littérature

Avril. Dans le Cercle des Fées

Escale chez les Fées pour accueillir le printemps

À l'approche de Beltane, le thé découverte d'avril nous a entraînés sur la trace des fées. Au cours de nos explorations, nous nous sommes demandé qui elles sont, quelles sont leurs origines et leurs fonctions, d'où elles viennent et comment elles ont évolué à travers le temps, pour ensuite voir de quelle manière elles apparaissent et quels sont leurs rôles dans les jeux divinatoires.

Dans un premier temps, nous sommes remontés à l'ère préchrétienne et avons observé de quelle façon s'est faite la transition des cultures païennes vers la culture chrétienne. Ainsi, nous avons constaté que dans les sociétés préchrétiennes et en particulier celtiques, la Nature occupait une place centrale, que ce soit au niveau de la vie quotidienne ou du rapport au sacré qu'avaient ces populations. La connaissance de la Nature, de ses cycles, des animaux et des plantes était partie intégrante du mode de vie. L'existence était rythmée par les saisons et les multiples visages de la Nature, qui offrait toutes les richesses dont on avait alors besoin pour se nourrir et se soigner. Dans les multiples facettes qu'ils revêtaient, les dieux incarnaient souvent des aspects de la Nature et en étaient toujours des protecteurs.

En s'imposant, la christianisation établit un nouvel ordre dans la société et dans la manière de concevoir le Monde, et ce qui était jusque-là divinisé s'est vu diabolisé. Dès lors, l'ordre représenté par les villes et leurs institutions vint à s'opposer au chaos incarné par la Nature, la forêt et tout ce qui provenait de la sphère dite sauvage. Hiérarchie, justice et religion régnaient en ville tandis que chaos, désordre, anarchie et croyances diaboliques dominaient les espaces naturels et en particulier la forêt. Les bois devinrent alors le refuge traditionnel des brigands, des hors-la-loi et autres bandits de grand chemin, mais aussi le sanctuaire des anciennes croyances et le lieu d'aventures merveilleuses. Ainsi, les anciens dieux, toujours intrinsèquement liés à la Nature dont ils incarnaient les multiples aspects, s'y réfugièrent eux aussi et le Christianisme les ayant supplantés bien que les croyances païennes subsistaient, ils perdirent en envergure et devinrent peu à peu de ce l'on appelle des dieux diminués. Ils continuèrent à protéger la forêt et la Nature et à en faire un sanctuaire de l'Autre Monde, c'est-à-dire du plan sacré pour les Païens. Avec le temps, la culture chrétienne finit de s'imposer et ces Êtres Surnaturels ne furent plus que des réminiscences d'un monde lointain et merveilleux, tout en étant néanmoins considérés comme terribles et dangereux car païens (et donc diaboliques).

C'est ainsi qu'apparurent peu à peu les Fées telles qu'on les connaît depuis la christianisation et surtout au Moyen Âge. Ces créatures, à la fois belles et terribles, envoûtantes et craintes, n'avaient alors rien à voir avec les petits êtres pas plus hauts que le pouce que l'on connaît à l'Ère Victorienne. Les Fées médiévales sont grandes (souvent plus que les hommes) et belles, et si certains souhaitent à tout prix les rencontrer pour prouver leur valeur et leur courage, elles en sont d'autant plus craintes. En effet, elles mettent celui qui croise leur chemin face à son destin, sur lequel elles ont une influence considérable indépendamment de toute notion de bienveillance ou de malveillance au sens où l'entendent les humains. Elles incarnent les lois de la Nature et non celle des hommes, ce qui explique que le Bien et le Mal tels que les conçoivent les humains sont pour elles un non-sens : ce qui leur importe, c'est l'ordre naturel des choses, celui qui est en harmonie avec le plan sacré et, par conséquent, avec les lois du Monde et de la Nature.

Les intérêts personnels des humains les laissent indifférentes, comme en témoignent par exemple les lais bretons, qui sont des récits poétiques médiévaux dans lesquels des chevaliers partent à l'aventure et rencontrent des Fées. En pénétrant dans la forêt (souvent en traversant un cours d'eau), tous ces chevaliers passent la frontière qui les séparait jusqu'alors de l'Autre Monde, celui des Êtres Surnaturels et donc des Fées. Tous rencontrent une femme belle et envoûtante qui leur confie une quête dont ils vont chercher à s'acquitter. Lorsqu'ils reviennent dans le monde profane, ils sont irrémédiablement changés d'une manière ou d'une autre car on ne revient jamais indemne de l'Autre Monde. Les récits arthuriens – en vers ou en prose – sont eux aussi riches en rencontres féeriques, de même que les récits mythologiques qui circulaient par voie orale jusque-là et qui ont été couchés par écrit au Moyen Âge.

Ce n'est qu'à l'Ère Victorienne que les Fées prirent une autre forme... et surtout une autre stature ! Avec la popularisation des contes et des histoires pour les enfants des familles riches, ces êtres ne furent désormais pas plus hauts que le pouce, à l'image de la Fée Clochette de J.M. Barrie. Les Fées devinrent alors espiègles et facétieuses, farceuses et capricieuses, mais restèrent toujours proches de la Nature et continuèrent de véhiculer une magie d'antan.

 

Une fois ces quelques repères posés, nous avons pu avancer dans nos explorations en examinant de quelle manière ces créatures, qu'elles soient les héritières du temps mythique ou de petits êtres de contes, apparaissent dans les jeux divinatoires et comment elles y sont représentées. La variété de styles et d'univers dépeints par les supports mis en avant a permis de balayer un large panorama tout en continuant d'échanger sur les traditions et le folklore féeriques.

