015.

Wiccan Cards (Nada Mesar, Chatriya Hemharnvibul). Torino: Lo Scarabeo, 2005.

Faerie Wisdom (Gillian Kemp). London - New York: Cico Nooks, 2008 [2003].

Faerie Tarot (Nathalie Hertz). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2008.

The Victorian Fairy Tarot (Lunaea Weatherstone, Gary Lippincott). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2013.

Avril 2017, Nuit de Walpurgis

Thé découverte d'avril - La Nuit de Walpurgis: entre mythes, superstitions et réalité

Ce samedi 22 avril, j'ai eu le plaisir d'animer le thé découverte sur la Nuit de Walpurgis, abordant ainsi un thème qui m'est cher et que je trouve fascinant bien qu'il soit largement méconnu du grand public. En effet, le moins que l'on puisse dire, c'est que s'il est un moment de l'année qui a mauvaise réputation, c'est bien la nuit du 30 avril au 1er mai ! La Nuit de Walpurgis inquiète, fait peur, terrifie, et est le théâtre des superstitions et des fantasmes les plus fous, si bien que les histoires que l'on raconte à son sujet dépassent de loin la réalité. C'est pourquoi j'ai souhaité à travers ce thé découverte revenir sur les origines de cette fête à travers ses racines païennes et sur la manière dont elle a été perçue au fil des siècles par le monde christianisé.

Dans un premier temps, nous nous sommes donc penchés sur le nom de cette fête, que l'on doit à Sainte Walpurgis (ou Walburge, Walpurge, etc. selon les graphies), une missionnaire anglaise qui vécut au VIIIème siècle et qui fut envoyée dans une région de l'Allemagne afin de la christianiser. À sa mort, on la commémora en décidant de la fêter le 1er mai, qui était aussi le jour de Beltane pour les Païens. La Nuit de Walpurgis fut dès lors celle qui menait au jour des célébrations de Sainte Walpurgis.

Mais alors, si cette fête apparaît comme chrétienne, comment se fait-il qu'elle ait la réputation d'être la nuit des diables et des démons ? La réponse est très simple : parce qu'à peu de choses près, a Nuit de Walpurgis n'a de chrétien... que son nom ! Comme je l'ai dit plus haut, elle coïncide avec l'arrivée du sabbat de Beltane, qui marque le point culminant du printemps, c'est-à-dire celui où les énergies de la saison sont au plus haut. Aussi, Beltane célèbre la fertilité, que ce soit celle de la nature ou celle des hommes. Les arbres sont en fleurs et les premiers fruits sont sur le point d'apparaître, et sur le plan mythique les deux forces motrices de la nature – incarnées par le Dieu et la Déesse – s'unissent et la fertilisent. Aussi, la nuit qui précédait Beltane était importante pour les Païens qui, à travers leurs rituels, œuvraient à aider les divinités de la nature à fertiliser le monde en concentrant les énergies ambiantes et en les dirigeant vers cet objectif. Pour les Chrétiens, ces divinités n'étaient autres que des diables et des démons, car tout ce qui était directement lié à la fertilité – et, par extension, à la sexualité – était tabou et relevait du Mal. Aussi, on raconta que ces traditions ancestrales visaient en réalité à appeler les diables et les démons et à leur permettre d'œuvrer sur la terre comme bon leur semblait, d'où le danger et la terreur désormais associés à la nuit du 30 avril au 1er mai.

Comme si les superstitions ne suffisaient pas, un phénomène naturel est venu appuyer au yeux de ceux qui en furent témoins l'idée selon laquelle les célébrations de la Nuit de Walpurgis libérait diables et démons. L'anecdote se déroule dans le massif montagneux de Harz en Allemagne sur le mont Brocken, où l'on raconte que des femmes s'étaient réunies pour de bien étranges pratiques. Des témoins affirmèrent qu'ils avaient vu des ombres inquiétantes, celles de diables et de démons, danser avec ces femmes au cours de leur célébration. Bien sûr, on raconta sans tarder que ces femmes étaient des sorcières en plein sabbat et qu'elles avaient convoqué ces créatures infernales pour les assister dans leurs sombres desseins. Il n'y avait pourtant ni démons ni diables ce soir-là sur le mont Brocken puisque les témoins ont simplement été victimes d'une illusion d'optique due à un jeu d'ombres et de lumière propre à l'endroit, que l'on appelle communément « spectre du Brocken ». Lorsque cela se produit, les objets et les personnes sont agrandis grâce aux ombres qui sont projetées, et à l'époque où l'épisode du sabbat s'est produit, la science n'avait pas encore expliqué ce phénomène.

Voilà qui a donc largement contribué à amplifier encore davantage la terreur que suscitait la Nuit de Walpurgis, mais aussi à construire encore plus solidement la figure de la sorcière. C'est pourquoi nous nous sommes interrogés sur les raisons qui ont fait que certaines femmes ont été perçues comme des sorcières, que ce soit au Moyen Âge ou au-delà. À travers nos explorations, nous nous sommes rendu compte que l'image de la sorcière malfaisante, celle de la fiancée du Diable que l'on redoutait dans le monde christianisé, a été fabriquée de toutes pièces pour des raisons à la fois religieuses certes, mais aussi en raison des convictions et des frustrations personnelles de certaines des principales figures de l'Inquisition. C'est ainsi que nous avons examiné l'histoire et parcouru brièvement le contenu du Malleus Maleficarum, rédigé par Heinrich Kramer, aussi connu en tant que Henri Institoris. Également appelé Marteau des Sorcières, ce traité publié en 1486-1487 explique de manière très détaillée les différentes accusations dont peuvent avoir à répondre les sorcières, mais aussi les multiples manières de leur faire avouer leurs accointances avec le Diable, d'où son titre : cet ouvrage constitue l'arme permettant de combattre la sorcellerie sous toutes ses formes, et il est le meilleur allié de celui qui veut débarrasser le monde de ce fléau. Il n'est bien sûr pas le seul manuel publié pour faciliter le travail des inquisiteurs, mais son contenu particulièrement choquant et son histoire invraisemblable en font l'ouvrage le plus remarquable sur la question, et sans doute le meilleur témoin de la légitimation de la folie d'un homme (Heinrich Kramer).

Thé découverte d'avril 2017 - Nuit de Walpurgis

Une fois ces points de répère posés, nous avons examiné plusieurs jeux divinatoires qui reprennent des thèmes qui coïncident avec ceux mis en avant par la Nuit de Walpurgis. Les sorcières y ont été largement à l'honneur, et ce sous différents aspects : bienveillantes ou maléfiques, belles ou effrayantes, mais dans tous les cas fascinantes. La figure de la sorcière a été largement exploitée dans les tarots et les oracles, aussi bien celle des contes de fées que celle de la mystérieuse femme qui vit seule à l'écart du village ou de la ville, ou encore celle de la sorcière « moderne », qui n'est autre qu'une femme... tout simplement ! Car en réalité, c'est ce qu'elle a toujours été : une femme, qui doit ses « pouvoirs » à son instruction et à la connaissance de son environnement, ce qui lui permet de dépasser la condition d'objet à laquelle elle a été trop souvent reléguée au cours de l'histoire.

Les démons furent également à l'honneur grâce à un très beau jeu (au centre de la photo) inspiré du Dictionnaire Infernal. En observant les représentations de ces figures, les liens entre certains de ces démons et les divinités de la fertilité dont il est question pendant la Nuit de Walpurgis et qui agissent à Beltane sont venus nourrir nos réflexions.

Enfin, la Nuit de Walpurgis faisant partie intégrante de certains pans de la culture populaire notamment en ce qui concerne la littérature avec l'image du vampire sur laquelle Bram Stoker a laissé une empreinte indélébile, cette rencontre a également permis de découvrir des jeux dédiés à ces « enfants de la nuit ». En effet, dans sa nouvelle Dracula's Guest (L'Invité de Dracula), il est question de cette nuit démoniaque au cours de laquelle on peut rencontrer les pires créatures qui soient... y compris des vampires ! On remarque d'ailleurs que dans l'adaptation cinématographique « Dracula » de Tod Browning avec Bela Lugosi, c'est au cours de cette nuit que Jonathan Harker arrive dans les Carpathes pour se rendre chez le Comte. Les villageois qu'il rencontre sont terrorisés et l'intiment de ne pas se rendre à ce rendez-vous qui à leur sens sera nécessairement funeste. Les jeux présentés qui mettaient en avant les vampires ont là aussi montré différentes facettes de ces créatures à la fois fascinantes, profondes et ambiguës.