Avril. Dans le Cercle des Fées

 

Parmi les principaux aspects qu'ils déploient, les jeux examinés associent indiscutablement les Fées à la Nature. Ainsi, leur habitat est la forêt ou un espace gouverné par la végétation, et certaines d'entre elles apparaissent même comme des esprits protecteurs de tel ou tel arbre ou plante. Dans tous les cas, les Fées règnent sur le Destin et sont garantes de l'ordre naturel des choses, tantôt en mettant le consultant face à ce vers quoi il se dirige, tantôt en accompagnant le rythme des saisons et la répétition des cycles naturels. Bien sûr, ces éléments sont traités différemment dans les tarots et oracles présentés, mais chaque angle d'approche est intéressant, qu'il soit néo-païen (Wild Wisdom of the Faery Oracle), mythologique (Madame Endora's Fortune Cards), littéraire (The Stolen Child Tarot), folklorique (The Faeries' Oracle), ou qu'il mêle mythe, folklore, et imaginaire collectif (Twilight Realm, The Faerie Guidance Oracle, The Victorian Fairy Tarot, Tarot des Fées, Woodland Wisdom Oracle Cards).

 

Je remercie bien chaleureusement les participantes non seulement pour leur présence, mais aussi – et surtout ! – pour l'enthousiasme et la bonne humeur dont elles ont fait preuve tout au long de cette séance. Leurs contributions ont rendu ce thé découverte particulièrement vivant et agréable, et la curiosité qu'elles ont témoignée face aux traditions féeriques a largement aidé à faire connaissance avec les coutumes, les traditions et le folklore qui subsistent encore aujourd'hui dans certaines régions, le tout avec beaucoup d'humour ! Je suis enchantée d'avoir partagé ce moment avec vous ! J'espère que ce thé découverte vous a plu et qu'il vous a donné envie d'approfondir vos connaissances sur ce sujet !

Au plaisir de vous retrouver très bientôt autour d'un thé,
Morrigann

 

 

SUR LA PHOTO :
Wild Wisdom of the Faery Oracle (Lucy Cavendish, Selina Fenech). Victoria, AUS: Blue Angel Publishing, 2009.

Twillight Realm: A Tarot of Faery (Beth Wilder). Atglen, PA: Schiffer Publishing, LTD, 2010.

The Faerie Guidance Oracle (Paulina Cassidy). Woodbury, MN: Llewellyn Worldwide, 2012.

The Smith-Waite Centennial Tarot Deck (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2009.

Madame Endora's Fortune Cards (Chrstine Filipak, Joseph Vargo). Cleveland, OH: Monolith Graphics, 2003.

Woodland Wisdom Oracle Cards (Frances Munro, Peter Pracownik). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2011.

The Victorian Fairy Tarot (Lunaea Weatherstone, Gary A. Lippincott). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 2013.

Tarot des Fées (Riccardo Minetti, Pietro Alligo, Mara Aghem). Torino : Lo Scarabeo, 2002.

The Stolen Child Tarot (Monica L. Knighton). Self-published, 2013.

The Faeries' Oracle: Working with the Faeries to Find Insight, Wisdom and Joy (Jessica Macbeth, Brian Froud). New Yok, NY: Simon & Schuster, 2000.

Détectives aux Arcanes, mai 2017

Meurtres extraordinaires à Paris pour les Détectives aux Arcanes

Détectives aux Arcanes, mai 2017

 

Ce samedi 20 mai s'est tenue la deuxième réunion des Détectives aux Arcanes. Durant cette séance, nous avons travaillé avec l'Oracle Belline sur une enquête qui nous a transportés dans le Paris du XIXème siècle. Cette fois-ci, mon ami Auguste Dupin sollicitait notre aide pour résoudre une bien étrange énigme. La lettre qu'il m'avait envoyée pour m'expliquer ce qu'il attendait de nous et les éléments qu'il y révélait étaient pour le moins troublants.

 

De bien étranges meurtres...
Les faits relatés dans la lettre établissaient que vers 3h du matin, les habitants de la rue Morgue avaient entendu des cris à glacer le sang qui provenaient du quatrième étage de la maison où vivaient Mme L'Espanaye et sa fille Camille. Lorsqu'une petite troupe d'une dizaine de voisins accompagnée de deux gendarmes força la porte de la maison et y pénétra pour voir ce qui s'y passait, les membres se dirigèrent vers les escaliers pour gravir les étages. Lorsqu'ils atteignirent le palier du premier, les cris avaient cessé et ils entendirent deux voix distinctes, dont celle d'un Français. L'autre voix n'a pu être identifiée car aucun des témoins ne put déterminer de quelle langue il s'agissait. Chacun avait bien sûr son idée sur la question mais les témoignages ne se recoupant pas sur cet aspect, il fut impossible d'être catégorique à ce sujet.

Lorsque la compagnie arriva au quatrième étage, elle trouva porte close et les voix s'étaient tues. La porte dut donc être elle aussi forcée afin qu'ils puissent pénétrer dans les appartements des deux femmes, où l'horreur et le chaos les attendaient. Un incroyable désordre régnait dans la grande pièce : les meubles, qui avaient été jetés à travers elle, étaient brisés ; les objets de valeur étaient toujours là et jonchaient le sol, tandis qu'une grande quantité de suie se trouvait dans la cheminée sur laquelle étaient posées trois épaisses tresses de cheveux humains, qui avaient été arrachées avec les racines.