 

Je remercie très chaleureusement l'unique participante à ce thé découverte, car j'ai été ravie de partager ce bel après-midi avec elle, qui fut un moment privilégié. Ainsi, nous avons pu échanger autour du thème du jour en abordant de nombreux aspects des problématiques qu'il soulevait, ce qui s'est révélé très enrichissant. Nous avons pu approfondir les multiples sujets abordés, ce qui nous a même menées à nous interroger sur certains préjugés et enjeux qui perdurent encore aujourd'hui dans nos sociétés.

J'ai déjà hâte de renouveler ces échanges passionnants lors des prochaines séances, car c'est toujours pour moi un immense plaisir que de partager ma passion de la cartomancie avec d'autres passionnés, mais aussi avec des curieux qui souhaitent en apprendre davantage sur cette discipline souvent méconnue. La prochaine séance approche à grands pas et je me réjouis déjà à l'idée de vous y retrouver !

Au plaisir d'échanger avec vous autour d'un thé,
Morrigann

 

 

SUR LA PHOTO :
Good Witch, Bad Witch: Sweet Spells and Dark Charms (Gillian Kemp, Emma Garner). Boston – New York – London: Bulfinch Press (Little, Brown and Company, Inc.), 2002.

Witchlings (Paulina Cassidy). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2014.

The Tarot of the Vampyres (Ian Daniels). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2010.

The Daemon Tarot: the Forbidden Wisdom of the Infernal Dictionary (Ariana Osborne, Louis Breton). New York, NY: Sterling Ethos, 2013.

Les Vampires: Ancient Wisdom & Healing Messages from the Children of the Night (Lucy Cavendish, Jasmine Becket-Griffith). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2014.

The Gothic Tarot (Joseph Vargo). Cleveland, OH: Monolith Graphics, 2002.

The Vampires: Tarot of the Eternal Night (Patrizia Nati, Davide Corsi). Torino: Lo Scarabeo, 2009.

De Samhain à Halloween

À l'approche de Samhain, un thé découverte hors du temps

À l'avant-veille de l'ouverture traditionnelle de la période de célébration de Samhain s'est tenu le thé découverte d'octobre, intitulé « De Samhain à Halloween ». Comme vous le savez si vous me lisez régulièrement, cette fête est celle que je préfère. C'est pourquoi il m'était impensable de ne pas partager mon intérêt pour celle-ci, notamment à tavers les légendes et les traditions qui y sont attachées.

C'est donc avec un immense plaisir que j'ai accueilli les participants pour un après-midi hors du temps, à l'image du sabbat qui était au centre de notre attention. Une fois confortablement installés autour d'une boisson chaude, nous nous sommes laissés transporter à travers le temps et les dimensions pour remonter aux origines celtiques de Samhain (prononcer so-ween). Voilà qui m'a permis d'évoquer plusieurs aspects de civilisation et de mythologie celtiques afin de montrer de quelle manière les Celtes concevaient le Monde et quels étaient les rapports qu'ils entretenaient avec leurs mythologies et le temps mythique des origines, aussi appelé pseudo-préhistoire. Nous avons ainsi pu comprendre pourquoi Samhain (la nuit du 31 octobre au 1er novembre) était considérée comme hors du temps, mais aussi pourquoi cette période était propice aux rencontres avec l'Autre Monde, qu'il s'agisse de celui des Êtres Surnaturels ou de celui des disparus. Nous avons bien sûr examiné la place que tient cette fête sur la Roue de l'Année, ce qui a permis de se familiariser avec sa portée symbolique et les raisons qui en font un moment si particulier au cours de l'année.

J'ai également abordé la manière dont la fête que l'on connaît aujourd'hui plus largement sous le nom de Halloween a traversé l'Atlantique pour s'implanter aux États-Unis, ce qui a conduit à introduire la citrouille au sein des célébrations. C'est ainsi qu'après les dimensions mythiques et historiques liées à ce sabbat, nous nous sommes concentrés que ses légendes et traditions. Nous avons découvert d'où vient la coutume qui veut que l'on grave des visages effrayants sur de grosses courges en général et sur des citrouilles en particulier, mais aussi pourquoi on les appelle « Jack O'Lantern » (Jack à la Lanterne). Les costumes de monstres, les bougies aux fenêtres et le trick-or-treating ont eux aussi trouvé leurs origines parfois surprenantes dans le folklore et les coutumes anciennes, prenant ainsi tout leur sens.