Attirés par la quantité inhabituelle de suie qu'ils observèrent dans la cheminée, les témoins regardèrent dans le conduit et y découvrirent avec effroi le corps de Mlle L'Espanaye, qui avait été encastré là, tête en bas. Lorsqu'on parvint à le désencastrer, on s'aperçut que Camille avait été étranglée à mort et qu'elle était écorchée, sans doute en raison de la force qu'il avait fallu à l'assassin pour la faire entrer dans le conduit qui était très étroit. Le corps de Mme L'Espanaye fut quant à lui retrouvé dans la cour donnant sur l'arrière de la maison. La vieille femme avait été égorgée avec une telle vigueur que lorsqu'on voulut déplacer le corps, la tête s'en détacha. Comme le corps de la fille, celui de la mère était contusionné de telle manière qu'il n'y avait aucun doute quant à la violence des coups qu'elle avait reçus.

Enfin, bien qu'aucune charge solide ne puisse être retenue contre lui, un homme fut même accusé et emprisonné, à tort selon Dupin.

 

... et de maigres indices !
Non seulement les corps avaient subi un traitement inédit qui glaçait le sang, mais l'absence d'indices sur la scène de crime dérouta elle aussi les témoins et la police. En effet, comme la porte, les deux fenêtres étaient fermées de l'intérieur et ne pouvaient être ouvertes. La cheminée, quant à elle, ne permettait pas même le passage d'un gros chat.

Malgré le chaos ambiant, rien ne semblait avoir été dérobé : les 4 000 francs retirés à la banque quelques jours plus tôt étaient toujours là, de même que les bijoux, l'argenterie et des toilettes de bonne facture. Le vol n'était donc manifestement pas le mobile ayant motivé les assassins à commettre leur méfait.

Un rasoir ensanglanté fut également retrouvé sur une chaise dans la pièce principale. Il avait certainement servi à égorger Mme L'Espanaye.

Pour couronner le tout, si les témoignages recueillis s'accordaient à dire que la première voix était celle d'un Français, nul n'était parvenu à identifier la langue parlée par la seconde : un témoin affirma que c'était celle d'un Italien, mais un autre, italien cette-fois, infirma ces propos, et il en fut de même pour la plupart des langues européennes, ce qui laissa les enquêteurs perplexes.
 

L'enquête
Auguste Dupin, qui s'intéressa à l'affaire en raison du caractère extraordinaire qu'elle présentait, put se rendre sur les lieux grâce au Préfet de Paris qui l'y autorisa. Il observa les appartements de Mme et Mlle L'Espanaye en détail, examina les corps, les fenêtres et le conduit de cheminée, ce qui lui permit de nourrir ses réflexions et d'établir une théorie. Souhaitant en avoir confirmation avant de tout révéler au grand jour, il sollicitait les Détectives aux Arcanes afin que nous l'aidions à résoudre cet épais mystère.

Qui avait tué Mme et Mlle L'Espanaye ? Comment les personnes entendues sur les lieux du crime étaient-elles sorties de la pièce ? Qui était l'assassin ? Quel était son profil ? Quel était le mobile ayant mené à ces meurtres atroces ? Telles étaient les questions auxquelles nous allions tenter de répondre à l'aide de notre Oracle Belline.

Une fois les faits exposés et quelques pistes énoncées, nous avons choisi celles que nous voulions suivre et avons réfléchi aux tirages adéquats. Une fois ceux-ci configurés, nous avons pu les effectuer, les interpréter et comparer les éléments qu'ils ont mis en relief.

Chaque détective ayant effectué un premier tirage selon la piste qu'il avait choisie, nous avons pris soin d'examiner les avancées de chacun, puis avons recommencé ce processus jusqu'à ce que chaque détective ait un total de trois tirages. Durant cette phase d'investigation, nous avons pu déterminer le profil de l'assassin, la relation entre les deux voix, le mobile du crime, mais aussi comment les deux individus étaient sortis de la pièce apparemment close.

Au fil des tirages, des concordances nettes sont apparues parmi les informations recueillies par les Détectives. Par exemple, certaines cartes sont apparues chez différents enquêteurs, de même que certaines notions. Ainsi, nous sommes arrivés à la conclusion que l'assassin obéissait davantage à ses instincts qu'à un quelconque raisonnement et qu'il était dominé par une autre personne, et aussi que l'environnement dans lequel il se trouvait conditionnait son comportement. Nous avons aussi pu remettre en question l'idée de la chambre close puisque nous avons établi que malgré les apparences, toutes les issues n'étaient pas verrouillées. La notion d'élévation présente dans ces tirages nous a aidés à comprendre que les deux individus avaient dû grimper pour entrer et sortir, ce qui nous a mis sur la piste des fenêtres. En ce qui concerne le mobile, nous avons pu éliminer l'idée du vol et établir qu'il s'agissait de meurtres de circonstance.

Peu à peu, les éléments se sont emboîtés pour confirmer certaines hypothèses de départ, comme notamment celle selon laquelle le meurtrier n'était pas humain mais plutôt animal, et qu'il était passé par l'une des fenêtres. Nous avons aussi compris qu'il s'était échappé de sa captivité et avait surpris Mme et Mlle L'Espanaye et que, lorsqu'elles le découvrirent avec stupeur, il était devenu féroce et, se sentant menacé, avait commis les horribles meurtres dont Dupin nous avait informés.