Tous ces éléments – et bien d'autres encore – ont aidé les participants à se faire une idée plus précise de ce que signifie ce beau sabbat qui, quoiqu'en disent certains, est en réalité bien plus qu'une « fête des morts/de la mort » ou une « fête des monstres ». J'espère avoir réussi à en donner un aperçu complet en mettant en avant le recueillement, l'introspection, la magie et la poésie qui en sont  les principaux ingrédients.

De Samhain à Halloween

Les jeux présentés sont allés en ce sens et ont mis en relief les différents aspects abordés par Samhain/Halloween. Qu'il s'agisse d'introspection, de recueillement, d'affronter ses peurs, d'explorations magiques et spirituelles ou d'honorer le rythme des saisons, toutes les facettes du sabbat étaient à l'honneur dans la sélection (voir photo). Il y en avait pour tous les goûts, du plus sombre au plus poétique, du plus naïf au plus torturé. J'ai été très heureuse de voir qu'aucun jeu n'a laissé les participants indifférents, ce qui a été particulièrement révélateur des peurs et des préoccupations de chacun.

Certains jeux ont suscité l'amusement, vous ont charmés, envoûtés, effrayés parfois, et tous vous ont intéressés pour les particularités qu'ils présentent. Chers participants, je vous remercie vivement pour votre curiosité et votre enthousiasme tout au long de cette scéance, pour vos questions et interventions aussi, qui ont permis d'enrichir les discussions et l'exploration du thème du jour. Un merci tout particulier à l'une des plus fidèles participantes de cette année, qui nous a présenté avec beaucoup d'humour le Zombie Tarot, qui n'a pas manqué lui non plus de faire réagir !

 

Cet après-midi fut encore une fois un très beau moment, riche en belles découvertes et en magie. Je suis ravie d'avoir pu partager avec vous les traditions qui me sont chères, que ce soit sous forme de mythologies, de légendes, de repères civilisationnels ou de folklore. J'espère vivement que ces quelques heures vous auront donné envie de célébrer cette fête à votre tour et à votre manière !

Je me réjouis par avance de vous retrouver très prochainement autour d'un thé afin d'explorer d'autres aspects de la cartomancie ! Le thé découverte de novembre est déjà en cours de préparation, et j'espère qu'il vous plaira tout autant que celui-ci !

En attendant d'avoir ce plaisir, je vous propose quelques lectures complémentaires à la scéance de samedi :
Autour des Sabbats – Samhain
Consultations de Samhain : c'est le moment !

À très bientôt pour de nouvelles découvertes autour d'un thé,
Morrigann

 

 

Sur la photo :
The Green Witch Tarot (Ann Moura, Kiri Østergaard Leonard). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2015.

Oracle of Shadows & Light (Lucy Cavendish, Jasmine Becket-Griffith). Victoria, AUS: Blue Angel Pulishing, 2010.

Les Vampires: Ancient Wisdom & Healing Messages from the Children of the Night (Lucy Cavendish, Jasmine Becket-Griffith). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2014.

Tarot of the Dead (Monica Knighton). St Paul, MN: Llewellyn Publications, 2004.

Deviant Moon Tarot (Patrick Valenza). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2008.

Wiccan Cards (Nada Mesar, Chatriya Hemharvibul). Torino: Lo Scarabeo, 2005.

The Halloween Tarot (Karin Lee, Kipling West). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 1996.

Halloween Tarot (Rodney Howington). Self-published, 2012.

The Halloween Oracle: Lifting the Veil between the Worlds Every Night (Stacey Demarco). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2014.

Ghosts and Spirits Tarot (Lisa Hunt). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2011.

Ghost Tarot (Davide Corsi). Torino: Lo Scarabeo, 2014.

Witchlings (Paulina Cassidy). Stamford: CT: U.S. Games Systems, Inc., 2014.

The Bohemian Gothic Tarot (Alex Ukolov, Karen Mahony). Prague: Magic Realist Press, 2013.

The Gothic Tarot (Joseph Vargo). Celevland, OH: Monolith Graphics, 2002.

Thé découverte de juin 2016

Un thé découverte sous l'œil bienveillant de l'Homme Vert

Ce samedi 04 juin s'est tenu le thé découverte du mois qui, malgré la météo quelque peu hasardeuse et non représentative de la saison, nous a entraînés encore une fois dans l'Autre Monde, celui des Êtres Surnaturels parmi lesquels on compte les Êtres Féeriques, et en particulier ceux liés aux célébrations du soleil. Cette séance avait en effet pour thème « Litha, le solstice d'été : sous la protection de l'Homme Vert », ce qui appelait deux principales pistes d'exploration en parallèle de celle liée au solstice d'été : la figure du Dieu au sommet de sa force, et celle de l'Homme Vert, qui n'est autre que l'une des nombreuses incarnations du Dieu.

Nous avons donc commencé par resituer le sabbat de Litha et les célébrations du solstice d'été sur la Roue de l'Année en prenant soin de rappeler les principales étapes du cycle mythologique. Ainsi, je suis revenue sur le rôle de chacune des huit fêtes et sur ce qu'elles représentent à la fois au niveau du cycle solaire (sabbats mineurs) et des dates cardinales (sabbats majeurs) de l'année. Nous avons pu constater qu'il existe des correspondances très intéressantes entre les sabbats qui se font face sur la Roue, comme par exemple Samhain et Beltane, Ostara et Mabon, ou encore Litha et Yule.

La complémentarité entre Litha et Yule a d'ailleurs été largement soulignée, car si à Yule le Roi Chêne défait le Roi Houx et fait triompher la lumière, à Litha c'est le Roi Houx qui supplante le Roi Chêne et règne à sa place dès le solstice passé et jusqu'à Yule. Le jour du solstice d'été étant le plus long de l'année, il est le seuil, le passage vers la période sombre puisque les journées raccourcissent dès qu'il est passé. En effet, de Yule à Litha, les journées rallongent puisque Yule est le jour le plus court de l'année. La période entre Yule et Litha est donc appelée période lumineuse tandis que celle allant de Litha à Yule est dite obscure ou sombre.

À Litha, le soleil – et donc le Dieu – est au plus haut de sa force et de sa puissance créatrice. Cette énergie vitale aide au passage à l'action dans la réalisation des objectifs et dans la concrétisation des projets. Elle est le moteur qui permet aux intentions de se manifester de façon visible et tangible : au maximum de sa vitalité, la nature est abondante et luxuriante, et resplendit pleinement. La nature, qui est donc au centre de l'attention lors du solstice d'été, s'épanouit sous l'œil bienveillant de l'Homme Vert, qui la protège et garantit son bon développement.

Cette figure, qui est bien entendu une incarnation du Dieu et dont le royaume est la forêt, était largement connue au Moyen Âge où l'on craignait de la rencontrer à cause de son appartenance au peuple féerique. En effet, comme les Fées, l'Homme Vert (Greenman ou Green Man en anglais) est un lien entre le monde humain et l'Autre Monde, et la forêt étant son domaine, il veille à ce que les règles qui la régissent soient respectées, et gare à qui ne s'y conformerait pas. Ainsi, il s'assure que l'ordre naturel des choses soit respecté et si les projets de l'humain qu'il rencontre s'y conforment, il prend soin de l'aider à les accomplir. On le retrouve dans la littérature médiévale sous diverses formes, en particulier dans certains poèmes tels que Sir Gawain and the Green Knight (Sire Gauvain et le Chevalier Vert) où il apparaît sous les traits du Chevalier Vert qui vient défier Arthur lors des célébrations de Yule. Il se manifeste également dans l'architecture et la décoration des églises, dont il orne les chapiteaux, les piliers et souvent même les portails.