Bien sûr, certaines pistes suivies par les Détectives se sont avérées être des leurres et les ont induits en erreur. Toutefois, avec les nombreux éléments recueillis au cours de notre enquête, nous avons été en mesure de reconstituer les faits dans les grandes lignes et d'envoyer à Dupin nos conclusions.

 

Retour en 2017
Lorsque vint le moment de lever le voile sur cette étrange affaire, nos conclusions ont été confirmées et précisées. En effet, nous avons découvert grâce au retour de Dupin que la pièce dans laquelle les meurtres avaient eu lieu n'était pas aussi close qu'elle en avait l'air puisque par un effet de trompe l'œil, l'une des fenêtres était en réalité ouverte, mais se coinçait toute seule lorsqu'on la fermait.

La première voix était effectivement celle d'un Français, tandis que la seconde appartenait bien à un animal, un orang-outang ramené de voyage par un marin auquel il avait échappé. Attiré par la lumière des appartements de Mme et Mlle L'Espanaye, le primate s'était introduit chez elles à leur insu en grimpant sur le paratonnerre et en entrant par la fenêtre non verrouillée. Lorsqu'elles le virent, Mlle L'Espanaye s'évanouit et sa mère se mit à crier, ce qui réveilla les instincts de défense du singe. Peu après lui, le marin français était arrivé dans la pièce par le même chemin et avait trouvé l'animal, rasoir à la main (celui avec lequel il s'était enfui), en train de faire mine de raser Mme L'Espanaye qu'il immobilisait. Sous les yeux horrifiés de l'homme, il lui trancha ensuite la gorge.

Devant ce spectacle alarmant, le marin avait réprimandé l'orang-outang qui, conscient d'avoir fait quelque chose qu'il n'aurait pas dû, s'était empressé de cacher ses méfaits. Il avait donc dissimulé le corps de Mlle L'Espanaye dans la cheminée et jeté celui de Mme L'Espanaye par la fenêtre. Elle avait atterri dans la cour et les contusions observées sur sa dépouille avaient été causées par les pavés sur lesquels elle s'était écrasée avec force.

Voilà qui confirmait bien ce à quoi nous étions arrivés grâce à nos tirages : l'identité et la nature de l'assassin, le meurtre de circonstance en raison des instincts du primate, l'issue par laquelle l'orang-outang et le marin étaient entrés et sortis, le mobile des meurtres, tout y était ! L'épilogue nous rassura également, car nous apprîmes que grâce à notre aide et aux déductions de Dupin, la vérité fut établie, l'orang-outang capturé, et l'innocent libéré de prison. Du beau boulot pour les Détectives aux Arcanes !

 

Les leçons à retenir
Même si les événements ont pu être reconstitués dans les grandes lignes à travers nos tirages, cette enquête a révélé son lot de difficultés, et les Détectives ont beaucoup appris. Si travailler sur des événements qui lui sont inconnus est habituel pour le cartomancien, les Détectives en revanche ont parfois eu du mal à comprendre leurs tirages, car il faut bien avouer qu'il existe toujours un décalage entre ce que l'on extrait des cartes et les événements qui surviennent. Ceci est tout à fait normal, car les cartes donnent des directions et mettent en relief des grands types d'événements, sans toutefois en révéler tous les détails. C'est l'une des leçons apprises – et expérimentées – par les Détectives au cours de cette séance.

L'autre grande leçon est qu'en cartomancie, la méthode est importante, et ce quel que soit le support. C'est ce sur quoi insistent les différentes fiches de travail présentes dans le salon d'entraînement, en détaillant point par point la démarche à effectuer pour obtenir des tirages pertinents et compréhensibles. Pourtant, l'être humain ayant toujours tendance à vouloir aller trop vite, certains Détectives n'ont pas pris le temps de suivre cette méthode de travail point par point... et se sont retrouvés face à des tirages qu'ils ne comprenaient pas ! C'est ainsi qu'ils ont compris que la démarche exposée dans le salon d'entraînement est bel et bien indispensable car elle permet de cadrer les tirages et les interprétations que l'on en fait.

Ainsi, lorsqu'on effectue des tirages visant à obtenir des informations au moyen de questions précises comme c'était le cas ici, il est indispensable de respecter les points suivants. Tout d'abord, on formule la question en évitant les questions fermées. Ensuite, on choisit le mode de tirage approprié selon le type d'informations qu'il sera pertinent d'obtenir. Cela fait, on définit à quoi correspondront les différentes positions des cartes dans le tirage, sans quoi on ne pourra pas interpréter les cartes ! Il est hors de question de tirer des cartes « en l'air », au petit bonheur la chance et de se dire qu'après tout, il ressortira bien quelque chose du tirage ! L'analyse ne peut se faire sans que l'interprète ait posé des cadres au préalable.

De la même manière, il est indispensable de tenir compte du contexte. Les Détectives qui en ont fait abstraction ont été bien ennuyés pour rattacher les éléments obtenus dans leurs tirages aux événements dont Dupin nous avait fait part.

Pour résumer : interpréter un tirage, c'est trouver les points de convergence entre le contexte, la question, et les positions attribuées aux cartes lorsqu'on fixe les conventions du tirage. C'est ce qui permet de ne pas faire dire tout et n'importe quoi aux cartes et d'obtenir des informations intéressantes et pertinentes par rapport à la situation que l'on examine. En cartomancie, il est donc indispensable de procéder avec ordre et méthode... comme le détective qui mène son enquête ! D'après leurs expériences, m'est avis que les Détectives aux Arcanes présents samedi ont désormais bien assimilé ce point !

 

Un hommage à l'inventeur de la littérature policière...
Si comme moi vous êtes amateurs de littérature policière et/ou américaine, il ne vous aura pas échappé que l'énigme sur laquelle nous avons enquêté samedi est celle relatée par Edgar Allan Poe dans sa célèbre nouvelle The Murders in the Rue Morgue (Double assassinat dans la rue Morgue) publiée en 1841, et qu'Auguste Dupin est le détective créé par cet écrivain à l'imagination pour le moins fertile. Si vous souhaitez connaître tous les détails de cette fascinante histoire, je ne peux que vous encourager à la lire, que ce soit en anglais ou en français. Vous ne serez pas déçus de votre voyage dans le Paris du XIXème siècle !

Bien sûr, je n'ai pas choisi cette enquête au hasard. Non seulement Edgar Allan Poe est l'un de mes auteurs préférés, mais j'ai voulu pour cette deuxième réunion rendre hommage à l'inventeur de la littérature policière. En effet, saviez-vous que The Murders in the Rue Morgue est la première fiction policière ? Edgar Poe est le premier auteur à avoir publié une œuvre policière avec cette nouvelle, et tous les ingrédients désormais incontournables du genre s'y trouvent : le détective au caractère affirmé pour qui ordre, logique, méthode et analyse sont des guides infaillibles, les mystères en apparence insolubles, les témoins confus et incohérents, les policiers dépassés par les événements exceptionnels auxquels ils doivent faire face, les indices quasi inexistants, tout y est ! Ceux d'entre vous qui souhaiteraient aller plus loin dans la découverte de la littérature policière selon Edgar Poe peuvent se plonger dans les différents recueils de nouvelles disponibles en librairie et lire The Mystery of Marie Rogêt (Le Mystère de Marie Rogêt) et The Purloined Letter (La Lettre Volée), qui sont ses deux autres nouvelles policières.

 

... et au Mage Edmond !
Un autre hommage, non prémédité cette fois, s'est glissé en filigrane dans cette enquête. En effet, lorsque j'ai programmé les réunions des Détectives aux Arcanes, je n'ai pas fixé les dates avec une intention spécifique en tête. Pourtant, cette deuxième réunion s'est déroulée le 20 mai, qui est un jour particulier dans l'histoire de l'Oracle Belline puisque son créateur Jules Charles Ernest Billaudot (dit le Mage Edmond) est décédé... le 20 mai 1881 ! Si j'avais voulu le faire exprès, je n'aurais pas trouvé mieux ! C'est donc après coup, en préparant cet article, que je me suis rendu compte de cette coïncidence.

 

Cette deuxième réunion fut des plus passionnantes. Je remercie très chaleureusement les Détectives qui ont mené l'enquête, pour leur présence bien sûr, mais aussi pour leur participation active, leur implication dans l'enquête et leur bonne humeur, qui ont largement contribué à faire de cet après-midi un moment agréable, ludique et studieux. C'est avec une grande application qu'elles ont tout fait pour percer cet épais mystère, et leurs efforts ont porté leurs fruits puisqu'elles ont réussi à mettre en évidence les éléments qui ont permis de reconstituer les faits. J'espère qu'elles se sont autant amusées que moi et que les explorations que nous avons menées les ont aidées à mieux appréhender l'Oracle Belline et qu'elles leur permettront de progresser encore et toujours dans le maniement de ce très beau support.

Cette réunion à peine achevée, j'ai déjà hâte d'être à la prochaine, qui se tiendra le 05 août. Nous enquêterons à l'aide du Rider-Waite Smith Tarot. La première séance nous a permis de rendre hommage à la reine du crime tandis que la deuxième a mis à l'honneur l'inventeur de la littérature policière. La troisième s'inscrira dans cette continuité en abordant une affaire tout aussi surprenante, mais pour en savoir davantage, il faudra attendre août !

Envie de participer à la prochaine réunion et de rejoindre les Détectives aux Arcanes ? Pour vous inscrire, contactez-moi dès maintenant ! Si vous ne connaissez pas encore les Détectives aux Arcanes, je vous invite à découvrir toutes les informations les concernant sans tarder ! Je me réjouis d'avance de mener l'enquête en votre compagnie et de résoudre ainsi d'autres mystères !

À bientôt,
Morrigann Moonshadow

 

 

SUR LA PHOTO :
Au centre :

Le dossier d'investigation de la réunion du 20 mai 2017, intitulé «
 Meurtres extraordinaires à Paris », composé par mes soins à partir de la nouvelle d'Edgar Allan Poe The Murders in the Rue Morgue.

Le tirage que j'ai effectué au cours de l'enquête pour avoir une idée du portrait du meurtrier.

Le livre :
The Fall of the House of Usher and Other Writings (Edgar Allan Poe, ed. David Galloway). London: Penguin Classics (Penguin Books), 1986 [Selected Writings of Edgar Allan Poe,1967].

Le jeu :
Oracle Belline (Jules Charles Ernest Billaudot dit Mage Edmond, Marcel Belline). Paris : Grimaud, 1961.

Mars 2017, Les Mythologies Celtiques

Les mythologies celtiques à l'honneur pour le thé découverte de mars!

Au lendemain de la Saint Patrick, nos explorations mensuelles nous ont transportés en terres celtes. De l'Irlande à la Bretagne en passant par le Pays de Galles, nous avons ainsi abordé le vaste thème des mythologies celtiques tout en examinant de quelles manières celles-ci sont illustrées dans les supports divinatoires.