 

Thé découverte de juin 2016

 

Les jeux examinés lors de cette séance ont prolongé et illustré ces explorations en mettant en avant l'Homme Vert et les représentations du Dieu, en particulier sous sa forme Roi Chêne. Bien sûr, la nature – et en particulier la forêt – était l'élément principal de plusieurs d'entre eux, et nous avons pu littéralement en voir différents visages puisque certains illustrateurs habiles ont joué avec les effets du feuillage et les nœuds qui se dessinent sur les troncs des arbres pour leur donner des visages caractéristiques de ce qu'ils incarnent sur le plan mythologique dans différentes cultures. Ce fut aussi l'occasion de découvrir les ogham, l'alphabet magique des Celtes qui donne la part belle aux arbres, à ne pas confondre avec les runes, qui en revanche sont bien d'origine germano-scandinave, car j'insiste sur le fait qu'il n'existe rien de tel que des « runes celtiques » !

Nous avons poursuivi notre exploration en observant quels aspects de l'Homme Vert sont mis en avant dans les jeux où il est dépeint comme un archétype parmi les autres, puis nous nous sommes tournés vers les représentations du Dieu et de la nature, ce qui nous a permis de revenir notamment sur le motif du Dieu Cornu et des bois de cerf qui ornent sa tête. Nous avons donc évoqué Cernunnos et le caractère quelque peu inquiétant et menaçant que revêt la nature pour celui qui vient de la civilisation. Enfin, l'Homme Vert s'est également révélé être le gardien du passage entre le monde humain et l'Autre Monde, celui des Fées et des Êtres Surnaturels, d'où le fait qu'il soit souvent illustré en train de protéger une porte ou en tant qu'ornement d'un puits, d'une fontaine ou d'une porte gravée dans le tronc d'un chêne.

Ce thé découverte aux airs de voyage à la rencontre de l'Autre Monde fut encore une fois un beau moment, au cours duquel nous avons pu couvrir les principaux aspects de Litha et de la figure de l'Homme Vert. Ce très bel après-midi s'est déroulé dans la bonne humeur, et l'enthousiasme des participants était présent à chaque étape de notre progression. Je les remercie tout particulièrement pour leurs questions et remarques des plus pertinentes, ainsi que pour le courage dont ils ont fait preuve en bravant les grèves et les inondations spectaculaires qui ont touché la Seine cette semaine-là.

Je me réjouis d'avance de vous retrouver dans de meilleures conditions pour les thés découverte de l'été, en espérant que ceux-ci vous plairont tout autant !

À très bientôt autour d'un thé,
Morrigann

 

SUR LA PHOTO :
Wild Wisdom of the Faery Oracle (Lucy Cavendish, Selina Fenech). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2009.

The Wicca Deck (Sally Morningstar, Danuta Mayer). London: Connections Book Publishing, 2014 [2001].

The Druidcraft Tarot (Philip & Stephanie Carr-Gomm, Will Worthington). London: Connections Book Publishing, 2004.

Ogham: the Celtic Oracle (Andy Baggott, Peter Pracownik). Neuhausen am Rheinfall, CH: AGM Urania, 2004.

The Green Man Tree Oracle: ancient wisdom from the spirit of nature (John Matthews, Will Worthington). London: Connections Book Publishing, 2008 [2003].

The Green Witch Tarot (Ann Moura, Kiri Østergaard Leonard). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2015.

Wiccan Cards: the dance of life (Nada Mesar, Chatriya Hemharnvibul). Torino: Lo Scarabeo, 2005.

Madame Endora's Fortune Cards (Christine Filipak, Joseph Vargo). Cleveland, OH: Monolith Graphics, 2003.

Chrysalis Tarot (Toney Brooks, Holly Sierra). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2014.

Yule: les jeux présentés

Thé découverte de décembre: rencontre avec les légendes et les traditions de Yule

Pour clôturer la saison 2015 des thés découverte, nous avons exploré les coutumes liées aux différentes célébrations qui prennent place autour du solstice d'hiver. Après un panorama des fêtes les plus connues dans diverses cultures, nous nous sommes concentrés sur Yule, à la fois dans les traditions germano-scandinaves et celtiques.

Voilà qui a permis dans un premier temps de se pencher sur la symbolique du solstice d'hiver en le situant sur la Roue de l'Année, puis sur les grandes figures qui constituent les sujets principaux des grandes légendes et des mythes attachés à cette fête, comme par exemple Odin, le Roi Houx, et le Roi Chêne qui succède à ce dernier. En parallèle à la légende du combat du Roi Houx et du Roi Chêne, nous avons également vu comment elle a été traitée dans la littérature moyen-anglaise, notamment à travers le poème Sir Gawain and the Green Knight (c.1400), qui présente le Roi Houx sous les traits du Chevalier Vert qui vient défier Arthur à sa cour en pleines festivités de Noël. Nous avons examiné de quelle manière la symbolique du Roi Houx et du Roi Chêne apparaît dans le texte et ce qu'elle implique au niveau des fonctionnements du monde tels qu'ils sont décrits au sein du mythe arthurien, et en particulier en termes de cohabitation des cultures païenne et chrétienne.