Dans un premier temps, j'ai présenté les différentes traditions mythologiques à travers les grands récits qui nous sont parvenus. Parmi ces sources, le Lebor Gabála Érenn raconte la pseudo-préhistoire de l'Irlande à travers les cinq conquêtes mythiques que l'Île Verte a connues. Acallam na Sénorach est un récit qui confronte l'ancien monde (païen) et le nouveau monde (chrétien) en faisant état de dialogues entre des figures appartenant à chacun. Ainsi, Oisín et Caílte mac Rónáin, incarnent les anciennes traditions et viennent par conséquent de l'Autre Monde tel que l'envisageaient les Irlandais. Ils racontent à Saint Patrick nouvellement arrivé en Irlande les exploits des Fianna (dont ils font partie), que ce dernier n'a pu connaître de son vivant puisqu'ils ont eu lieu à une époque révolue, celle du héros Finn mac Cumaill et de ses guerriers légendaires.

Côté gallois, les Mabinogion ont retenu notre attention. Cet ensemble de textes présente en quatre branches – auxquelles viennent s'ajouter des fragments complémentaires issus du légendaire gallois – une série de contes héroïques dont certains mettent en scène le roi Arthur et ses compagnons de quête. On y trouve notamment l'une des premières mentions d'Excalibur, alors appelée Caledfwlch.

La Bretagne, qui comprend à la fois l'Armorique et le territoire s'étendant outre-Manche, nous a permis de nous intéresser au mythe arthurien et à ses multiples formes. Nous sommes alors interrogés sur les raisons qui ont poussé certains auteurs à écrire sur celui que l'on appelle communément the once and future king (i.e. « le roi qui fut et qui sera à nouveau ») et avons observé en quoi les nombreuses versions de la légende montrent le monde arthurien sous des angles différents, tantôt païens, tantôt chrétiens, et le plus souvent mêlant ces deux visions du Monde, témoignant ainsi de la cohabitation entre les deux et du glissement progressif de l'une vers l'autre.

Cette brève introduction aux mondes celtes nous a également permis de poser des repères quant à la façon dont les Celtes voyaient le Monde. Nous avons évoqué en quoi la culture orale rend la tâche du chercheur complexe en raison du peu de sources qui ont été écrites par les clercs (et souvent réarrangées par leurs soins). En effet, nombreux sont les épisodes mythiques qui n'ont pu traverser les siècles et ont disparu avec ceux qui les portaient en eux sans pouvoir les écrire. C'est pourquoi certains aspects liés à différentes étapes des mythes manquent et demeureront mystérieux... à moins bien sûr que l'on ne retrouve des manuscrits qui nous sont encore inconnus !

 

Mars 2017, Les Mythologies Celtiques

 

Une fois les principales caractéristiques des mythologies celtiques établies et les principaux repères posés, nous avons pu explorer de quelle façon ils sont exploités dans les jeux divinatoires. Nous nous sommes d'abord interrogés sur la présence de symboles renvoyant à ces cultures dans les supports classiques, puis nous avons examiné des tarots et des oracles ayant pour thème principal les mythologies celtiques. Voilà qui a mis en avant de très beaux jeux qui nous ont transportés dans ces mondes légendaires à la manière de fenêtres ouvertes sur des dimensions oniriques. De la Gaule à l'Irlande en passant par le Pays de Galles et le mythe arthurien, un large éventail de thématiques a été abordé grâce à des supports dont certains ont provoqué de véritables coups de foudre parmi les participants.

Enfin, nous avons terminé avec des jeux qui, s'ils ne mettent pas les mythologies celtiques en leur centre, les mentionnent à travers certaines des figures choisies par leurs créateurs pour incarner les archétypes du tarot ou les notions véhiculées par l'oracle. Là encore, de belles surprises attendaient les participants !

 

Ce thé découverte fut un très beau moment et j'ai été ravie d'avoir accueilli à la fois des habitués et des nouveaux venus. Je suis très heureuse d'avoir pu partager ma passion pour les cultures, mythologies et littératures celtiques avec des participants curieux et intéressés dont les questions et les remarques sont venues enrichir les discussions passionnantes qui se sont tenues durant ces quelques heures. Je remercie vivement les personnes présentes, à la fois pour leur enthousiasme et leur bonne humeur, mais aussi pour leurs interventions pertinentes qui n'ont rendu cette rencontre que plus vivante. J'espère que vous avez eu autant de plaisir à participer à cette séance que j'en ai eu à la préparer !

J'espère avoir très prochainement l'occasion de prolonger nos explorations en votre compagnie ! Le thé découverte d'avril sur la Nuit de Walpurgis promet lui aussi de belles surprises que j'ai hâte de partager avec vous !

À très bientôt autour d'un thé,
Morrigann

 

 

SUR LA PHOTO :
Les Tarots Celtiques (Laura Tuan, M. Ameli). Paris : Éditions De Vecchi, 1998.

Le Tarot des Druides (Giordano Berti, Bepi Vigna ; Antonio Lupatelli, Severino Baraldi). Torino : Lo Scarabeo, 2004.

Chrysalis Tarot (Toney Brooks, Holly Sierra). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2014.

Fantastical Creatures Tarot (D.J. Conway, Lisa Hunt). Stamford, CT: U.S. Games Systems, 2007.

Madame Endora's Fortune Cards (Christine Filipak, Joseph Vargo). Cleveland, OH: Monolith Graphics, 2003.