Yule: les livres présentés

Cette exploration des traditions, des mythes et des légendes relatifs au solstice d'hiver nous a menés à nous demander comment les jeux divinatoires les illustrent et quels aspects ils en montrent. La deuxième partie de ce thé découverte fut donc consacrée à la présentation de plusieurs tarots et oracles mettant en valeur certains aspects de Yule. Ainsi, nous avons constaté que le Roi Houx et le Roi Chêne y prennent différents visages, qu'ils soient représentés en personne ou sous leur forme végétale. Sire Gauvain et le Chevalier Vert, qui sont des figures emblématiques du mythe arthurien, apparaissent également dans plusieurs jeux, et selon les lames qu'ils incarnent, les créateurs des jeux en question mettent en avant différents aspects de ces personnages. Notre voyage en Féerie nous a aussi emmenés au pays des Fées, où nous avons vu que les saisons tenaient une place très importante au point de prendre le pas sur les noms traditionnels des suites des lames majeures, et nous avons terminé par un arrêt dans un monde fait de friandises, de bonbons et de biscuits car comme on le sait, ces derniers sont des éléments indispensables lors des célébrations liées au solstice d'hiver !

Yule: les jeux présentés

Ce fut un très beau thé découverte, plein de magie et de rêve, qui fut parfait pour clôturer l'année. Je remercie vivement les participants pour leur bonne humeur, leur curiosité et le grand intérêt qu'ils ont manifesté pour les traditions, le folklore et les légendes de Yule. Nous nous sommes beaucoup amusés au cours de cet après-midi qui avait déjà un air de fête !

Je me réjouis déjà à l'idée de vous retrouver pour les prochaines séances, mais en attendant d'avoir ce plaisir, je vous souhaite à tous et à toutes un magnifique Yule, et plus généralement de très belles fêtes de fin d'année !

À très bientôt autour d'un thé,
Morrigann

 

SUR LES PHOTOS :
Les livres (de gauche à drotie) :
Sir Gawain and the Green Knight [trans. J.R.R. Tolkien, ed. Christopher Tolkien]. London : HarperCollins Publisher, 1995 [Allen & Unwin, 1975 ; c.1400].

Dorothy Morrison. Yule : A Celebration of Light & Warmth. St Paul, MN : Llewellyn Publications, 2000.

Susan Pesznecker, Mickie Mueller (ill.). Yule : Rituals, Recipes & Lore for the Winter Solstice. Woodbury, MN : Llewellyn Publications, 2015.

Les jeux (de gauche à droite et de bas en haut) :
The Green Witch Tarot (Ann Moura, Kiri Østergaard Leonard). Woodbury, MN : Llewellyn Publications, 2015.

The Green Man Oracle Tree Oracle : Ancient wisdom from the spirit of nature (John Matthews, Will Worthington). London : Connections Book Publishing, 2003.

Ogham : the Celtic Oracle (Andy Baggot, Peter Pracownik). Neuhausen am Rheinfall : AGMüller Urania, 2004.

The Complete Arthurian Tarot (Caitlín & John Matthews, Miranda Gray). London : Connections Book Publishing, 2014 [The Arthurian Tarot (Miranda Gray), Aquarian, 1990].

The Victorian Fairy Tarot (Lunaea Weatherstone, Gary Lippincott). Woodbury, MN : Llewellyn Publications, 2013.

Faerie Tarot (Nathalie Hertz). Stamford, CT : U.S. Games Systems, Inc., 2008.

Legend : the Arthurian Tarot (Anna-Marie Ferguson). Woodbury, MN : Llewellyn Publications, 1995.

Wiccan Cards : the Dance of Life (Nada Mesar, Chatriya Hemharnvibul). Torino : Lo Scarabeo, 2005. 

Happy Tarot (Serena Ficca). Torino : Lo Scarabeo, 2015.