The Rider Tarot Deck (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2007 [Rider: 1911 ; U.S. Games Systems, Inc., 1971, 2005].

The Llewellyn Tarot (Anna-Marie Ferguson). Woodbury, MN: Llewellyn Worldwide, 2006.

Legend: the Arthurian Tarot (Anna-Marie Ferguson). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 1995.

The Camelot Oracle: A quest for wisdom through the Arthurian world (John Matthews, Will Worthington). London: Connections Book Publishing, 2012.

The Complete Arthurian Tarot (Caitlín and John Matthews, Miranda Gray). London: Connections Book Publishing, 2014 [Miranda Gray, The Arthurian Tarot, Aquarian, 1990].

Janvier 2017, Les Dragons

Pour commencer l'année, un thé découverte en compagnie des dragons

C'est après une semaine bien occupée que je peux enfin m'installer devant mon écran pour revenir sur le premier thé découverte de l'année, qui s'est tenu le samedi 21 janvier. J'ai été très heureuse d'ouvrir la saison 2017 avec le thème des dragons, car j'ai une affection toute particulière pour ces créatures merveilleuses.

Dans un premier temps, nous nous sommes penchées sur la figure du dragon et avons exploré de quelle manière elle était perçue dans différentes cultures et à travers les époques. Ainsi, nous avons constaté des similitudes entre certaines cultures qui pourtant n'ont pas de point d'attache commun, ce qui nous a permis de dresser un portrait fouillé de cet animal souvent méconnu. Que ce soit dans les mythes médiévaux, les mythologies (en particulier germano-scandinaves), par sa présence dans des chroniques historiques, dans des récits littéraires ou dans la culture populaire, le dragon fascine et étonne, se révélant comme un sage, c'est-à-dire un être ayant accès à la Connaissance. On le retrouve alors dans des épisodes prophétiques, mais aussi en tant que détenteur des clefs qui pousseront le héros à se dépasser dans sa quête initiatique. Il est également un protecteur sans pareil qui peut si sa quête est juste guider le héros et l'aider à dépasser les obstacles qui se présentent à lui.

Janvier 2017, Les Dragons

Après avoir fait connaissance avec les dragons, nous nous sommes intéressées à la manière dont ils sont présentés dans les jeux divinatoires à travers un échantillon varié, en commençant par un support classique (le Rider-Waite Smith Tarot) pour ensuite progresser vers des jeux où ils apparaissent de façon ponctuelle, puis d'autres jeux encore dont ils sont le motif principal. Plusieurs univers se sont révélés à nous puisque cette exploration nous a transportées tour à tour en contrées celtes, chez les Germano-Scandinaves, dans l'Angleterre médiévale, en Asie, en Afrique, mais aussi en Amérique. Nous avons ainsi pu faire un tour d'horizon complet qui a ouvert de nombreuses perspectives !

 

J'ai été ravie de partager ce thé découverte avec l'unique participante à cette séance. Je la remercie vivement pour sa présence, la curiosité et la bonne humeur dont elle a fait preuve, mais aussi pour les questions qu'elle a posées, car tout ceci a contribué à faire de cette séance un moment très enrichissant à tous les niveaux !

J'ai déjà hâte de vous retrouver pour le prochain thé découverte, qui aura pour thème « Sagesses d'aileurs » et qui se tiendra le samedi 25 février prochain. Je vous y réserve de jolies surprises qui je l'espère vous plairont !

En espérant avoir très bientôt le plaisir de vous retrouver autour d'un thé,
Morrigann

 

 

SUR LA PHOTO :
Dragon Tarot (Terry Donaldson, Peter Pracownik). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 1996.

Imperial Dragon Oracle (Andy Baggott, Peter Pracownik). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2007.

The Celtic Dragon Tarot (D.J. Conway, Lisa Hunt). Woodbury, MN: Llewellyn Publications, 1999.

The Smith-Waite Centennial Tarot Deck – Pamela Colman Smith Commemorative Set (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2009.

Madame Endora's Fortune Cards (Joseph Vargo, Christine Filipak). Cleveland, OH: Monolith Graphics, 2003.

Fantastical Creatures Tarot (D.J. Conway, Lisa Hunt). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2007.

Tarot des Dragons (Manfredi Toraldo, Severino Baraldi). Torino: Lo Scarabeo, 2004.

La magie des contes de fées

Magie et féerie pour le dernier thé découverte de l'année

Pour le dernier thé découverte de 2016, nous nous sommes réunis autour d'un thème de saison puisqu'en ce premier samedi de décembre nous avons exploré la magie des contes de fées. Nous nous sommes donc retrouvés confortablement installés autour d'une boisson chaude pour voyager à travers le temps et l'espace et nous plonger ainsi dans les différentes traditions féeriques et folkloriques.

Nous avons commencé par nous interroger sur ce que sont les contes de fées, leurs origines et leurs fonctions dans les contrées où ils sont présents. Ainsi, j'ai rappelé l'importance de la tradition orale dans la propagation de ces récits qui au départ n'étaient en rien destinés à un public enfantin mais qui au contraire servaient en grande partie à enseigner la morale et à instaurer des règles de sécurité qui encadraient la vie des populations rurales. Ces histoires dont certaines prêtent aujourd'hui à sourire se transmettaient oralement de famille en famille et de village en village, si bien que l'on en trouve de multiples versions en des lieux très différents. Par ce même procédé, certains motifs sont devenus communs à plusieurs histoires qui les ont réexploités et adaptés en fonction des croyances locales.

Cette importance de la tradition orale nous a permis de poser une question capitale : si ces récits circulaient oralement parmi les populations la plupart du temps rurales au sein desquelles nul ne savait lire (à part bien sûr les représentants du culte), comment sont-ils  parvenus jusqu'à nous sous les formes qu'on leur connaît aujourd'hui ? Nous devons la connaissance et la conservation de ces histoires populaires à des folkloristes qui se sont livrés à un travail titanesque en parcourant les campagnes dans le but de recenser et de coucher par écrit ces récits que l'on regroupe aujourd'hui sous l'expression générique « contes de fées ». C'est par exemple ce qu'ont fait les frères Wilhelm et Jacob Grimm. Lors de leur expédition à travers l'Allemagne, ils ont demandé à la population de leur raconter les histoires locales qu'ils ont soigneusement consignées dans leurs carnets pour les rassembler ensuite dans une compilation qu'ils ont appelée Contes de l'enfance et du foyer (Kinder- und Hausmärchen).

En parallèle aux contes anonymes issus du folklore et des peurs locales héritées des temps anciens et des religions pré-chrétiennes, nous avons aussi évoqué ceux dont les auteurs sont identifiés tels que ceux écrits par Perrault, Andersen, Madame d'Aulnoy, Madame Leprince de Beaumont ou encore Oscar Wilde pour ne citer que ceux-là. Voilà qui nous a permis de voir de quelle façon la littérature s'est inspirée du modèle établi par les contes de fées traditionnels et populaires pour créer les siens, qui pour la plupart se confondent désormais avec avec ceux compilés à partir des cultures orales.

 

La magie des contes de fées

Nous avons ensuite poursuivi nos explorations en examinant plusieurs jeux divinatoires qui, directement ou indirectement, exploitent les motifs propres aux contes de fées. Nous avons ainsi vu de quelles manières ces jeux intègrent des personnages, des scènes, des objets ou des symboles issus de différents contes afin de réécrire les systèmes divinatoires de façon à ce que ces deux univers se rencontrent et se servent mutuellement. Ainsi, selon les correspondances établies par les créateurs de jeux entre une lame donnée et un personnage de conte, on choisit de faire ressortir un aspect de la lame plutôt qu'un autre et d'apporter une nuance ou un d'adopter un angle d'approche différent de ce que l'on a l'habitude de voir. Selon les jeux, ces correspondances sont différentes, ce qui aide grandement l'amateur de tarots et d'oracles à enrichir ses connaissances quant aux multiples significations des cartes qu'il manipule.

Les jeux qui ont été présentés durant cette séance sont aussi bien des tarots que des oracles, dont certains ont pour thème principal les contes de fées tandis que d'autres ne font qu'en intégrer des éléments de manière ponctuelle. Les jeux que nous avons examinés ont permis de mettre en relief la grande diversité des contes de fées puisque certains supports, loin de se contenter de se référer uniquement aux récits occidentaux, intègrent également des éléments issus de contes du monde entier, donnant ainsi une dimension encore plus profonde au processus de création. Ce type de support devient alors une véritable mine d'or pour l'amateur de contes de fées et de folklore, qui y trouve alors de nombreuses pistes pour enrichir encore et toujours son éventail de connaissances.

 

Encore une fois, ce thé découverte fut un très bon moment que j'ai eu beaucoup de plaisir à partager avec des personnes qui ont une affection toute particulière pour les cartes et les contes de fées. Dernier rendez-vous autour d'un thé de l'année, cette séance s'est déroulée dans une atmosphère empreinte de la magie de la saison en plus d'être sous l'influence de celle des contes de fées. Je remercie très chaleureusement les personnes qui ont bravé le froid pour venir passer cet après-midi en bonne compagnie. Leur enthousiasme, leurs questions et remarques pertinentes, leurs contributions et leur passion pour les cartes et les contes de fées en ont fait un moment magique, et j'ai été ravie de les accueillir pour clôturer ensemble cette saison de thés découverte.

Celle-ci à peine terminée, je me réjouis déjà de commencer celle de 2017 en votre compagnie pour de nouvelles explorations, dont certaines autour de thèmes parfois surprenants. Pour être des nôtres lors de ces prochaines rencontres, vous pouvez consulter le programme de 2017 et vous inscrire aux séances qui vous intéressent.

En attendant d'avoir le plaisir de vous retrouver très bientôt autour d'un thé, je vous souhaite un merveilleux mois de décembre,
Morrigann

 

 

SUR LA PHOTO (de gauche à droite et de haut en bas) :
The Whimsical Tarot (Dorothy Morrison, Mary Hanson-Roberts). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2000.

The Fairy Tale Oracle: An Enchanted Oracle of Initiation, Mystery & Destiny (Lucy Cavendish, Jasmine Becket-Griffith). Victoria, AUS: Blue Angel, 2016.

Le Tarot des Princesses (Floreana Nativo, Severino Baraldi). Torino: Lo Scarabeo, 2009.

The Fairy Tale Tarot (Lisa Hunt). Woodbury, MN: Llewellyn Worldwide, 2009.

Fairy Tale Lenormand (Arwen Lynch Poe, Lisa Hunt). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2016.

The Smith-Waite Tarot Deck Centennial Edition (Arthur Edward Waite, Pamela Colman Smith). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2009.

Twilight Realm: A Tarot of Faery (Beth Wilder). Atglen, PA: Schiffer Publishing, 2010.

Vanessa Tarot (Lynyrd Narciso). Stamford, CT: U.S. Games Systems, Inc., 2006.